Grand format d’un petit être, tableau papillon orangé en gros plan, photographie de Fabrice Courtadon

La photographie macro : insectes et fleurs vus de très près

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon10 octobre 20268 min de lecture

La photographie macro consiste à photographier un petit sujet à sa taille réelle, ou plus grand, sur le capteur de l’appareil : on parle de macro à partir d’un rapport de grandissement de 1:1. En deçà, quand on s’approche sans atteindre ce rapport, il s’agit de proxiphotographie, ce que sont en réalité beaucoup de photos de papillons ou de fleurs. Dans les deux cas, la difficulté est la même : une zone nette de quelques millimètres, et un sujet vivant qu’il faut approcher sans le déranger.

En bref

  • Au rapport 1:1, un sujet de 3 mm occupe 3 mm sur le capteur ; sur un capteur de 36 × 24 mm, le cadre couvre alors 36 × 24 mm de la scène.
  • La proxiphotographie couvre les rapports inférieurs à 1:1 ; la macrophotographie, au sens strict, va de 1:1 à 10:1, la microphotographie au-delà.
  • À 1:1 et au-delà, la profondeur de champ se réduit à quelques millimètres.
  • La liste rouge régionale des libellules et demoiselles d’Auvergne porte sur 75 espèces, dont un tiers menacé ou quasi menacé (avis du CSRPN, 2017).
  • Le Spipoll, programme de l’Opie et du Muséum national d’Histoire naturelle, invite chacun à photographier pendant 20 minutes les insectes qui visitent une même plante.
Grand format d’un petit être, tableau papillon orangé en gros plan, photographie de Fabrice Courtadon
Un papillon orangé, ailes refermées au-dessus de fleurs mauves, cadré au plus près en Auvergne« Grand format d’un petit être » en tableau, dès 50 €

Qu’est-ce que la photographie macro, et en quoi diffère-t-elle de la proxy-photo ?

Le critère est le rapport de grandissement, aussi appelé rapport de reproduction : la taille du sujet sur le capteur comparée à sa taille réelle. À 1:1, un insecte de 6 mm mesure 6 mm sur le capteur. À 1:2, elle n’en mesure plus que 3 : c’est déjà très proche, mais ce n’est plus de la macro au sens strict.

  • Proxiphotographie (ou proxy-photo) : rapports inférieurs à 1:1. C’est le domaine du papillon entier, de la fleur dans son ensemble, de l’insecte posé sur sa tige.
  • Macrophotographie : de 1:1 à 10:1. L’œil d’une mouche, les écailles d’une aile, les étamines d’une fleur.
  • Microphotographie : au-delà de 10:1, avec un microscope.

L’usage courant est plus large : on dit « photo macro » pour toute photo prise de très près, et la mention « macro » sur certains zooms ou compacts désigne parfois un rapport bien inférieur à 1:1. Si vous comparez du matériel, regardez le rapport de reproduction maximal indiqué dans sa fiche technique. Et sachez que tous les sujets ne demandent pas le 1:1 : un papillon de plusieurs centimètres ne tiendrait pas dans le cadre.

Quel matériel faut-il pour débuter en macro ?

  • Un objectif macro. Il atteint le rapport 1:1 sans accessoire et reste net de près. Plus sa focale est longue, plus vous pouvez rester loin du sujet à grandissement égal : cette distance de travail compte pour ne pas effrayer un insecte et pour ne pas lui faire d’ombre.
  • Une bonnette. Cette lentille se visse devant l’objectif que vous possédez déjà. Elle coûte bien moins cher qu’un objectif macro et fait perdre peu de lumière ; trop puissante, elle introduit des aberrations.
  • Des bagues-allonges (ou tubes). Placées entre le boîtier et l’objectif, elles éloignent l’objectif du capteur, ce qui rapproche la distance minimale de mise au point et augmente le grandissement. Elles ne contiennent pas de verre mais réduisent la lumière qui atteint le capteur.
  • Les solutions plus pointues : le soufflet, réglable mais encombrant, ou l’objectif monté à l’envers sur une bague d’inversion.

