Moulin à vent sous le ciel bleu, tableau moulin à vent et ciel bleu, photographie de Fabrice Courtadon

Le moulin cavier et les moulins à vent de l’Anjou

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon14 octobre 20268 min de lecture

Le moulin cavier est le moulin à vent propre à l’Anjou : une cabine de bois orientable, la hucherolle, posée sur un cône de pierre creux, le massereau, lui-même bâti sur une cave voûtée, la masse, où tournent les meules. Il s’est imposé dans le Saumurois à partir du XVIIe siècle, à côté du moulin à pivot et du moulin-tour. Près de 180 caviers ont marqué la campagne angevine ; il en reste moins d’une vingtaine, dont quelques-uns moulent encore.

En bref

  • L’Anjou a compté plus de 1 200 moulins à vent et 700 moulins à eau, selon Anjou Tourisme, et rassemble plus de types de moulins que toute autre région.
  • Un cavier a trois parties : la hucherolle (cabine de bois mobile), le massereau (cône de pierre creux traversé par un axe de fer) et la masse, ou cave, qui abrite les meules.
  • Près de 180 caviers à leur grande époque ; moins d’une vingtaine aujourd’hui, et moins de dix en état de fonctionner, selon le moulin de Gasté.
  • Sur 200 à 300 moulins à chandelier en Anjou au début du XIXe siècle, deux seulement subsistent, dont celui du Patouillet.
  • Apogée au XIXe siècle, abandon dans la première décennie du XXe, face aux minoteries mues par l’eau ou la vapeur.
Moulin à vent sous le ciel bleu, tableau moulin à vent et ciel bleu, photographie de Fabrice Courtadon
Une cabine de bois grisé posée sur un cône de pierre tend ses ailes vers un ciel d’un bleu franc« Moulin à vent sous le ciel bleu » en tableau, dès 50 € 45 €

Fabrice Courtadon a photographié plusieurs moulins à vent du Val de Loire. Leurs fiches ne nomment pas la commune ; nous ne chercherons donc pas à les identifier. Mais leur silhouette, une cabine de planches sur un cône de pierre, est exactement celle que les sources décrivent pour le cavier.

Quels types de moulins à vent trouve-t-on en Anjou ?

Tous les grands types, ce qui fait la singularité de la région. Les Archives départementales de Maine-et-Loire en distinguent quatre pour le vent : le moulin turquois, le moulin à chandelier, le moulin cavier et le moulin-tour. Le premier a disparu ; les trois autres se voient encore.

Le moulin à pivot, ou à chandelier

Tout le corps du moulin, en bois, tourne autour d’un pivot central fixe pour présenter ses ailes au vent. C’est le type le plus rare aujourd’hui en Anjou. Le moulin du Patouillet, à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, en donne l’exemple : entièrement en bois et démontable, il est surélevé sur une petite tourelle, la cavette. D’abord élevé à Gennes, il a été racheté vers 1893 par le propriétaire du moulin à eau voisin, pour compenser les manques d’eau ; arrêté en 1920, il a été restauré en 1984. Selon sa notice de l’inventaire, l’Anjou comptait 200 à 300 moulins de ce type au début du XIXe siècle ; deux subsistent.

Le moulin-tour

Ici la tour est en maçonnerie et ne bouge pas : seule la toiture, qui porte les ailes, pivote. Certains moulins-tours ont reçu un moulinet à pales, le « papillon », qui les met au vent automatiquement. À Saumur, le moulin-tour Malécot, bâti en 1788, servait surtout à moudre l’écorce de chêne pour en faire la poudre à tanner, d’où son nom de moulin à tan.

Le moulin cavier

Il tient des deux précédents : une cabine mobile, comme le moulin à pivot, sur une base de pierre, comme le moulin-tour. Sa particularité, c’est la cave. Anjou Tourisme le résume ainsi : la hucherolle, en bois et orientable, « surmonte le cône de tuffeau et la cave ».

Comment est construit un moulin cavier ?

