Le light painting : définition, technique et exemples
Le light painting, ou « peinture de lumière », est une technique photographique qui consiste à déplacer une source de lumière pendant une pose longue. L’appareil, posé sur un trépied, garde son obturateur ouvert plusieurs secondes ou plusieurs minutes et enregistre tout ce que la lampe dessine ou éclaire. On peut ainsi tracer des formes lumineuses dans le vide, ou au contraire « peindre » un sujet par touches, dans le noir, comme le fait le photographe Fabrice Courtadon pour ses natures mortes.
En bref
- Principe : une pose longue dans l’obscurité, pendant laquelle une lampe bouge face à l’objectif ou éclaire la scène zone par zone.
- Man Ray réalise en 1935 « Space Writing », un autoportrait où il écrit dans l’air avec une petite lampe ; l’épreuve est conservée au musée d’art du Bowdoin College.
- En 1949, Gjon Mili, photographe de LIFE, photographie Picasso dessinant avec une petite lampe électrique : cinq séances et une trentaine de dessins, selon le magazine.
- Réglages de départ conseillés par Canon : mode manuel, ISO 100 à 200, ouverture vers f/11, 10 à 30 secondes, puis pose B au-delà.
- La collection light painting de Murs d’Art réunit des natures mortes peintes à la lampe torche pendant des poses de plus de 30 secondes.

Qu’est-ce que le light painting, exactement ?
En light painting, l’obturateur reste ouvert longtemps, dans une pièce sombre ou en pleine nuit, et c’est vous qui apportez la lumière, en la déplaçant. Tout ce qu’elle touche s’inscrit dans l’image ; tout ce qu’elle ne touche pas reste noir. Comme le rappelle Canon, vous ne voyez pas le résultat en temps réel : il apparaît sur l’écran une fois la pose terminée.
- La lumière tournée vers l’objectif. La lampe elle-même devient le sujet : elle laisse des traits, des boucles, des lettres. On parle souvent de light drawing : c’est la technique des dessins de Picasso.
- La lumière tournée vers le sujet. La lampe sert de pinceau : on balaie un objet ou un mur, en insistant sur certaines zones et en laissant les autres dans l’ombre. C’est le cas des natures mortes présentées ici.
Dans les deux images ci-dessous, les deux approches se croisent : les objets sont éclairés par touches, et la lampe a laissé sa propre trace, en traits blancs autour de la coupe rouge ou en balayages circulaires derrière la cruche.


D’où vient le light painting ?
Les premiers tracés lumineux ne sont pas des œuvres d’art mais des outils de mesure. Dans les années 1880, le physiologiste Étienne-Jules Marey et son assistant Georges Demenÿ étudient la marche humaine en fixant des repères, puis de petites ampoules, sur le corps de leurs sujets : la pose enregistre la trajectoire du mouvement. En 1914, Frank et Lillian Gilbreth reprennent l’idée pour étudier les gestes d’ouvriers.
Man Ray est le premier photographe d’art connu à s’en servir. En 1935, il ouvre l’obturateur de son appareil et dessine dans l’air avec une lampe stylo : son visage se brouille à l’arrière-plan, des boucles lumineuses occupent le centre. Le petit tirage, « Space Writing (Self-Portrait) », est conservé au musée d’art du Bowdoin College, qui en présente la genèse ; en 2009, la photographe Ellen Carey y a repéré son nom, écrit à l’envers.
La technique devient célèbre en 1949. Gjon Mili, photographe de LIFE, rend visite à Picasso dans le sud de la France et lui montre des photos de patineurs portant de petites lumières. D’après le récit publié par LIFE, Picasso lui accorde quinze minutes pour un essai, puis pose pendant cinq séances et trace une trentaine de dessins : centaures, taureaux, profils grecs, signature. Un éclair de flash très bref fige le peintre au milieu de ses traits.
Quel matériel faut-il pour faire du light painting ?
- Un appareil qui accepte les poses longues. Un mode manuel jusqu’à 30 secondes suffit pour débuter ; la pose B garde l’obturateur ouvert aussi longtemps que vous le souhaitez.
- Un trépied, ou à défaut une table : l’appareil ne doit pas bouger pendant la pose.
- Une télécommande ou le retardateur, pour déclencher sans toucher l’appareil.
- Une ou plusieurs lampes. Lampe torche à faisceau réglable, petite LED, lampe du téléphone. Pour colorer la lumière, Canon suggère un gobelet en plastique coloré ou du papier de soie devant la lampe.
- Une pièce vraiment noire, ou une nuit sans éclairage proche, et des vêtements sombres si vous passez dans le champ.
Quels réglages choisir pour commencer ?
Le guide du light painting pour débutants de Canon propose une base simple, à ajuster ensuite par essais.
- Passez en mode manuel (M).
- Réglez une sensibilité basse, ISO 100 à 200 : les poses longues font vite monter le bruit numérique.
- Fermez le diaphragme vers f/11 : la lumière de la lampe s’accumule, une petite ouverture évite de surexposer.
- Choisissez une vitesse de 10 à 30 secondes selon la durée de votre geste ; au-delà, passez en pose B.
- Faites la mise au point avant d’éteindre : éclairez le sujet, réglez la netteté, puis basculez en mise au point manuelle pour la verrouiller.
- Désactivez la stabilisation, inutile sur trépied.
- Photographiez en RAW et fixez la balance des blancs à la main : elle change nettement la couleur de la lumière.

