La forêt dans la brume d’automne, tableau forêt dans la brume, photographie de Fabrice Courtadon

L’effet aquarelle en photographie : quand l’image devient peinture

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon10 octobre 20268 min de lecture

L’effet aquarelle en photographie consiste à donner à une image prise sur le vif l’allure d’une peinture à l’eau : couleurs diluées, contours fondus, clairs qui respirent comme le blanc du papier. Il s’obtient par la retouche ou par les effets intégrés de certains appareils, et il réussit surtout aux sujets de lumière douce : l’eau, la brume, la neige, une fleur sur un fond uni. Fabrice Courtadon en a fait une collection entière, où il mélange, selon ses mots, « le style des aquarellistes et celui de la photo ».

En bref

  • L’aquarelle est une peinture à l’eau dont le liant est la gomme arabique ; elle se pose en couches transparentes qui laissent voir le papier.
  • Dans l’aquarelle traditionnelle, le blanc n’est pas peint : c’est le papier lui-même, que l’on réserve.
  • Le papier Arches Aquarelle, par exemple, est en pur coton, en grain fin, satiné ou torchon, de 185 à 850 g/m² selon son fabricant.
  • Albrecht Dürer peint son Lièvre en 1502 ; à Londres, une société de peintres à l’aquarelle naît en 1804, ancêtre de l’actuelle Royal Watercolour Society.
  • Chez Murs d’Art, la collection Aquarelles réunit plus d’une centaine de photographies retouchées façon aquarelle, imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat, à partir de 45 €.
La forêt dans la brume d’automne, tableau forêt dans la brume, photographie de Fabrice Courtadon
Une forêt d’automne dans la brume : troncs pâles au loin, herbes vertes et denses au premier plan« La forêt dans la brume d’automne » en tableau, dès 45 €

Qu’est-ce qui caractérise une aquarelle ?

Quatre traits font reconnaître une aquarelle au premier coup d’œil ; ce sont eux qu’une photographie doit évoquer.

La transparence

La couleur est posée très diluée, en couches minces qui laissent voir ce qu’il y a dessous. Une fois sèche, la couche n’a pas partout la même épaisseur : il reste moins de pigment sur les reliefs du papier et davantage dans ses creux, ce qui donne à l’aquarelle sa vibration particulière. On avance donc des clairs vers les foncés, car un clair ne recouvre pas un foncé.

Le papier

Dans l’aquarelle traditionnelle, le papier fait partie de l’image. C’est lui qui donne la lumière la plus forte : le peintre ne pose pas de blanc, il le réserve, parfois avec une gomme à masquer. Le fabricant du papier Arches Aquarelle le décrit en coton à fibres longues, proposé en trois grains (fin, satiné et torchon, le plus marqué) et en grammages allant de 185 à 850 g/m². Plus le grain est fort, plus il retient le pigment dans ses creux et plus la texture se voit.

Le lavis

Le lavis est une couleur diluée étalée en couche, uniforme ou dégradée, du plus intense au plus pâle. Sur papier sec, ses bords restent nets. Sur papier humide, la couleur diffuse d’elle-même : c’est là que naissent les fondus, les auréoles et les ciels qui se mélangent sans frontière.

Les pigments

Les pigments sont pour l’essentiel ceux des autres peintures, liés par de la gomme arabique qui reste soluble dans l’eau une fois sèche. Leur transparence dépend de la finesse des particules : très dispersé, même un pigment opaque devient translucide. Les couleurs ternissent un peu en séchant, ce qui explique la douceur des aquarelles, rarement saturées.

D’où vient la tradition de l’aquarelle ?