Ajoutez un trépied pour les sujets immobiles (fleurs, gouttes, champignons) et, si vous le souhaitez, un petit flash avec diffuseur ou un réflecteur pour déboucher les ombres.

Pourquoi la profondeur de champ est-elle si faible en macro ?

La zone nette diminue à mesure que le grandissement augmente. De quelques centimètres en photo rapprochée, elle tombe à quelques millimètres au rapport 1:1 : l’œil d’un insecte peut être net quand ses pattes ne le sont déjà plus.

Trois réponses existent. Fermer le diaphragme, vers f/8 ou f/11, élargit un peu la zone nette, au prix de lumière, ce qui oblige souvent à ralentir ou à éclairer. Bien choisir le plan de netteté : mettez au point sur l’œil, et placez l’appareil parallèlement aux ailes d’un papillon ou d’une demoiselle pour qu’elles soient nettes d’un bout à l’autre. Enfin, pour un sujet parfaitement immobile, l’empilement de mise au point (focus stacking) assemble plusieurs vues prises à des distances de netteté différentes.

Cette faible profondeur de champ a son avantage : le décor se fond en une couleur douce, et le sujet se détache seul, comme sur ces deux demoiselles.

Quelle lumière choisir pour photographier de très près ?

Une lumière douce et régulière convient à la plupart des sujets : un ciel couvert, le début de matinée, l’ombre légère d’une haie. Le plein soleil de midi durcit les contrastes et brûle les pétales clairs. Une lumière venue du côté fait ressortir les reliefs, les nervures d’une aile, la texture d’un cœur de fleur ; un contre-jour rend transparentes les ailes fines.

Après une averse, les gouttes de pluie deviennent un sujet à part entière. Chacune agit comme une petite lentille et renverse l’image du décor qui se trouve derrière elle. Fabrice Courtadon en a fait le sujet d’une matinée au Mont-Dore, racontée dans l’histoire des gouttes de pluie sur un tronc au-dessus de la Dordogne.

L’équilibre est une traversée, tableau gouttes d’eau sur une prêle, photographie de Fabrice Courtadon
Une goutte d’eau suspendue au bout de chaque aiguille d’une prêle, sur fond noir« L’équilibre est une traversée » en tableau, dès 50 €

Comment approcher un insecte sans le déranger ?

La règle tient en une phrase : l’animal passe avant la photo. Quelques habitudes permettent de la respecter sans renoncer à l’image.

  • Venez tôt. Les insectes dépendent de la température extérieure : au petit matin, encore engourdis, beaucoup restent posés et se laissent approcher.
  • Avancez lentement et bas, sans projeter votre ombre sur le sujet : une ombre soudaine suffit souvent à le faire fuir.
  • Ne touchez ni l’insecte ni son support. Le déplacer sur une plus belle fleur, le refroidir ou secouer une tige pour le faire poser revient à le mettre en danger pour une image.
  • Ne piétinez pas, n’arrachez pas les herbes qui gênent le cadrage : elles sont souvent son abri ou sa nourriture. Mieux vaut changer d’angle.
  • Acceptez de le laisser partir. Un insecte qui s’envole deux fois de suite vous dit qu’il est temps de passer à un autre.

Ces précautions ne sont pas qu’une affaire de politesse. En Auvergne, l’avis du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel sur la liste rouge des odonates relève qu’un tiers des 75 espèces de libellules et demoiselles étudiées est menacé ou quasi menacé, à cause de la dégradation ou de la disparition de leurs habitats. Vos photos peuvent aussi servir la connaissance : le Spipoll, suivi photographique des insectes pollinisateurs, demande de choisir une plante en fleur et de photographier pendant 20 minutes tous les insectes qui s’y posent.

Cétoine dorée sur fleurs jaunes, tableau cétoine dorée sur fleurs jaunes, photographie de Fabrice Courtadon
Une cétoine dorée à la carapace vert émeraude explore une grappe de fleurs jaunes« Cétoine dorée sur fleurs jaunes » en tableau, dès 45 €

Quels sujets photographier en macro au fil des saisons ?

