Le phare de la Coubre au-dessus des dunes, tableau phare de la Coubre et dune, photographie de Fabrice Courtadon

Le phare de la Coubre et les phares de la côte charentaise

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon10 octobre 20268 min de lecture

Le phare de la Coubre se dresse à La Tremblade, en Charente-Maritime, sur la pointe qui marque l’entrée nord de l’estuaire de la Gironde, au bout de la Côte Sauvage de la presqu’île d’Arvert. Haut de 64 mètres, rouge et blanc, c’est le plus haut phare du département. Allumé en 1905 à environ 1,8 km du rivage, il n’est plus qu’à 150 mètres de la mer : sa déconstruction a été décidée début 2025, sans date fixée, et il se visite toujours.

En bref

  • Situation : lieu-dit La Coubre, commune de La Tremblade, à l’entrée nord de l’estuaire de la Gironde.
  • Le phare actuel : 64 mètres, 300 marches, 7 500 carreaux d’opaline bleue, une portée de 28 milles (52 km) ; allumé le 1er octobre 1905.
  • Ses prédécesseurs : une balise dès 1690, puis des tours de bois et de pierre ; le phare de pierre de 1895 s’est effondré le 21 mai 1907.
  • Protection : inscrit au titre des monuments historiques le 15 avril 2011, avec ses dépendances.
  • Avenir : à environ 150 mètres de la mer à marée haute, il sera déconstruit sans être déplacé ; aucune date n’est arrêtée.
Le phare de la Coubre au-dessus des dunes, tableau phare de la Coubre et dune, photographie de Fabrice Courtadon
Le phare de la Coubre derrière une dune retenue par une ganivelle, tout en rouge sous un ciel sombre« Le phare de la Coubre au-dessus des dunes » en tableau, dès 45 €

Où se trouve le phare de la Coubre ?

Le phare occupe un petit cap sableux, au lieu-dit La Coubre, sur la commune de La Tremblade, à la limite des Mathes. D’un côté s’étire la Côte Sauvage, une longue plage tournée vers le large ; de l’autre s’ouvre la baie de Bonne Anse, à l’embouchure de la Gironde. Entre les deux, la forêt de la Coubre couvre l’arrière des dunes. L’édifice appartient à l’État, qui en assure la conservation et la fonction de signal maritime ; l’accueil du public et le musée sont gérés par la mairie de La Tremblade.

Sa raison d’être : l’entrée de la Gironde est semée de bancs de sable, dont le bien nommé banc de la Mauvaise, qui ont causé de nombreux naufrages.

Pourquoi a-t-on reconstruit le phare de la Coubre plusieurs fois ?

Parce que la côte recule et que le sable bouge. La notice des monuments historiques retrace une longue suite de signaux, tous rattrapés par l’océan ou par les dunes :

  • 1690 : une balise en charpente, capable de porter un fanal, est installée à la pointe.
  • 1830 : un fanal est allumé le 1er décembre 1830 sur une tour en charpente de 8,50 mètres, bientôt remplacée par une tour de pierre, rehaussée en 1843 à cause des dunes.
  • 1860 : une tour pyramidale en sapin de 28 mètres prend le relais.
  • 1895 : une tour de granit et de calcaire de plus de 50 mètres est mise en service, à environ 1,5 km de la mer selon l’office de tourisme Royan Atlantique. Minée par l’érosion, elle s’effondre le 21 mai 1907.

Cette fois, l’administration avait pris les devants. Le phare actuel, construit en béton à environ 1,5 km en retrait de son prédécesseur, sur un projet de l’ingénieur Paul Alexandre, éclairait déjà la côte depuis le 1er octobre 1905. Il a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 15 avril 2011. On distingue encore, en contrebas des dunes, le socle de pierre de l’ancien phare.

Le phare de la Coubre au-dessus des ganivelles, tableau phare de la Coubre et dune, photographie de Fabrice Courtadon
Des ganivelles renversées dans le sable mènent l’œil jusqu’au phare de la Coubre, rouge au sommet de la dune« Le phare de la Coubre au-dessus des ganivelles » en tableau, dès 50 €

Ces ganivelles, barrières de lattes de bois plantées pour retenir le sable, se couchent quand la dune bouge.