La peinture à l’eau est ancienne, mais Albrecht Dürer est souvent présenté comme l’un des premiers à en faire un art à part entière. Son Lièvre, daté de 1502 et conservé à l’Albertina de Vienne, est une aquarelle rehaussée de gouache ; la feuille est si fragile que le musée ne la montre qu’à plusieurs années d’intervalle, comme l’explique la présentation de l’œuvre par l’Albertina. En 1804, des peintres britanniques s’estimant mal servis par les expositions de la Royal Academy fondent leur propre société, dont l’histoire de la Royal Watercolour Society retrace les débuts. William Turner compte parmi les aquarellistes les plus influents de cette école anglaise. En France, la Société d’aquarellistes français tient sa première exposition en 1879, chez le marchand Durand-Ruel.

Comment une photo peut-elle prendre l’esprit de l’aquarelle ?

Une photo aquarelle n’imite pas un tableau trait pour trait : elle emprunte trois habitudes au peintre.

  • Simplifier. Le pinceau ne dessine pas chaque feuille. La retouche regroupe de même les petits détails en plages de couleur, comme des aplats.
  • Diluer. Les teintes perdent un peu de saturation et de contraste, les clairs montent jusqu’à presque blanchir, comme un papier laissé en réserve.
  • Fondre. Les contours s’adoucissent et les couleurs débordent légèrement les unes sur les autres, à la manière d’un lavis posé sur papier humide.

Les logiciels de retouche proposent des réglages et des filtres qui vont dans ce sens, et certains appareils intègrent un effet tout prêt : la notice de Sony décrit son effet « Aquarelle » comme créant « des effets de déteinte et de flou ». Ce que la photographie garde, en revanche, c’est sa structure : la perspective, les proportions, la vraie lumière du moment. D’où le trouble : on reconnaît un lieu réel en croyant voir une peinture.

Fabrice Courtadon présente ses images comme des photos retouchées « façon aquarelle ». Deux articles du journal racontent cette démarche de l’intérieur : Aquarelle et photographie, deux arts qui réinventent le tableau mural, et le récit de l’étang de Tyx devenu aquarelle, une image que beaucoup prennent pour une peinture. Une fois imprimée sur aluminium, l’image n’a ni grain de papier ni relief de pigment : la texture est dans l’image, pas dans le support.

Quels sujets se prêtent le mieux à l’effet aquarelle ?

Le bon sujet pour l’effet aquarelle photo ressemble déjà, dans la réalité, à un lavis.

L’eau et les reflets. Une étendue d’eau calme fonctionne comme une grande couche de couleur diluée. Au vieux port de La Tremblade, au lever du jour, le soleil dore l’eau entre des bancs de sable ; sur un lac d’Auvergne en automne, la forêt se reflète presque à l’identique sous une barque.

La brume et la neige. Elles simplifient à la place du photographe : les fonds pâlissent, les formes deviennent silhouettes, et le blanc occupe l’image comme le papier réservé d’une aquarelle d’hiver.

La route sous les branches enneigées, tableau forêt sous la neige, photographie de Fabrice Courtadon
Des branches lourdes de neige au-dessus d’une route forestière : une image presque monochrome« La route sous les branches enneigées » en tableau, dès 45 €

Une fleur sur un fond uni. Quand l’arrière-plan est flou, il devient un fond lavé sur lequel la fleur se détache. Les œillets d’Inde ont droit à leur propre article en aquarelle ; les coréopsis de la collection jouent de la même manière sur des fonds turquoise ou vert d’eau.

Le contrepoint à l’agitation, tableau coréopsis jaune sur fond turquoise, photographie de Fabrice Courtadon
Un coréopsis jaune au cœur pourpre, entouré de boutons, sur un fond bleu turquoise« Le contrepoint à l’agitation » en tableau, dès 50 €

Les paysages en grands plans. Une prairie, un rideau d’arbres, un volcan au loin : trois bandes, trois teintes, et l’œil complète le reste. Les villages aussi, comme dans le récit des Combrailles en aquarelle.

À l’inverse, une scène très détaillée perd souvent son sens une fois simplifiée, et un fort contraste garde une dureté peu compatible avec cette douceur.

Comment accorder un tableau aquarelle à un intérieur ?

