Le chardon : reconnaître les espèces, leurs fleurs et leurs symboles
Le chardon n’est pas une espèce mais un nom commun donné à de nombreuses plantes épineuses, surtout de la famille des Astéracées. Il désigne aussi des plantes d’autres familles qui leur ressemblent, comme les panicauts, dits « chardons bleus », ou la cardère, dite chardon à foulon.
En bref
- « Chardon » couvre plusieurs genres d’Astéracées (Carduus, Cirsium, Onopordum, Carlina, Silybum, Cynara), mais aussi des panicauts (Apiacées) et la cardère (Caprifoliacées) (Tela Botanica).
- Chardon (Carduus) ou cirse (Cirsium) ? L’aigrette du fruit est plumeuse chez les cirses, lisse ou denticulée chez les chardons (clé de J. Cordier, 2020).
- Le cirse des champs fleurit de juillet à septembre ; une plante peut produire jusqu’à 5 000 graines (DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes).
- Le chardon est l’emblème de l’Écosse et de la Lorraine (CNRTL) ; l’ordre écossais du Chardon a reçu ses statuts en 1687 (famille royale britannique).

Qu’appelle-t-on un chardon ?
Le mot vient du latin carduus, par le bas latin cardo, et s’écrit « chardon » vers 1200, selon le Trésor de la langue française, sur le site du CNRTL. La base de Tela Botanica compte plus de quatre-vingts noms français commençant par « chardon ». Les principaux désignent des Astéracées :
- les chardons au sens strict (Carduus), comme le chardon penché (Carduus nutans) ;
- les cirses (Cirsium), dont le cirse des champs (Cirsium arvense), ou chardon des champs, et le cirse commun (Cirsium vulgare), dit chardon lancéolé ;
- l’onopordon acanthe (Onopordum acanthium), aussi nommé chardon aux ânes ou chardon d’Écosse ;
- les carlines (Carlina), dont la carline acaule, appelée aussi chardon doré ;
- le chardon-Marie (Silybum marianum), l’artichaut et le cardon (Cynara).
D’autres « chardons » n’en sont pas. Le panicaut des Alpes (Eryngium alpinum), ou chardon bleu des Alpes, et le chardon-Roland (Eryngium campestre) sont des Apiacées. Tela Botanica attribue aussi le nom, jugé peu usité, de chardon bleu au panicaut de mer et à l’échinops, une Astéracée. Quant à la cardère, ou chardon à foulon (Dipsacus), classée aujourd’hui parmi les Caprifoliacées, ses têtes épineuses servaient autrefois au cardage de la laine, rappelle le CNRTL.
Comment reconnaître un chardon ?
Ce que l’on prend pour sa fleur est un capitule : de nombreuses petites fleurs en tube serrées sur un réceptacle et entourées d’un involucre, une collerette de bractées. La photographie de Fabrice Courtadon placée plus haut montre bien cette architecture, une touffe de fleurs violettes au sommet de bractées vertes terminées en épines ; sa fiche ne nomme pas l’espèce. Chez les Carduus, chaque bractée se termine par une seule épine, et les feuilles portent des dents piquantes.
Chardon ou cirse : comment les distinguer ?
Le critère classique se lit sur le fruit, un akène surmonté d’une aigrette de soies que le vent emporte, comme chez le pissenlit, autre Astéracée à aigrettes. Les soies sont plumeuses chez les cirses, lisses ou denticulées chez les chardons au sens strict. La clé des Astéracées de J. Cordier (2020), publiée sur le portail de la biodiversité du Centre-Val de Loire, ajoute d’autres repères :
- chardon-Marie : feuilles marbrées de blanc, bractées externes de plus de 3 cm terminées par une pointe très forte ;
- carlines : bractées internes luisantes, jaunâtres, étalées en rayons comme des ligules ;
- cirse des champs : tige sans ailes, plante vivace à pieds mâles et pieds femelles séparés.
Après la floraison, le capitule sèche en gardant ses bractées, comme sur cette photographie en noir et blanc dont la fiche ne précise pas l’espèce.

Quand fleurissent les chardons, et qui vient les butiner ?
Surtout en été. Selon Tela Botanica, le chardon-Marie fleurit de juin à août, le cirse commun de juin à septembre, le chardon penché et le cirse des champs de juillet à septembre, la carline acaule en août et septembre ; tous sont pollinisés par les insectes. La liste des plantes attractives pour les abeilles du ministère de l’Agriculture (2017) cite les cirses, l’artichaut, la cardère à foulon et les échinops. Voyez aussi notre article sur le recul des pollinisateurs.