Que peut-on photographier en light painting ?
- Des tracés et des écritures : un prénom, une spirale, un cœur dessinés face à l’appareil.
- Des portraits : le modèle reste immobile pendant que les traits lumineux l’entourent ; un bref éclair de flash peut le figer.
- Des paysages de nuit : un arbre, un rocher ou une façade éclairés quelques secondes à la lampe, sous un ciel sombre ou étoilé. Une simple soirée d’été suffit parfois, comme lors de cette nuit en Ardèche où une lampe torche révélait un mur de pierre et des fleurs.
- Des natures mortes et des objets : en intérieur, tout se maîtrise, jusqu’à la lumière reçue par chaque surface. C’est le terrain de Fabrice Courtadon.
La pose longue sert aussi en plein jour, pour lisser l’eau d’une rivière : c’est une autre histoire, que racontent la cascade de Gelles en hiver et le Tyx en automne.

Quelles erreurs éviter quand on débute ?
- Une pièce pas assez sombre. Sur une pose de 30 secondes, la moindre lumière parasite (lampadaire, écran, veilleuse) voile l’image.
- Une lampe trop puissante braquée vers l’objectif. Elle provoque des reflets ; Canon note que des sources plus discrètes donnent souvent de meilleurs résultats.
- Repasser trop souvent au même endroit. La lumière s’additionne : une zone balayée cinq fois finit blanche, sans détail.
- Éclairer seulement depuis l’appareil. Une lumière dans l’axe aplatit les volumes ; tenue sur le côté ou rasante, elle fait ressortir les textures du bois, du métal ou de la paille.
- Rester immobile dans le champ. Si votre lampe vous éclaire, vous apparaissez en silhouette fantôme ; en restant en mouvement et vêtu de sombre, vous restez pratiquement invisible.
- Se fier à l’écran dans le noir. L’image y paraît plus claire qu’elle ne l’est : baissez la luminosité de l’écran ou vérifiez l’histogramme.
Comment Fabrice Courtadon pratique-t-il le light painting ?
Dans la collection light painting de Murs d’Art, la lampe sert surtout à peindre les scènes plutôt qu’à dessiner dans l’air. Le principe : une pose de plus de 30 secondes, une pièce plongée dans le noir, et une lampe torche qui vient éclairer les objets un à un. Les sujets tiennent de la nature morte : poireaux, œufs, pain de campagne, cuivres anciens, gerberas, poule de paille.
Il a raconté la naissance de l’une de ces images dans sa chronique sur l’upcycling et les objets de mémoire. L’insecte imaginaire ci-dessous est un assemblage d’objets récupérés au fil des années : une pièce d’aluminium, des isolateurs de verre trouvés dans un champ de Dordogne, posés sur un meuble en noyer de famille. Pour la photo, il décrit l’appareil sur trépied, la scène dans le noir, et une lampe torche au faisceau réduit qui vient « caresser » chaque objet.

Ce geste explique l’allure de ces photos : des fonds qui tombent dans le noir complet, des volumes très modelés, et des reflets qui naissent là où la lampe s’est attardée, sur le métal ou le verre. Sur « L’escargot et le temps », le globe vert et le bec verseur sortent ainsi d’une obscurité presque totale.

Ces natures mortes sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond 3 mm, en finition mate antireflet : sur ces grandes zones noires, la surface mate limite les reflets de la pièce. Les formats et le système d’accroche sont détaillés sur la page formats et support.
L’autre façon de photographier les petits sujets de très près est décrite dans la photographie macro.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre light painting et pose longue ?
La pose longue est un réglage : l’obturateur reste ouvert pendant plusieurs secondes ou plusieurs minutes. Le light painting est une façon de s’en servir, en déplaçant une source de lumière pendant la pose pour dessiner dans l’image ou éclairer la scène par zones.
Combien de temps dure une pose en light painting ?
Canon conseille de commencer entre 10 et 30 secondes, le temps de tracer une forme simple. Au-delà de 30 secondes, il faut passer en pose B. Les natures mortes de Fabrice Courtadon reposent sur des poses de plus de 30 secondes.
Peut-on faire du light painting avec un smartphone ?
Oui, si l’application photo du téléphone permet une pose de plusieurs secondes, en mode manuel ou en mode pose longue selon les modèles. Le téléphone doit rester parfaitement immobile : un petit trépied ou un support stable reste indispensable.
Qui a inventé le light painting ?
Personne en particulier. Les premiers tracés lumineux viennent des études du mouvement d’Étienne-Jules Marey et Georges Demenÿ dans les années 1880. Man Ray s’en empare en artiste en 1935, et les dessins de lumière de Picasso photographiés par Gjon Mili en 1949 ont rendu la technique célèbre.
Murs d’Art
Des œuvres à accrocher
La poule ou l’œufpoule de paille et panier d’œufsdès 50 €
La lampe de corde et le feuillage pourprelampe en corde et feuillage pourpredès 50 €
Un souffle d’antancuivres anciens et lampe à huiledès 50 €
Gerberas orange et fils d’argentgerberas orange dans un vase sombredès 45 €
Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres
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