Le silence blanc, tableau hameau sous la neige, photographie de Fabrice Courtadon

Symbolique du sapin : arbre toujours vert, Sélestat 1521 et Noël

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon23 octobre 20268 min de lecture

Le sapin symbolise d’abord la vie qui tient bon au cœur de l’hiver : il garde ses aiguilles quand les autres arbres sont nus, et les branches toujours vertes passaient déjà, dans l’Antiquité, pour un emblème de vie éternelle. Il devient l’arbre de Noël dans les pays rhénans au XVIe siècle, notamment en Alsace, où un registre de comptes de Sélestat daté de 1521 en garde, selon la Ville, la plus ancienne mention écrite connue ; garni de pommes et d’hosties, il rappelait l’arbre du paradis d’Adam et Ève.

En bref

  • Pour l’Encyclopædia Britannica, les arbres et guirlandes toujours verts étaient des emblèmes de vie éternelle chez les anciens Égyptiens, Chinois et Hébreux.
  • Selon la Ville de Sélestat, un registre de 1521, conservé aux Archives municipales, mentionne 4 schillings versés aux gardes forestiers pour surveiller les arbres à partir de la Saint-Thomas, le 21 décembre.
  • Selon la Britannica, les familles allemandes dressaient le 24 décembre, fête d’Adam et Ève, un « arbre du paradis » garni de pommes et d’hosties.
  • Le Centre international d’art verrier de Meisenthal rapporte la légende de 1858 : faute de fruits après une sécheresse, un souffleur de verre de Goetzenbruck souffle des boules pour le sapin.
Le silence blanc, tableau hameau sous la neige, photographie de Fabrice Courtadon
Une branche de sapin chargée de neige et de givre entre dans le cadre, au-dessus d’un chemin vers un hameau« Le silence blanc » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Pourquoi le sapin est-il le symbole de Noël ?

Deux fils se croisent : l’arbre toujours vert, et un récit chrétien. Selon l’Encyclopædia Britannica, le sapin de Noël moderne vient d’Allemagne et d’un jeu médiéval sur Adam et Ève, où un sapin garni de pommes, l’« arbre du paradis », figurait le jardin d’Éden. Les familles en dressaient un chez elles le 24 décembre, jour où l’on fêtait Adam et Ève.

L’arbre réunissait la chute et le salut : les pommes rappelaient le fruit défendu, les hosties symbolisaient l’eucharistie, signe chrétien de la rédemption. L’historien folkloriste alsacien Gérard Leser, cité par la Ville de Paris, décrit la même coutume dans les églises, où l’on dressait à Noël l’arbre du paradis, décoré de pommes rouges en référence à Adam et Ève.

Pourquoi un arbre toujours vert ?

Le sapin garde ses aiguilles l’hiver, quand la plupart des feuillus sont nus, à quelques exceptions près, comme le jeune hêtre qui conserve ses feuilles sèches. La Britannica rappelle que les anciens Égyptiens, les Chinois et les Hébreux faisaient des arbres, couronnes et guirlandes toujours verts des symboles de vie éternelle. À Rome, aux calendes de janvier, jour du Nouvel An, on décorait les maisons de verdure et de lumières.

Fabrice Courtadon a saisi le contraste entre l’arbre toujours vert et celui qui change dans Feuillus roux dans une forêt de résineux.

Feuillus roux dans une forêt de résineux, tableau forêt en automne, photographie de Fabrice Courtadon
De jeunes feuillus orange et rouges éclairent une forêt de résineux restée sombre, au-dessus des fougères« Feuillus roux dans une forêt de résineux » en tableau, dès 45 € 40,50 €Aussi sur toile ou en affiche encadrée, dès 60 €

On lit souvent que les Romains le faisaient aussi pour les Saturnales : la Britannica décrit plutôt ces fêtes de décembre par des jeux, des banquets et des cadeaux. Elle voit encore un reste des anciens cultes rendus aux arbres dans la coutume scandinave de décorer maison et grange de branches vertes au Nouvel An, mais juge incertain, à l’article Yule, que ces usages prolongent des fêtes anciennes. Le lien direct avec le sapin de Noël reste une hypothèse.