Ces deux images sont des retouches façon aquarelle, où Fabrice Courtadon mélange, comme il l’écrit, « le style des aquarellistes et celui de la photo ». Elles semblent montrer la même paire de chardons que « La beauté indomptée », cadrée de façon très proche. Dans la version verticale, une petite mouche passe à droite du bouton violet ; dans la version horizontale, le bouton se détache sur un fond bleu-vert uni. Les deux retouches appartiennent à la collection illustrations ; pour approcher vous-même ces visiteurs, voyez notre guide de la photographie macro des insectes et des fleurs.
D’où vient le nom du chardonneret ?
Du chardon, tout simplement : le CNRTL en fait un dérivé, attesté dès 1479, et le nom latin de l’oiseau, carduelis, vient lui aussi de carduus. Selon la fiche du chardonneret élégant de la LPO, l’oiseau est essentiellement granivore et recherche en priorité les petites graines des composées, dont celles des chardons.
Pourquoi les agriculteurs redoutent-ils le chardon des champs ?
Parce qu’il se propage surtout par ses racines. Une fiche Ecophyto de la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes en fait l’espèce de chardon la plus problématique en agriculture : rhizomes horizontaux entre 10 et 30 cm de profondeur, racines verticales de plus de 2 m, colonie qui gagne de 2 à 4 m par an. Un fragment de rhizome d’un centimètre peut repartir, si bien que les outils rotatifs, qui hachent les racines, le multiplient. La même fiche rappelle qu’il joue pourtant un rôle dans la vie de plus de 80 espèces animales. Son nom recommandé est cirse des champs, comme l’indique sa fiche sur Tela Botanica.
L’échardonnage est-il obligatoire ? Pas partout. En 2007, le ministère de l’Agriculture expliquait à un député que la lutte contre cette plante n’était pas obligatoire en permanence sur tout le territoire, mais qu’un préfet pouvait l’imposer par arrêté ; il demandait d’identifier l’espèce avant tout échardonnage, certains chardons étant rares ou protégés. Dans l’Allier, par exemple, un arrêté préfectoral de mars 2021 a rendu obligatoire la destruction du chardon des champs et du chardon lancéolé dans de nombreuses communes, pour la seule année 2021.
Le chardon-Marie est-il une plante médicinale ?
Ses fruits le sont, au sens réglementaire. Dans une monographie adoptée en 2018, l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît le fruit de Silybum marianum comme médicament traditionnel à base de plantes, sur la seule base de l’ancienneté de son usage, pour soulager des troubles digestifs et soutenir la fonction hépatique, une fois qu’un médecin a écarté une maladie grave. Elle déconseille son usage avant 18 ans. Ce cadre vise des préparations autorisées, non la plante cueillie : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Peut-on cueillir tous les chardons ?
Non. L’arrêté du 20 janvier 1982 sur les espèces végétales protégées inscrit en annexe I plusieurs panicauts, dont le panicaut des Alpes, ainsi que le cirse des montagnes (Cirsium montanum) : il est interdit en tout temps, en France métropolitaine, de détruire, de cueillir ou de vendre ces plantes sauvages. L’arrêté du 13 octobre 1989 permet en outre aux préfets de réglementer la récolte de la carline acaule, de la carline à feuilles d’acanthe et du panicaut de mer. Avant de couper une carline pour un bouquet sec, consultez les règles de votre département.
Pourquoi le chardon est-il l’emblème de l’Écosse et de la Lorraine ?
Pour l’Écosse, le site de la famille royale britannique présente l’ordre du Chardon comme le plus haut ordre de chevalerie du pays, avec seize chevaliers et dames. Sa date de fondation reste inconnue, mais Jacques VII (Jacques II d’Angleterre) lui a donné ses statuts en 1687. Sa devise, Nemo me impune lacessit, signifie « nul ne me blesse impunément ».
En Lorraine, le chardon figure dans le blason de Nancy, note le CNRTL. Dans les archives municipales, une médaille de 1862 associe les armes de la ville à la devise Non inultus premor, rendue en français par « on ne me touche pas impunément » ou par « Qui s’y frotte s’y pique ».
Un chardon violet accompagne aussi une statuette de couple dans une autre image de Fabrice Courtadon, dont nous proposons une lecture symbolique dans « Quand l’amour devient constellation ».
Où retrouver ces chardons en tableau ?
Les quatre images sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond, en finition mate. La photographie « La beauté indomptée », prise en Auvergne selon sa fiche, appartient à la collection macro et animaux. Les deux chardons en bouton sur fond vert se prêtent à un pan de mur étroit, comme les autres tableaux verticaux ; « Entre piquant et douceur » convient plutôt à un mur large, comme les tableaux horizontaux. Enfin, « La beauté du temps » fait partie des regards singuliers et s’accorde avec des tableaux en noir et blanc.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un chardon et un cirse ?
Il faut regarder l’aigrette du fruit : ses soies sont plumeuses chez les cirses (Cirsium), lisses ou denticulées chez les chardons au sens strict (Carduus).
Le chardon bleu est-il un vrai chardon ?
Non. Le chardon bleu des Alpes est un panicaut (Eryngium alpinum), de la famille des Apiacées, protégé sur tout le territoire métropolitain.
Pourquoi l’oiseau s’appelle-t-il chardonneret ?
Son nom dérive de « chardon », selon le CNRTL. La LPO précise qu’il recherche en priorité les petites graines des composées, dont celles des chardons.
Faut-il détruire les chardons de son terrain ?
Cela dépend du département : un arrêté préfectoral peut rendre obligatoire la lutte contre le chardon des champs, comme dans l’Allier en 2021. Identifiez d’abord l’espèce, car certains chardons sont protégés.
Quelle est la devise de l’ordre du Chardon ?
Nemo me impune lacessit, « nul ne me blesse impunément », selon le site de la famille royale britannique.
Murs d’Art
Des œuvres à accrocher
La beauté indomptéechardon en fleurdès 45 €40,50 €
Deux chardons en bouton sur fond vertchardons en boutondès 50 €45 €
Entre piquant et douceurchardon violet en boutondès 50 €45 €
La beauté du tempschardon séché en noir et blancdès 50 €45 €
Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres
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