L’Auvergne en couches silencieuses, tableau mer de brume en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon

Photographie en noir et blanc : pourquoi elle fonctionne si bien au mur

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon10 octobre 20268 min de lecture

Une photographie en noir et blanc fonctionne au mur parce qu’elle ne garde que l’essentiel : des formes, des matières et des écarts de lumière, que l’œil saisit d’un coup, même de loin. Sans couleur à accorder, elle s’accroche presque partout et s’entend avec la plupart des intérieurs. Les sujets qui lui réussissent le mieux ont une lumière marquée ou une matière forte : la brume, les volcans, la neige, les forêts, l’architecture.

En bref

  • La plus ancienne photographie conservée prise d’après nature, le Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce (1827), est monochrome ; elle est conservée au Harry Ransom Center, à Austin (Texas).
  • Le procédé du daguerréotype est divulgué le 19 août 1839, devant l’Académie des sciences et l’Académie des beaux-arts réunies.
  • L’autochrome des frères Lumière, breveté en 1903 et commercialisé en 1907, est le premier procédé industriel de photographie en couleur, selon le CNC.
  • Bien après l’arrivée de la couleur, des photographes comme Henri Cartier-Bresson ont travaillé presque exclusivement en noir et blanc.
  • Murs d’Art propose de nombreuses photographies noir et blanc de Fabrice Courtadon, imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat, à partir de 45 €.
L’Auvergne en couches silencieuses, tableau mer de brume en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Une vallée d’Auvergne noyée sous la brume, entre des arbres nus et une ligne de reliefs« L’Auvergne en couches silencieuses » en tableau, dès 50 €

Que voit-on mieux sans la couleur ?

La couleur attire l’œil en premier. Quand elle disparaît, l’attention se reporte sur trois choses qu’elle laissait au second plan.

Les formes. La silhouette d’un volcan sur le ciel, la courbe d’un chemin, la frise d’une rangée d’arbres deviennent le sujet lui-même. L’image se lit comme un dessin.

Les matières. Le givre sur chaque brindille, l’écorce d’un hêtre, les planches d’un vieux moulin, les gouttes sur une toile d’araignée : sans couleur pour les distraire, les yeux s’attardent sur le grain des choses.

La lumière et les contrastes. Une image en noir et blanc est une gamme de gris qui va du noir profond au blanc pur. Deux couleurs très différentes mais de même clarté, un rouge et un vert par exemple, peuvent devenir le même gris. Le photographe compose donc avec des clairs et des foncés plutôt qu’avec des teintes.

C’est aussi pour cela qu’un tableau photo noir et blanc se voit bien au mur : un fort écart entre clairs et foncés reste lisible à plusieurs mètres, là où des nuances de couleur se perdent.

D’où vient la photographie en noir et blanc ?

Pendant ses quatre-vingts premières années, la photographie est restée, à quelques essais près, une affaire de gris. La plus ancienne image prise d’après nature que l’on conserve, le Point de vue du Gras, a été obtenue par Nicéphore Niépce en 1827 sur une plaque d’étain couverte de bitume, après plusieurs jours d’exposition, comme le détaille la page du Harry Ransom Center consacrée à l’héliographie de Niépce. En 1839, François Arago convainc l’État français d’acheter le procédé de Daguerre ; il le dévoile le 19 août devant l’Académie des sciences et l’Académie des beaux-arts, et l’invention est offerte au monde entier.

La couleur arrive au début du XXe siècle. Les frères Lumière brevètent l’autochrome en 1903 et le commercialisent en 1907 ; le Centre national du cinéma le présente comme le premier procédé industriel de photographie en couleur. Pourtant, le noir et blanc ne disparaît pas. De grands photographes le gardent par choix : Henri Cartier-Bresson, cofondateur de l’agence Magnum en 1947, a travaillé presque exclusivement en noir et blanc. Aujourd’hui, la plupart des appareils enregistrent la couleur, et le noir et blanc est devenu une décision du photographe plutôt qu’une contrainte technique.

Quels sujets gagnent à passer en noir et blanc ?

La brume et les nuages

La brume est faite pour le noir et blanc : elle étage les plans du plus sombre au plus clair et transforme un paysage en succession de lavis gris. Le sujet se devine plus qu’il ne se montre. Deux articles du journal y sont consacrés, le puy de Dôme dans les brumes et l’Auvergne en noir et blanc sous les brumes d’automne.

Les volcans

Les puys d’Auvergne ont des formes simples et reconnaissables, des cônes et des dômes qui se découpent sur le ciel. En noir et blanc, la ligne d’horizon de la chaîne des Puys devient un graphisme pur, et le puy de Dôme gagne en présence. Le récit Le chemin et les volcans montre comment une simple route peut conduire le regard jusqu’à eux.

La neige et le givre

Un paysage d’hiver est souvent presque monochrome dans la réalité. Le noir et blanc en accentue la pureté : la neige devient la page blanche, les arbres et les clôtures le dessin. Pour d’autres images de saison, voyez l’hiver en Auvergne.

Rangée d’arbres givrés au bord d’un champ enneigé, tableau champ enneigé et arbres givrés, photographie de Fabrice Courtadon
Une rangée d’arbres givrés forme une frise blanche entre le champ enneigé et le ciel gris« Rangée d’arbres givrés au bord d’un champ enneigé » en tableau, dès 50 €

Les forêts

En couleur, une forêt peut paraître confuse : trop de verts, trop de détails. En noir et blanc, elle se résume à des verticales sombres et à des trouées de lumière. Une allée de hêtres dans le brouillard prend des airs de décor de cinéma ancien ; les hêtraies d’Auvergne s’y prêtent particulièrement.

