Le Vieux-Port de La Rochelle : ses trois tours, ses bassins et ses bateaux
Au Vieux-Port de La Rochelle, trois tours médiévales tiennent le front de mer : la tour Saint-Nicolas et la tour de la Chaîne, entre lesquelles une grosse chaîne fermait l’entrée du port au XIVe siècle, et la tour de la Lanterne, ancien phare. La tour Saint-Nicolas est fermée pour des travaux de consolidation, mais la Chaîne et la Lanterne se visitent. Autour des bassins, la porte de la Grosse-Horloge ouvre sur la vieille ville, et des bateaux partent vers les Minimes et vers les îles.
En bref
- Tour Saint-Nicolas : achevée en 1376, 42 mètres ; fermée pendant toute la durée de ses travaux, selon le Centre des monuments nationaux.
- Tour de la Chaîne : bâtie entre 1382 et 1390, 20 mètres aujourd’hui ; ouverte à la visite.
- Tour de la Lanterne : élevée de 1445 à 1468, 58 mètres, classée monument historique par arrêté du 17 février 1879 ; ouverte à la visite.
- Grosse-Horloge : porte de ville du début du XIVe siècle, classée monument historique le 13 décembre 1978.
- Bateaux : passeur vers la Médiathèque, bus de mer vers les Minimes et, en saison, traversées vers l’île de Ré, l’île d’Aix et Oléron.

Que voir au Vieux-Port de La Rochelle ?
D’abord les tours, qui gardent l’entrée du port, puis les bassins : un bassin d’échouage, le bassin des Chalutiers, creusé en 1862 et fermé par une écluse, et le bassin à flot, commencé en 1778 et mis en service en 1808. L’office de tourisme situe le Musée maritime sur le bassin des Chalutiers et signale, sur le quai Valin, le phare blanc à lanterne verte qui sert de repère pour entrer au port. À marée haute, quand les ponts s’ouvrent, les bateaux arrivent en file indienne.
Fabrice Courtadon a photographié le Vieux-Port par un jour de grand bleu. À gauche se dresse la tour Saint-Nicolas, drapeau au sommet ; au centre, la tour de la Chaîne, ronde et massive ; devant les façades, les mâts des voiliers se serrent, et sur la droite pointe une flèche de pierre. C’est la seule photographie du Vieux-Port dans notre catalogue, rangée dans la collection Autour de l’eau.
Le port n’accueille plus la pêche : la flottille l’a quitté en 1994 pour le port de Chef de Baie, voisin du grand port maritime de La Pallice. Ce dernier, port en eaux profondes, n’est plus accessible au public pour des raisons de sécurité, mais une balade sur le front de mer relie le Vieux-Port à Chef de Baie.

Cette scène portuaire a été photographiée sur un port de commerce de Charente-Maritime que sa fiche ne nomme pas : une grue bleue, un navire à quai et des piles de bois sous un ciel filé.
Quelle est l’histoire des trois tours du Vieux-Port ?
La tour Saint-Nicolas, la tour qui penche
D’après les recherches archéologiques récentes que cite le Centre des monuments nationaux, sa construction commence vers 1340 et s’achève en 1376. Elle prend au XVe siècle le nom de saint Nicolas, patron des marins. Bâtie sur des pieux et un sol instable, elle a basculé pendant le chantier : elle penche toujours. Haute de 42 mètres, elle compte cinq niveaux et environ 150 marches. Pendant la Fronde, en 1651, les troupes royales détruisent son troisième étage ; elle retrouve un toit en 1670. Elle sert ensuite de prison, pour des protestants autour de la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, puis pour des Vendéens de 1793 à 1795.
La tour de la Chaîne, la tour qui a perdu son toit
Bâtie entre 1382 et 1390, elle mesurait à l’origine 34 mètres. On y actionnait, avec un treuil, la grosse chaîne qui fermait l’entrée du port entre les deux tours. En 1651, l’explosion de la poudre qui y était stockée détruit ses planchers et son toit, et la tour reste abandonnée près de trois siècles. Au XIXe siècle, elle est arasée d’environ un quart, et la petite tour voisine est démolie entre 1811 et 1824 pour élargir l’entrée du port. Elle mesure aujourd’hui 20 mètres, sur quatre niveaux. On y visite une grande salle au plancher en étoile, avec ses alcôves, une salle suspendue contemporaine et des expositions ; de son sommet, on mesure l’inclinaison de la tour Saint-Nicolas.
La tour de la Lanterne, phare, prison et graffitis
Ses origines remontent à la fin du XIIe siècle, mais la tour actuelle est élevée de 1445 à 1468, financée par le maire Jehan Mérichon. Une flèche gothique la rend visible de loin, une lanterne de pierre y est ajoutée et elle devient un phare et un amer, tandis que son capitaine inspecte les navires qui entrent au port. En 1568, pendant les guerres de Religion, treize prêtres catholiques y sont massacrés ; sa lanterne s’effondre en 1632, faute d’entretien. Devenue prison, elle enferme en 1822 deux des quatre sergents de La Rochelle. Les détenus ont laissé sur ses murs, ses planchers et ses escaliers plus de 600 graffitis, dont un navire. Haute de 58 mètres, sur huit niveaux, elle offre une galerie publique à 38 mètres, au bout de 162 marches. Elle est classée monument historique par un arrêté du 17 février 1879, selon la base Mérimée du ministère de la Culture.
Peut-on visiter les tours de La Rochelle ?
Deux sur trois, pour l’instant. Le Centre des monuments nationaux, qui gère le site, a fermé la tour Saint-Nicolas au premier semestre 2024, après une accentuation des désordres et une accélération des mouvements de l’édifice. Un chantier de mise en sécurité la consolide ; une restauration plus complète doit suivre, et le monument restera fermé pendant toute la durée des travaux. Les tours de la Chaîne et de la Lanterne restent ouvertes, avec des visites commentées, dont certaines en langue des signes française, et un billet jumelé.
Du sommet de chaque tour, la vue porte à 360 degrés sur l’océan et sur la ville. L’avancement des travaux est suivi sur la page du Centre des monuments nationaux sur les travaux de la tour Saint-Nicolas ; horaires et tarifs figurent sur le site des tours.