Le phare de la Coubre va-t-il disparaître ?

Oui, à terme. Construit à environ 1,8 km du rivage, il n’en est plus qu’à 150 mètres environ à marée haute. Les houles de l’Atlantique font reculer le trait de côte chaque année, et le phénomène se lit très bien depuis le sommet : dans la baie de Bonne Anse, un cordon de sable, encore inexistant au début du XXe siècle, s’allonge vers la terre et approche de la plage de La Palmyre.

Début 2025, les Phares et Balises ont décidé de déconstruire le phare plutôt que de le déplacer, une opération jugée trop lourde. Aucune date n’est fixée : la décision dépendra de l’avancée de la mer. Fabrice Courtadon évoque cette fragilité dans le phare de la Coubre sous la neige, et ce que ce phare représente pour lui dans le phare de la Coubre, gardien de ses souvenirs.

Tout se dissout sauf le signal du phare, tableau phare de la Coubre sur la dune, photographie de Fabrice Courtadon
Une dune entaillée au bord de la plage et, tout à droite, le phare minuscule, seul point rouge« Tout se dissout sauf le signal du phare » en tableau, dès 50 €

Comment visiter le phare de la Coubre ?

Le phare se visite, avec un musée à sa base. On monte les 300 marches d’un escalier métallique en vis, que l’office de tourisme attribue aux ateliers de Gustave Eiffel, le long de parois couvertes de 7 500 carreaux d’opaline bleue. Seuls deux autres phares en France ont un tel revêtement, ceux d’Eckmühl et de l’île Vierge, dans le Finistère. Comptez 15 à 30 minutes de montée selon votre rythme. Au sommet, le panorama embrasse la Côte Sauvage, la forêt et la baie de Bonne Anse.

Sa lampe de 250 watts porte à 28 milles, soit 52 km, et un feu secondaire rouge, « la barbette », est logé à 35 mètres de hauteur. Les Phares et Balises l’ont repeint en rouge et blanc en 2016.

Les horaires changent selon la saison et les tarifs évoluent : consultez le site officiel du phare de la Coubre, géré par la mairie de La Tremblade avant de partir. La page de l’office de tourisme Royan Atlantique sur le phare de la Coubre raconte aussi son histoire en détail.

Quels autres phares voir sur la côte charentaise ?

Entre la Gironde et l’île de Ré, quatre autres phares attirent les regards. Deux figurent au catalogue de Fabrice Courtadon, les deux autres non.

Le phare de Chassiron, à la pointe d’Oléron

À Saint-Denis-d’Oléron, à l’extrémité nord de l’île, le phare de Chassiron a été construit en 1834 et allumé le 1er décembre 1836. Il mesure 43 mètres et compte 224 marches. Entièrement blanc à l’origine, il a reçu ses bandes noires à partir de 1926, pour qu’on ne le confonde plus avec le phare des Baleines. Classé monument historique en 2012, il se visite, avec un musée et un jardin en rose des vents ; renseignements sur le site officiel du phare de Chassiron.

Le phare de Chassiron en sépia, tableau phare de Chassiron, photographie de Fabrice Courtadon
Le phare de Chassiron au bout d’une allée de haies taillées, en tons sépia« Le phare de Chassiron en sépia » en tableau, dès 45 €

Les deux phares de l’île d’Aix

Sur l’île d’Aix, deux tours de 25,3 mètres se dressent côte à côte. La tour orientale porte le feu depuis 1889 ; la tour occidentale porte depuis 1906 le filtre qui crée le secteur rouge, signalant des dangers comme la longe de Boyard. Ce phare ne se visite pas. Fabrice Courtadon en a tiré une image très graphique, rangée dans les Regards singuliers : ses deux lanternes rouges au-dessus des arbres.