Les images façon aquarelle ont des valeurs claires et des couleurs adoucies. Elles se plaisent sur des murs clairs ou neutres : blanc cassé, lin, gris perle, bois blond. Sur un mur très foncé, préférez une image structurée par un ton sombre, silhouette de volcan ou premier plan de feuillage.

  • Reprenez une couleur de la pièce. Un tableau bleu et vert répond à des rideaux ou à une faïence de la même famille ; la sélection tableau bleu ou les tableaux d’automne aident à partir d’une teinte.
  • Gardez l’ensemble cohérent. Un mur où une aquarelle voisine avec une photo noir et blanc très contrastée fait souvent paraître l’une fade et l’autre dure. Mieux vaut regrouper les aquarelles entre elles.
  • Pensez aux pièces calmes. La douceur de ces images convient bien à une chambre, où l’on cherche le repos ; l’article sur la décoration murale au-dessus du lit détaille les bonnes proportions.

Côté formats, une série de trois 20 × 30 cm (50 € chacun) forme une frise légère dans un couloir ; un 60 × 90 cm (190 €) ou un 70 × 100 cm (200 €) au-dessus d’un canapé laisse les fondus se lire de loin. La finition mate antireflet du Dibond garde les nuances pâles lisibles même face à une fenêtre ; les dimensions et l’accroche sont détaillées sur la page formats et support.

Que trouve-t-on dans la collection Aquarelles de Fabrice Courtadon ?

L’Auvergne d’abord : la chaîne des Puys en silhouettes bleutées dans Quand l’aube s’ouvre, le Sancy au printemps, des étangs, des villages, des vaches dans les prés dorés. La côte de Charente-Maritime ensuite, avec les carrelets et les ports de La Tremblade. Le Val de Loire, avec Saumur et l’abbaye de Fontevraud au crépuscule. Et des fleurs, des ombelles séchées aux rudbeckias.

Le puy de Dôme derrière les arbres, tableau puy de Dôme et prairie, photographie de Fabrice Courtadon
Au bout d’une prairie, de grands arbres verts et la silhouette mauve du puy de Dôme« Le puy de Dôme derrière les arbres » en tableau, dès 50 €

Une image porte un titre qui résume le propos de la série : « L’aquarelle déplace le réel ».

L’aquarelle déplace le réel, tableau pêcheur sur la plage, photographie de Fabrice Courtadon
Un pêcheur en parka traverse la plage devant une structure sur pilotis battue par les vagues« L’aquarelle déplace le réel » en tableau, dès 45 €

Pour parcourir l’ensemble, toutes ces images sont réunies dans la collection Aquarelles, imprimées à la demande sur aluminium Dibond en finition mate, du 20 × 20 au 70 × 100 cm selon l’œuvre.

À l’opposé de la couleur diluée, la photographie en noir et blanc ne garde que la lumière et les formes.

Questions fréquentes

Une photo à effet aquarelle est-elle une vraie aquarelle ?

Non. C’est une photographie dont les couleurs et les contours ont été retravaillés pour évoquer la peinture à l’eau. Chez Murs d’Art, elle est imprimée directement sur un panneau d’aluminium Dibond de 3 mm, en finition mate : il n’y a ni papier, ni pigment posé au pinceau.

Comment obtenir un effet aquarelle sur une photo ?

Le principe est toujours le même : simplifier les détails en plages de couleur, diluer les teintes, adoucir les contours et garder de grandes zones claires. Les logiciels de retouche le permettent, et certains appareils proposent un effet aquarelle intégré.

Quels sujets rendent le mieux en aquarelle ?

Ceux qui ont déjà une lumière douce et peu de détails fins : l’eau et ses reflets, la brume, la neige, une fleur isolée sur un fond uni, un paysage construit en grands plans.

Comment entretenir un tableau aquarelle sur aluminium ?

Un chiffon doux et sec suffit pour retirer la poussière, sans eau ni produit. Accrochez-le à l’abri du soleil direct et hors des pièces humides comme la salle de bains, déconseillées pour ce support.

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