Le rudbeckia : reconnaître la fleur, ses espèces et sa culture
Le rudbeckia est une plante à fleurs de la famille des Astéracées, originaire d’Amérique du Nord, que l’on reconnaît à ses capitules aux ligules jaunes à orangées disposées autour d’un cœur brun à noir, bombé ou conique. On l’appelle aussi rudbéckie ; les jardiniers anglais le nomment coneflower ou black-eyed Susan. La plupart des espèces cultivées sont des vivaces qui fleurissent de la fin de l’été jusqu’à l’automne.
En bref
- Genre de la famille des Astéracées, originaire du Canada et des États-Unis ; 31 espèces acceptées selon la liste mondiale des plantes vasculaires de Kew, environ 23 selon d’autres botanistes (WCVP ; université d’État de l’Ohio).
- Décrit par Linné en 1753 et dédié à Olof Rudbeck, fondateur du jardin botanique d’Uppsala (université d’Uppsala).
- La plupart des rudbeckias cultivés sont des vivaces ; Rudbeckia hirta, de vie très courte, se cultive surtout comme une annuelle (RHS).
- Floraison de la fin de l’été à l’automne ; de juillet à octobre pour le cultivar « Goldsturm » (RHS).
- La rudbéckie laciniée, introduite en France (INPN), est classée parmi les espèces exotiques envahissantes émergentes de Franche-Comté (conservatoire botanique national de Franche-Comté, 2019).

Comment reconnaître un rudbeckia ?
Ce que l’on prend pour une fleur est un capitule, un assemblage de très nombreuses petites fleurs, comme chez le tournesol, autre Astéracée dont nous racontons la signification et les symboles. Sur le pourtour, les fleurs ligulées, qui ressemblent à des pétales, sont jaunes à rouge-brun, étalées ou retombantes. Au centre, les fleurs tubulées se serrent sur un disque surélevé, souvent hémisphérique, vert, brun ou noir, selon la fiche d’identification du département américain de l’Agriculture (USDA) ; tiges et feuilles sont le plus souvent velues. La Royal Horticultural Society (RHS) parle d’un disque qui forme un cône, d’où le nom anglais.
Ces critères se lisent sur cette photographie de Fabrice Courtadon, où une tige velue passe au premier plan.

De profil, le cœur se lit mieux encore. Ces deux images retouchées façon aquarelle le montrent : à gauche, une fleur inclinée sur sa tige velue, deux gouttes d’eau à la pointe des ligules ; à droite, un cœur brun en dôme devant deux fleurs floues.


D’où vient le nom rudbeckia ?
Linné a décrit le genre en 1753 dans son Species plantarum (liste mondiale des plantes vasculaires de Kew). Il l’a dédié à Olof Rudbeck, fondateur du jardin botanique d’Uppsala, indique ce jardin universitaire. Le Conservatoire botanique national de Franche-Comté parle, lui, du « professeur de botanique » de Linné : le père et le fils portaient le même nom, et les sources ne désignent pas toujours le même homme.
Quelles espèces de rudbeckia cultive-t-on au jardin ?
Le nombre d’espèces varie selon les botanistes : la liste mondiale des plantes vasculaires (WCVP) de Kew en accepte 31, l’Ornamental Plant Germplasm Center de l’université d’État de l’Ohio en compte « environ 23 ». Toutes viennent d’Amérique du Nord, du Canada aux États-Unis. Quatre se rencontrent souvent dans les jardins :
- Rudbeckia hirta, la rudbéckie hérissée : son nom latin signifie « velue », pour les poils courts et raides de ses feuilles et de ses tiges. Elle porte 10 à 20 ligules jaune orangé à rouges autour d’un dôme brun pourpre (université d’État de Caroline du Nord). Bisannuelle ou vivace de courte durée, elle fleurit dès sa première année ; la RHS la juge peu rustique, et on la cultive en général comme une annuelle.
- Rudbeckia fulgida : l’espèce du cultivar « Goldsturm », distingué par l’Award of Garden Merit de la RHS. Il forme une touffe d’environ 60 cm, aux ligules jaune profond autour d’un œil brun pourpre, et supporte des hivers de −20 à −15 °C.
- Rudbeckia laciniata, la rudbéckie laciniée : une grande vivace à rhizomes qui peut atteindre 3 m (RHS), aux feuilles supérieures profondément divisées, avec 6 à 10 ligules jaunes retombantes autour d’un cœur verdâtre.
- Rudbeckia triloba, la rudbéckie brune : bisannuelle ou vivace de courte durée, haute de 90 cm à 1,50 m, aux fleurs de 5 à 7,5 cm ; ses feuilles de la base ont trois lobes, d’où son nom (université d’État de Caroline du Nord).
Quand fleurit le rudbeckia, et qui vient le butiner ?
De la fin de l’été à l’automne, selon la RHS. Couper les fleurs fanées prolonge la floraison. En fin de saison, la RHS conseille au contraire de laisser les têtes de graines des vivaces, décoratives en hiver et utiles aux oiseaux. Ce massif photographié en Auvergne mêle des fleurs épanouies et d’autres déjà fanées.

Les fleurs simples sont utiles aux pollinisateurs, note la RHS, qui attribue son label « Plants for Pollinators » à plusieurs rudbeckias, dont « Goldsturm ». En Amérique du Nord, l’université d’État de Caroline du Nord signale la visite d’abeilles et de papillons. La rudbéckie laciniée a d’ailleurs été introduite en France aussi pour ses qualités mellifères, rappelle le conservatoire de Franche-Comté. Sur le rôle de ces insectes, lisez notre article sur les pollinisateurs et la biodiversité.