Les bords de l’eau sont les plus riches en été. Libellules et demoiselles chassent au-dessus des rivières et des mares ; pour les distinguer, notre article sur les libellules et les demoiselles des mares et des rivières donne les indices utiles, comme la position des ailes au repos. À la surface des mares, les gerris glissent sur l’eau : ces « araignées d’eau » sont en réalité des punaises aquatiques.

Le vivant n’a pas d’échelle, tableau gerris sur l’eau, photographie de Fabrice Courtadon
Un gerris posé sur l’eau, à la frontière entre une zone d’ombre et une nappe de lumière« Le vivant n’a pas d’échelle » en tableau, dès 45 €

Dans les prairies, en été, papillons, coléoptères et syrphes visitent les fleurs ; les 25 choses étonnantes que racontent les ailes des papillons aident à savoir quoi regarder. Au printemps, un simple pissenlit suffit : au plus près, ses languettes jaunes et ses stigmates enroulés forment un paysage. Après la pluie, les prêles, les bourgeons et les herbes retiennent des gouttes ; en automne, mousses et champignons prennent le relais au sous-bois.

Cœur de pissenlit en gros plan, tableau pissenlit en macro, photographie de Fabrice Courtadon
Au cœur d’un pissenlit, des languettes jaunes et des stigmates enroulés en petites spirales« Cœur de pissenlit en gros plan » en tableau, dès 45 €

Que montrent les tableaux macro de Fabrice Courtadon ?

La collection macro et animaux réunit ces petits sujets, à côté de portraits d’animaux de ferme et de compagnie. On y trouve des demoiselles bleues sur une herbe, des gerris sur l’eau sombre, des coccinelles au sommet d’une ombelle, une cétoine dorée, des sphinx colibris en vol devant la sauge, et une série de papillons regroupés dans la sélection de tableaux papillon.

Plusieurs images jouent sur la couleur sélective, l’image passée en noir et blanc à l’exception d’un détail. Sur la passiflore ci-dessous, seules les étamines gardent leur jaune ; Fabrice Courtadon en raconte l’observation dans son article sur la passiflore en macro. D’autres posent la question du vivant qui disparaît, comme sa réflexion sur les abeilles et les pollinisateurs ou le papillon citron sur un pissenlit.

Le vivant n’a jamais lu un livre d’architecture, et pourtant, tableau fleur de passiflore en macro, photographie de Fabrice Courtadon
Le cœur d’une passiflore en noir et blanc, où seules les étamines restent jaunes« Le vivant n’a jamais lu un livre d’architecture, et pourtant » en tableau, dès 50 €

Imprimée à la demande sur aluminium Dibond, une macro change d’échelle : un insecte de quelques millimètres peut occuper 60 cm de mur, et chaque détail de l’aile se lit à distance. Pour des gros plans de pétales et de cœurs de fleurs sans insecte, la collection fleurs prolonge cette sélection.

Une autre technique de patience et de lumière : le light painting, la photo peinte à la lampe.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre macro et proxy-photo ?

Tout tient au rapport de grandissement. À partir de 1:1, le sujet est reproduit au moins à sa taille réelle sur le capteur : c’est de la macrophotographie. En dessous de 1:1, quand on photographie de près sans atteindre la taille réelle, on parle de proxiphotographie.

Peut-on faire de la macro sans objectif macro ?

Oui, avec une bonnette vissée devant l’objectif ou des bagues-allonges placées entre l’objectif et le boîtier. La bonnette est la solution la plus économique, mais une bonnette trop puissante introduit des aberrations. Les bagues ne contiennent pas de verre ; elles font en revanche perdre de la lumière.

Quelle ouverture choisir en photo macro ?

Une ouverture moyenne, autour de f/8 à f/11, donne un peu plus de zone nette sans trop assombrir l’image. Au rapport 1:1, la profondeur de champ ne dépasse pourtant pas quelques millimètres : placez la mise au point sur l’œil de l’insecte ou sur le cœur de la fleur.

À quel moment photographier les insectes ?

Tôt le matin, quand l’air est encore frais, beaucoup d’insectes bougent peu et restent posés : c’est le moment le plus simple pour les approcher, à condition de ne pas les toucher ni les déplacer. Un temps couvert et sans vent aide aussi.

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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres

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