Le voile d’un jour incertain, tableau hêtraie en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Une allée de hêtres en noir et blanc : troncs sombres, voile de lumière au centre, sol de feuilles« Le voile d’un jour incertain » en tableau, dès 45 €

L’architecture

Pierre, bois, ardoise : le bâti est fait de matières et de lignes, exactement ce que le noir et blanc met en valeur. Dans le Val de Loire, Fabrice Courtadon a photographié un vieux moulin à vent vu d’en bas, cabine de planches sur cône de pierre, ou encore une tour de château pâle sous un ciel presque noir.

Entre ciel pâle et pierre nue, tableau moulin à vent en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Un vieux moulin à vent du Val de Loire, cabine de planches sur cône de pierre, sous un ciel chargé« Entre ciel pâle et pierre nue » en tableau, dès 45 €

Il faut y ajouter les petites choses vues de près : une toile d’araignée chargée de gouttelettes entre des joncs, des gerris posés sur l’eau, une joubarbe. Le noir et blanc y révèle une géométrie que la couleur dissimule.

Une œuvre tissée dans le silence, tableau toile d’araignée dans les joncs, photographie de Fabrice Courtadon
Entre les tiges de joncs, une toile d’araignée perlée de gouttelettes dessine une rosace« Une œuvre tissée dans le silence » en tableau, dès 45 €

Comment accrocher une photo noir et blanc ?

Jouer le contraste avec le mur

Sur un mur blanc ou gris clair, ce sont les noirs de l’image qui ressortent : l’ensemble paraît net et graphique, idéal pour un volcan ou une architecture. Sur un mur sombre, bleu nuit, vert foncé ou anthracite, c’est l’inverse : les blancs, la neige et la brume semblent s’éclairer. Un mur de couleur vive accueille aussi très bien le noir et blanc, qui y pose un point calme. La finition mate antireflet de l’aluminium Dibond aide les noirs à rester lisibles face à une fenêtre ; évitez seulement le soleil direct et les pièces humides.

Composer un duo

Deux photos noir et blanc se répondent facilement, puisqu’aucune teinte ne se dispute. Choisissez-les de même format et de même orientation, avec une tonalité proche : deux images claires et brumeuses, ou deux images sombres et denses. Le duo ci-dessus en est un exemple : un sommet qui flotte au-dessus des nuages et un puy de Dôme massif sous un ciel blanc, deux façons de voir le même pays. Alignez les horizons si possible, et laissez quelques centimètres entre les deux tableaux. Pour poser sans percer ou régler la hauteur, l’article accrocher un tableau sans percer donne les repères.

Oser le grand format

Le noir et blanc supporte très bien les grandes dimensions, parce que ses contrastes se lisent de loin. Un paysage de brume ou une vue de la chaîne des Puys prend toute son ampleur en 60 × 90 cm (190 €) ou en 70 × 100 cm (200 €) au-dessus d’un canapé ou d’un lit. Les pistes pour choisir sont réunies dans la sélection grand tableau, et le support est détaillé sur la page formats et support.

Quelles œuvres en noir et blanc chez Fabrice Courtadon ?

Le noir et blanc traverse toutes les collections du photographe. On y trouve le puy de Dôme sous la neige, dans le brouillard ou au-dessus des brumes ; la chaîne des Puys et le Sancy ; des forêts et des campagnes d’hiver ; la côte de Charente-Maritime, avec le marais de Brouage, le vieux port de La Tremblade et le phare de la Coubre ; des moulins et des châteaux du Val de Loire ; et beaucoup d’insectes et de fleurs en gros plan. Certaines images gardent volontairement une seule touche de couleur, un phare rouge ou des bouées jaunes : la vignette de chaque fiche montre l’image exacte.

Quelques paysages noir et blanc existent aussi sur toile tendue sur châssis, dans la collection Toiles d’Auvergne ; tous les autres sont imprimés sur aluminium Dibond 3 mm, en finition mate, sans verre ni cadre.

Pour comparer ces images d’un seul coup d’œil, la sélection tableau noir et blanc les réunit, des volcans sous la brume aux plus petites choses vues de près, chacune avec ses formats et son prix.

À l’opposé, l’effet aquarelle garde la couleur mais la dilue jusqu’à la peinture.

Questions fréquentes

Pourquoi choisir un tableau noir et blanc plutôt qu’en couleur ?

Parce qu’il va droit aux formes, aux matières et à la lumière, et qu’il n’a pas de couleur à accorder avec le reste de la pièce. Il se place facilement dans un intérieur déjà chargé en couleurs, et il se lit bien de loin.

Quelle couleur de mur pour une photo noir et blanc ?

Presque toutes conviennent. Un mur blanc ou gris clair fait ressortir les noirs et donne une image graphique ; un mur sombre, bleu nuit, vert foncé ou anthracite, éclaire les blancs et les brumes. Sur un mur de couleur vive, le noir et blanc apporte du calme.

Peut-on mélanger noir et blanc et couleur sur un même mur ?

C’est possible, mais le plus sûr est de regrouper les photos noir et blanc entre elles et de réserver la couleur à un autre mur. Si vous mélangez, choisissez des images en couleur aux tons sourds, ou une photo noir et blanc qui garde une seule touche de couleur.

Un tableau noir et blanc convient-il à une petite pièce ?

Oui. Une image simple, comme un volcan isolé ou une toile d’araignée en gros plan, tient très bien en 30 × 40 cm. Le noir et blanc n’encombre pas le regard, ce qui en fait un bon choix pour un couloir, une entrée ou un bureau.

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