Qu’est-ce que l’arbre de mai ?

Selon la fiche du ministère de la Culture sur les mais des Landes, les paysans plantaient dès le XIIIe siècle, le premier mai, un arbre appelé le mai devant la demeure de leur seigneur ; dans les Landes, le mai est aujourd’hui un jeune pin orné de rubans, dressé en l’honneur d’une personne. Retenez le mot : c’est lui, « mais », que la Ville de Sélestat emploie pour traduire son registre de 1521.

Quel conifère accompagne le Nouvel An au Japon ?

Au Japon, c’est le pin. Selon une page de l’université d’Iwate, le kadomatsu, assemblage de pin et de bambou coupé en biais, se place devant la porte au Nouvel An ; le pin y symbolise la vie, la longévité et la prospérité. Il accueille Toshigami, divinité du Nouvel An dans le shintoïsme, et lui offre une demeure, le yorishiro.

Que dit le registre de Sélestat de 1521 ?

À la page 239 d’un registre de comptes de la Ville de Sélestat, une ligne manuscrite datée du 21 décembre 1521 note une dépense : « Item 4 schillings den förstern die meygen an sanct thomas tag zu hieten ». La Ville traduit : 4 schillings aux gardes forestiers pour surveiller les « mais » à partir de la Saint-Thomas, jour où l’on coupait traditionnellement les sapins. Elle y voit la plus ancienne mention écrite connue, à ce jour, de l’arbre de Noël.

Le registre ne décrit ni décoration ni fête ; il suppose une coutume. Si la ville paie des gardes pour protéger sa forêt à cette date, c’est que l’on y coupait des arbres pour Noël : la Ville, s’appuyant sur des historiens alsaciens, en déduit qu’il était courant de décorer un arbre entier, ce que confirment selon elle des écrits de 1546, 1555 et 1557. D’autres auteurs y lisent plutôt une autorisation de couper de petits sapins.

Contrairement à ce qu’on lit souvent, le registre est conservé aux Archives municipales, non à la Bibliothèque humaniste. Celle-ci en présente un fac-similé dans l’exposition « 1521 : la tradition de l’arbre de Noël », annoncée du 21 novembre au 31 décembre 2026 sur la page de la Ville de Sélestat consacrée à l’exposition.

Comment le sapin de Noël s’est-il répandu ?

En France, on cite Hélène de Mecklembourg, princesse allemande devenue duchesse d’Orléans en 1837, qui aurait dressé un sapin aux Tuileries cette année-là. D’après les historiens Alain Cabantous et François Walter, cités par Regards protestants, c’est à Neuilly, à Noël 1837, que la reine Marie-Amélie lui fit la surprise d’un sapin garni en secret, pour lui rappeler l’Allemagne ; en 1840, la duchesse en décora un avec ses enfants aux Tuileries.

La mode ne se répand largement qu’après 1870, quand des familles alsaciennes quittent leur région annexée et s’installent ailleurs en France, selon la BnF et la Fondation Napoléon. Celle-ci rappelle que Laurent Delcasso, recteur de l’académie de Strasbourg, avait publié dès 1856 une version française du chant devenu « Mon beau sapin ».

En Angleterre, selon la Britannica, l’arbre arrive au début du XIXe siècle et le prince Albert, né en Allemagne, le popularise. En 1848, le supplément de Noël de l’Illustrated London News publie une gravure sur bois de la famille royale autour d’un sapin décoré à Windsor ; le blog du Victoria and Albert Museum y voit trois générations réunies, de la mère de Victoria aux enfants du couple. Reprise par des revues du monde entier, l’image a aidé à populariser la coutume allemande.

Que symbolisent les décorations du sapin ?

Selon la Britannica, les hosties de l’arbre du paradis cèdent ensuite la place à des biscuits de formes variées, et les bougies, souvent ajoutées, représentent le Christ, lumière du monde.