De haut en bas, trois étages. La hucherolle est la cabine de bois mobile qui porte les ailes et abrite une partie du mécanisme. Le massereau est le grand cône de pierre creux sur lequel elle repose ; il est traversé en son centre par un axe métallique, le farfut ou gros fer, qui transmet la rotation jusqu’aux meules. La masse, ou cave, est une enfilade de salles voûtées, parfois troglodytiques, qui contient les meules, le grain et souvent le logement du meunier.

Le cavier descend du moulin turquois, une tour creuse d’environ cinq mètres coiffée d’une cabine qui contenait les meules, dessinée à Nantes en 1645 par le peintre hollandais Lambert Doomer. Selon la ville de Saumur, il est né au XVIe siècle d’une adaptation de ce système aux troglodytes de plaine de Doué-la-Fontaine, et il remplace le turquois à partir du début du XVIIe siècle. L’avantage est pratique : entretenir les meules, stocker le grain, évacuer la farine, tout ce qui se faisait en hauteur se fait désormais de plain-pied, dans la cave.

Entre ciel pâle et pierre nue, tableau moulin à vent en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Vu d’en bas, un moulin à cabine de planches sur cône de pierre, sous un ciel chargé de nuages« Entre ciel pâle et pierre nue » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Ce noir et blanc montre le rapport des volumes : la hucherolle paraît légère sur son cône massif. Il figure dans notre article pourquoi le noir et blanc fonctionne si bien au mur.

Comment fonctionnait un moulin cavier ?

Il fallait d’abord mettre le moulin au vent. Une longue échelle, fixée du côté opposé aux ailes, permettait au meunier de monter dans la hucherolle et, parfois aidé d’un âne, de la faire pivoter sur 360 degrés pour placer les ailes face au vent. Sur le coteau de Saumur, c’est le vent de galerne, venu du nord-ouest, qui soufflait en rafales.

Les ailes, longues de 12 à 13 mètres, étaient recouvertes de toiles. L’entoilage était dangereux : selon le vent, le meunier montait plusieurs fois par jour sur les ailes pour déployer ou replier les toiles de lin. À partir des années 1840, le système Berton les remplace : des planches mobiles que le meunier règle depuis l’intérieur, sans grimper sur les ailes.

Moulin à vent de bois sur sa base de pierre, tableau moulin à vent ancien, photographie de Fabrice Courtadon
Un vieux moulin à cabine de bois sur cône de pierre, avec son échelle et ses quatre ailes nues en croix« Moulin à vent de bois sur sa base de pierre » en tableau, dès 50 € 45 €

Sur cette vue retouchée façon aquarelle, les ailes n’ont plus de toiles : on ne voit que leur armature, et l’échelle descend le long du cône. La technique est expliquée dans notre article sur l’effet aquarelle en photographie.

Les moulins allaient souvent par paire. Le moulin mouturier donnait la mouture du pain bis des campagnes ; le moulin fromentier, plus perfectionné, la farine blanche des boulangers de la ville. Bâtis près des vignes, ils permettaient aux meuniers de compléter leurs revenus.

Combien de moulins caviers reste-t-il ?

Peu. Le moulin de Gasté estime que près de 180 caviers dessinaient la campagne angevine à leur grande époque, et qu’il en subsiste moins d’une vingtaine, dont moins de dix en état de fonctionner. Leur apogée a été bref : dès le début du XIXe siècle, les minoteries, mues par l’eau ou la vapeur, rendent bien davantage. Abandonnés dans la première décennie du XXe siècle, les moulins à vent sont peu à peu démantelés.

La rue des Moulins, à Saumur, en garde la trace : on y a compté 32 moulins en enfilade sur 1 340 mètres de coteau. La plupart ont disparu, mais leurs vestiges ont façonné la rue. Le dossier Focus sur les moulins à vent de Saumur, publié par la ville, les décrit un à un.