Pour observer ces visiteurs de plus près, lisez notre guide de la photographie macro des insectes et des fleurs.
Comment cultiver le rudbeckia ?
Le guide de culture du rudbeckia de la Royal Horticultural Society donne l’essentiel :
- Exposition : le plein soleil ; à mi-ombre, la floraison faiblit.
- Sol : fertile et frais au printemps et en été, mais pas détrempé en hiver. Paillez à la plantation, puis chaque printemps.
- Semis : en mars ou en avril à l’abri, vers 20 °C ; ou en mai, en pleine terre.
- Division : tous les trois à cinq ans, en mars ou en avril ; tous les deux à trois ans pour la rudbéckie laciniée.
- Taille : rabattre les grandes variétés en mai évite de les tuteurer.
- Ennemis : oïdium, pucerons et limaces (fiche « Goldsturm » de la RHS).
Le rudbeckia est-il toxique ?
Aucune source officielle consultée ne le classe comme toxique. Il ne figure ni dans les fiches de l’Anses sur les plantes toxiques en cas d’ingestion, ni dans les listes de plantes toxiques et non toxiques de l’ASPCA, la société américaine de protection des animaux, pour les chiens, les chats et les chevaux. Cette absence ne prouve pas son innocuité : en cas d’ingestion, appelez un centre antipoison ou le 15, ou votre vétérinaire pour un animal.
Rudbeckia, échinacée ou hélénie : comment les distinguer ?
L’échinacée pourpre est si proche que Linné l’avait rangée dans le même genre, sous le nom de Rudbeckia purpurea ; elle s’appelle Echinacea purpurea depuis 1794 (Tela Botanica). Le critère le plus sûr est au centre : chez l’échinacée, les écailles du réceptacle, épaisses et en forme d’épines, dépassent les fleurs du disque, ce qui n’est pas le cas chez le rudbeckia. Les ligules de l’échinacée sont aussi le plus souvent roses, pourpres, rouges ou blanches (USDA). Des échinacées jaunes existent : regardez donc le cœur.
L’hélénie, autre Astéracée d’Amérique du Nord, porte des capitules plus petits, de 2,5 à 5 cm le plus souvent, en bouquets ramifiés ; ses ligules se terminent par trois dents nettes et son réceptacle est nu, sans écailles (USDA). Quant aux marguerites, voyez notre article sur leurs espèces et leur culture.
Pourquoi la rudbéckie laciniée est-elle surveillée en France ?
L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) la donne comme introduite en France métropolitaine. Venue de l’est de l’Amérique du Nord, elle a été introduite dès le début du XVIIe siècle pour l’ornement ; dès la fin du XIXe siècle, elle était déclarée envahissante le long des cours d’eau des Vosges, rapporte la fiche du Conservatoire botanique national de Franche-Comté. Ses rhizomes vigoureux forment des peuplements denses où les plantes indigènes ne poussent plus ; elle freine même le retour naturel des arbres dans les zones humides.
La fiche d’identification du Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes décrit ses milieux : berges de rivières, bords de canaux, lits de rivières asséchés. Elle se propage par des fragments de rhizomes, qui reprennent comme des boutures, et par ses graines, qui peuvent s’accrocher aux animaux. En 2011, le conservatoire de Franche-Comté rappelait qu’une analyse nationale de 2010 jugeait élevé le risque qu’elle menace l’environnement, alors qu’aucune réglementation nationale ne la visait ; en 2019, il la classe parmi les espèces exotiques envahissantes émergentes de la région. Si vous en cultivez une, il recommande de surveiller le massif, de détruire les déchets de taille et de ne les déplacer qu’avant la formation des graines.
Où retrouver ces rudbeckias en tableau ?
Les rudbeckias de Fabrice Courtadon se partagent entre la collection fleurs et ses photos retouchées façon aquarelle, imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat : la grande fleur jaune sur fond noir, les deux fleurs orange et rouille ou le massif d’Auvergne. Pour choisir selon la couleur ou la pièce, parcourez nos tableaux jaunes, où l’on croise aussi des coréopsis, nos tableaux orange, nos tableaux de tournesols et nos tableaux pour le salon. Certaines de ces images existent aussi sur toile ou en affiche encadrée, dans la gamme toiles et affiches.
Questions fréquentes
Le rudbeckia est-il une plante vivace ?
La plupart des rudbeckias cultivés sont des vivaces rustiques, selon la RHS. L’exception courante est Rudbeckia hirta, de vie très courte, que l’on ressème chaque année comme une annuelle.
Quand fleurit le rudbeckia ?
De la fin de l’été à l’automne ; de juillet à octobre pour « Goldsturm », selon la RHS.
Quelle différence entre un rudbeckia et une échinacée ?
Regardez le cœur : chez l’échinacée, les écailles du réceptacle, en forme d’épines, dépassent les fleurs du disque, ce qui n’est pas le cas chez le rudbeckia.
Le rudbeckia est-il toxique ?
Aucune source officielle consultée ne le classe comme toxique, ni l’Anses ni l’ASPCA. Ne le consommez pas pour autant et, en cas d’ingestion, appelez un centre antipoison ou le 15.
La rudbéckie laciniée est-elle envahissante ?
Introduite en France (INPN), elle envahit des berges de cours d’eau des Vosges depuis la fin du XIXe siècle. Le conservatoire botanique de Franche-Comté la classe parmi les espèces exotiques envahissantes émergentes de la région.
Murs d’Art
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