La boule de verre a sa légende, que le Centre international d’art verrier de Meisenthal rapporte comme telle : en 1858, une sécheresse prive de fruits les Vosges du Nord, et un souffleur de verre de Goetzenbruck souffle quelques boules pour parer le sapin. L’histoire industrielle est mieux établie : la verrerie de Goetzenbruck, village voisin de Meisenthal, produit des boules réfléchissantes à partir de 1858, jusqu’à 250 000 par an, et cesse en 1964 ; le centre en relance le soufflage en 1998.

L’étoile du sommet, on la rattache à celle qui, dans l’Évangile selon Matthieu, conduit des mages venus d’Orient jusqu’à l’enfant Jésus, à Bethléem. Selon les Royal Museums Greenwich, l’habitude de coiffer le sapin d’une étoile ou d’un ange date de l’époque victorienne.

Quels sapins Fabrice Courtadon a-t-il photographiés ?

Dans Le silence blanc, une branche de sapin couverte de neige et de givre entre dans le cadre par le haut, au-dessus d’un chemin qui longe des congères vers un hameau. L’image figure dans la sélection de tableaux d’hiver.

Proposée sur toile seulement, Sapins et taillis sous la neige est un panoramique sans ciel : des sapins enneigés dominent un taillis de feuillus nus aux reflets rosés. Elle figure parmi les tableaux d’hiver, les tableaux d’arbres et les affiches et toiles de paysage.

Sapins et taillis sous la neige, tableau forêt de sapins enneigés, photographie de Fabrice Courtadon
Des sapins couverts de neige dominent un taillis de feuillus nus aux reflets rosés, en panoramique« Sapins et taillis sous la neige » sur toile ou en affiche encadrée, dès 80 €

Pontons sous la neige et reflets de sapins, sur toile ou en affiche encadrée, montre deux pontons enneigés sur un étang calme où se mirent les arbres et une maison.

Pontons sous la neige et reflets de sapins, tableau pontons enneigés sur un étang, photographie de Fabrice Courtadon
Deux pontons enneigés avancent sur un étang calme où se reflètent les sapins et une maison« Pontons sous la neige et reflets de sapins » sur toile ou en affiche encadrée, dès 60 €

Dans Le charme, sur aluminium, de grands sapins dominent un étang de village en Auvergne, avec une nuée d’oiseaux sur l’eau, en tons sépia sous un ciel pêche.

Le charme, tableau étang et sapins en Auvergne, photographie de Fabrice Courtadon
De grands sapins dominent un étang de village en Auvergne, des oiseaux sur l’eau, sous un ciel pêche« Le charme » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Le silence blanc et Le charme sont dans la collection Paysages, Le charme aussi dans Autour de l’eau ; la forêt aux feuillus roux, dans les Regards singuliers et les tableaux d’automne. Les deux images sur toile sont réunies dans Toiles et affiches ; voyez aussi notre comparatif toile, affiche ou aluminium, notre guide de l’hiver en Auvergne et, pour offrir, celui du cadeau de pendaison de crémaillère, qui dit jusqu’à quand commander pour Noël.

Questions fréquentes

Que symbolise le sapin de Noël ?

La vie qui persiste en hiver, car il reste vert. Il reprend aussi l’arbre du paradis d’Adam et Ève : selon la Britannica, ses pommes rappelaient l’Éden et ses hosties la rédemption.

Où est né le sapin de Noël ?

Dans les pays rhénans, notamment en Alsace. La Ville de Sélestat conserve un registre de comptes de 1521 qu’elle présente comme la plus ancienne mention écrite connue de l’arbre de Noël.

Pourquoi décore-t-on un sapin ?

Les premiers ornements, pommes et hosties, reprenaient l’arbre du paradis des jeux médiévaux sur Adam et Ève ; les bougies figuraient le Christ, lumière du monde, selon la Britannica.

Que symbolise l’étoile au sommet du sapin ?

On la rattache à l’étoile qui, dans l’Évangile selon Matthieu, conduit les mages jusqu’à Bethléem. Selon les Royal Museums Greenwich, l’usage d’en coiffer le sapin date de l’époque victorienne.

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