Un moulin, deux ciels, mille émotions, tableau moulin à vent en contre-jour, photographie de Fabrice Courtadon
Silhouette noire d’un moulin à vent sous un ciel coupé en deux, bleu en haut, gris argent en bas« Un moulin, deux ciels, mille émotions » en tableau, dès 50 € 45 €

À contre-jour, cette image verticale ne garde que la forme : le cône, la cabine, les ailes. Elle rejoint les tableaux verticaux.

Où voir des moulins à vent en Maine-et-Loire ?

Le moulin de Gasté, un cavier qui moud

À Grézillé, sur la commune de Gennes-Val-de-Loire, ce cavier a été racheté en 1997, inscrit aux monuments historiques en 1999 et restauré à partir de 2003 tel qu’il fonctionnait au XIXe siècle. Il produit de nouveau de la farine complète depuis 2008, avec deux paires de meules, et culmine à environ 17 mètres jusqu’au toit de la hucherolle. Les modalités de visite sont sur le site du moulin de Gasté.

Saumur, la rue des Moulins et le moulin du Vigneau

La rue des Moulins se parcourt à pied, avec un panorama à 180 degrés sur la Loire et le quartier de Fenet. Dans les Hauts-Quartiers, le moulin du Vigneau, né de deux moulins jumeaux construits dans les années 1780 au milieu des vignes, a cessé de tourner en 1916 ; une association, créée en 1998, entretient ce qu’il en reste. Pour le reste de la ville, voyez notre guide que voir à Saumur.

Turquant, l’Épinay et les autres

Sur le coteau de Turquant, deux caviers sont protégés : le moulin de la Herpinière, du XVIe siècle, inscrit en 1982, et celui du Val Hulin, de 1749, classé en 1963. Tous deux sont privés. Dans les Mauges, le moulin-tour de l’Épinay, à La Chapelle-Saint-Florent, haut de 19 mètres et bâti en 1822, moud encore du froment et du sarrasin grâce aux bénévoles de l’association « Un village un moulin » ; on visite ses quatre étages. Anjou Tourisme recense les sites ouverts sur sa page découvrez les moulins de l’Anjou.

Le reflet de la nature et du patrimoine, tableau moulin à vent, arbre et vignes, photographie de Fabrice Courtadon
Un moulin à vent, un grand arbre arrondi et des rangs de vigne, en noir et blanc lumineux« Le reflet de la nature et du patrimoine » en tableau, dès 50 € 45 €

Moulin, arbre et vigne réunis dans une même vue rappellent que les meuniers travaillaient aussi la vigne. Plus au sud, le château de la Mothe-Chandeniers se dresse dans la Vienne voisine : notre article la ruine dorée de la Mothe-Chandeniers raconte son sauvetage. Autre genre de moulin : celui du Moulin Rouge à Paris, en noir et blanc et rouge, sert d’enseigne à un cabaret.

Ces vues de moulins sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond, en finition mate ; les détails des formats sont sur la page formats et support. Vous les retrouverez dans la collection Regards singuliers, dans les tableaux noir et blanc et, en aquarelle, dans les Illustrations.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un moulin cavier ?

Un moulin à vent propre à l’Anjou, surtout au Saumurois : une cabine de bois orientable, la hucherolle, posée sur un cône de pierre creux, le massereau, au-dessus d’une cave voûtée, la masse, qui abrite les meules.

Pourquoi l’appelle-t-on « cavier » ?

Parce que ses meules ne sont pas en hauteur mais en bas, dans une cave voûtée, parfois troglodytique, où le meunier travaillait de plain-pied.

Combien reste-t-il de moulins caviers en Anjou ?

Selon le moulin de Gasté, près de 180 caviers ont existé et il en subsiste moins d’une vingtaine, dont moins de dix en état de fonctionner.

Quelle différence entre un moulin cavier et un moulin-tour ?

Sur un moulin-tour, la tour de maçonnerie est fixe et seule la toiture qui porte les ailes pivote ; les meules sont dans la tour. Sur un cavier, c’est toute la cabine de bois qui tourne sur son cône de pierre, et les meules sont dans la cave.

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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres

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