Les deux phares de l’île d’Aix, tableau phares de l’île d’Aix, photographie de Fabrice Courtadon
Les deux phares de l’île d’Aix« Les deux phares de l’île d’Aix » en tableau, dès 45 €

Cordouan, au large de Royan

Le phare de Cordouan se dresse à environ 7 km au large, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Haut de 68 mètres, commencé en 1584 par Louis de Foix, il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 24 juillet 2021. On l’aperçoit notamment depuis le Pont du Diable, à Saint-Palais-sur-Mer, et on le visite en bateau. Aucune photographie de Cordouan ne figure au catalogue.

Le phare des Baleines, sur l’île de Ré

À Saint-Clément-des-Baleines, à la pointe ouest de l’île de Ré, le phare des Baleines a été mis en service en 1854 : 57 mètres, 257 marches, et à ses côtés la vieille tour de 1682 bâtie sur les directives de Vauban. Pas de photographie de ce phare au catalogue : l’île de Ré y apparaît par son pont, au couchant ou à l’aube.

Quand et comment photographier le phare de la Coubre ?

Viser la marée basse. Quand la mer se retire, l’estran découvre des rides de sable et des nappes d’eau où le phare se reflète. Consultez les horaires de marée du SHOM pour arriver une heure ou deux avant la basse mer, et gardez un œil sur la montée de l’eau.

Choisir sa saison. Hors saison, la plage est presque vide et les ciels chargés donnent du relief. La neige reste exceptionnelle sur ce littoral : la seconde vue ci-dessus en montre des plaques sur le sable.

Jouer avec la lumière. Le matin, le soleil se lève côté terre et peut se poser derrière la lanterne, à condition de choisir sa place. Le soir, la lumière vient de l’océan et éclaire la tour de face. Par temps gris, Fabrice Courtadon retire souvent la couleur de tout le paysage pour ne garder que le rouge du phare, une sélection de couleur qui fait de la tour un signal, comme dans le phare de la Coubre, rouge sur la dune.

Au soleil levant, tableau phare de la Coubre en contre-jour, photographie de Fabrice Courtadon
Le soleil levant posé derrière la lanterne fait du phare une silhouette auréolée de lumière« Au soleil levant » en tableau, dès 45 €

Prolonger la journée. Sur la même commune, le vieux port de La Tremblade aligne ses cabanes ostréicoles : voyez une aube dans les marais ostréicoles charentais, puis, plus au nord, Rochefort et son port marchand.

Toutes ces vues du phare sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond, en finition mate. Vous les retrouverez avec les plages, les ports et les carrelets charentais dans notre sélection de tableaux de mer et de bord de mer et dans la collection Autour de l’eau.

Sur la même côte, les carrelets de Charente-Maritime sont l’autre motif que Fabrice Courtadon y photographie.

Questions fréquentes

Où se trouve le phare de la Coubre ?

À La Tremblade, en Charente-Maritime, au lieu-dit La Coubre, sur la route D25. Il se dresse sur la pointe qui marque l’entrée nord de l’estuaire de la Gironde, au bord de la Côte Sauvage de la presqu’île d’Arvert.

Combien de marches compte le phare de la Coubre ?

Il compte 300 marches pour une hauteur de 64 mètres. L’office de tourisme Royan Atlantique compte 15 à 30 minutes de montée selon le rythme de chacun.

Pourquoi le phare de la Coubre va-t-il être démoli ?

À cause du recul du trait de côte. Allumé en 1905 à environ 1,8 km du rivage, il n’est plus qu’à environ 150 mètres de la mer à marée haute. Les Phares et Balises ont décidé début 2025 de le déconstruire, sans le déplacer, mais aucune date n’est fixée.

Peut-on voir le phare de Cordouan depuis la côte ?

Oui, depuis la côte de Royan et de Saint-Palais-sur-Mer : il se trouve à environ 7 km au large. Le Pont du Diable, à Saint-Palais, lui fait face. On le visite en bateau au départ de Royan ou du Verdon-sur-Mer, à marée basse, d’avril à la Toussaint en général.

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