Les bateaux de pêche ont quitté le Vieux-Port, mais pas la côte : Fabrice Courtadon en a photographié deux ailleurs en Charente-Maritime, en noir et blanc où seul le rouge des coques demeure, l’un au bout d’une passerelle, l’autre calé sur ses béquilles. On les retrouve dans notre sélection de tableaux en noir et blanc.
Que voir autour du Vieux-Port ?
Face aux bassins, la porte de la Grosse-Horloge ouvre la vieille ville. La base Mérimée la date du début du XIVe siècle ; une arche en tiers-point y est construite en 1672 par l’architecte Moyse, et ses parties hautes datent de 1744 à 1746. Elle est classée monument historique depuis le 13 décembre 1978. Derrière elle commencent les rues à arcades, qui protégeaient les marchands et leurs étals des intempéries.
L’office de tourisme rappelle qu’un village de pêcheurs nommé Rupella, « le petit rocher », s’installe ici au XIe siècle, que la ville reçoit une charte communale qui la conduit en 1199 à élire son maire, et que le sel et le vin font sa richesse. Lors du siège mené par Richelieu, qui fait barrer le port par une digue, treize mois de famine viennent à bout de la résistance : 6 000 habitants survivent sur 25 000. Louis XIII ordonne ensuite la démolition des fortifications de la ville, mais épargne le front de mer, ce qui explique que les trois tours se dressent encore.

Cette photographie de nuit a été prise dans un autre port de Charente-Maritime, que sa fiche ne nomme pas : les voiliers y dorment devant des bâtiments éclairés.
Comment rejoindre les Minimes et les îles depuis le Vieux-Port ?
Deux petites lignes maritimes partent du Vieux-Port. Le passeur traverse en trois minutes jusqu’à la Médiathèque Michel-Crépeau, pratique pour gagner le quartier de la Ville en Bois. Le bus de mer rejoint en vingt minutes le port des Minimes, avec ses quatre bassins et sa capitainerie, en longeant les quais et le port de plaisance.
Le Vieux-Port dessert aussi les îles, comme le détaille la page de l’office de tourisme sur les façons de se rendre sur les îles depuis La Rochelle. En saison, des bateaux partent vers Saint-Martin-de-Ré ; par la route, il faut franchir le pont de l’île de Ré, gratuit à pied et à vélo. En saison toujours, des traversées directes desservent l’île d’Aix, que l’on visite à pied ou à vélo, avec une escale possible au fort Boyard, et une liaison estivale rejoint Saint-Denis-d’Oléron, non loin du phare de Chassiron, à la pointe nord de l’île.
Sur le continent, on peut poursuivre vers Fort Louvois, accessible à pied à marée basse, face à Oléron, ou vers Rochefort et son port marchand, sur la Charente.
La photographie du Vieux-Port est imprimée à la demande sur aluminium Dibond, en finition mate, sans verre ni cadre. Elle rejoint les voiliers, les chalutiers et les ports de la côte dans notre sélection de tableaux de bateaux, et l’Atlantique tout entier dans nos tableaux de mer.
Questions fréquentes
Quelles sont les trois tours du Vieux-Port de La Rochelle ?
La tour Saint-Nicolas, achevée en 1376, la tour de la Chaîne, bâtie entre 1382 et 1390, et la tour de la Lanterne, élevée de 1445 à 1468. Toutes trois sont gérées par le Centre des monuments nationaux.
Peut-on visiter la tour Saint-Nicolas ?
Pas en ce moment. Elle est fermée depuis le premier semestre 2024 pour des travaux de consolidation, et le restera pendant toute la durée des travaux. Les tours de la Chaîne et de la Lanterne restent ouvertes.
À quoi servait la chaîne de la tour de la Chaîne ?
Actionnée par un treuil depuis la tour, une grosse chaîne tendue jusqu’à la tour Saint-Nicolas fermait l’entrée du port aux navires, au XIVe siècle.
Peut-on aller sur les îles depuis le Vieux-Port ?
Oui. En saison, des bateaux partent du Vieux-Port vers Saint-Martin-de-Ré, l’île d’Aix, avec une escale possible au fort Boyard, et Saint-Denis-d’Oléron. Horaires et tarifs sont donnés par les compagnies et l’office de tourisme.
Murs d’Art
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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres
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