Deux amanites tue-mouches, tableau amanites tue-mouches rouges, photographie de Fabrice Courtadon

L’amanite tue-mouches : reconnaître, où la voir, pourquoi elle est toxique

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon21 octobre 20268 min de lecture

L’amanite tue-mouches (Amanita muscaria) se reconnaît à son chapeau rouge vif à orangé semé de verrues blanches, à ses lames et à son pied blancs, à son anneau pendant et au bulbe qui renfle la base du pied. Elle vit associée aux racines des arbres, surtout des bouleaux et des conifères, et se montre de la fin de l’été au début de l’hiver. C’est un champignon toxique : ses substances, l’acide iboténique et le muscimol, provoquent une intoxication surtout neuropsychique.

En bref

  • Nom scientifique Amanita muscaria (L.) Lam., 1783, famille des Amanitacées, aussi appelée fausse oronge ; présente en France métropolitaine (TAXREF, Muséum national d’Histoire naturelle).
  • Chapeau orangé à rouge feu, dépassant parfois 20 cm ; ses verrues blanches sont des restes du voile général, parfois éliminés par la pluie (Pharmacopée française, ANSM).
  • Champignon ectomycorhizien, visible d’août à novembre sous les bouleaux, les pins et les épicéas (Wildlife Trusts, Royaume-Uni).
  • Elle provoque le syndrome dit panthérinien, surtout neuropsychique, et il n’existe pas d’antidote (Anses ; Centre Antipoisons belge).
  • Depuis le 11 juillet 2026, le muscimole et l’acide iboténique sont interdits à la production, à la vente et à l’usage en France (ANSM).
Deux amanites tue-mouches, tableau amanites tue-mouches rouges, photographie de Fabrice Courtadon
Deux amanites tue-mouches dans un sous-bois, chapeaux rouge vif semés de flocons blancs, pieds blancs dans la mousse« Deux amanites tue-mouches » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment reconnaître l’amanite tue-mouches ?

La Pharmacopée française, publiée par l’ANSM, la décrit précisément. Le chapeau, sphérique chez le jeune champignon, devient hémisphérique puis s’étale, et dépasse parfois 20 cm de diamètre. Sa couleur va de l’orangé au rouge feu.

Le jeune champignon sort de terre enveloppé dans une membrane, le voile général ; en se déchirant, ce voile laisse sur le chapeau des verrues blanches à jaune-gris, que la pluie élimine parfois. Après une averse, le chapeau peut donc être presque lisse.

Les lames sont blanches, parfois teintées de jaune pâle, serrées et libres : elles ne touchent pas le pied. Le pied, blanc et presque cylindrique, peut atteindre 25 cm de haut. Aux deux tiers de sa hauteur, il porte un grand anneau membraneux et pendant ; à sa base, un bulbe ovoïde est orné de bourrelets verruqueux concentriques.

Sur la photographie de Fabrice Courtadon, prise dans un sous-bois d’Auvergne, la grande amanite montre bien ces flocons blancs dispersés sur le rouge ; la plus petite, devant elle, garde un chapeau encore bombé.

Où et quand pousse l’amanite tue-mouches ?

Elle forme des ectomycorhizes : son mycélium s’associe aux racines de certains arbres, et c’est sous ces arbres qu’on la trouve. Les Wildlife Trusts britanniques la décrivent dans les bois, les parcs et les landes où les arbres sont épars, le plus souvent sous les bouleaux, les pins et les épicéas. Le guide des champignons de Naturalis, le centre de biodiversité néerlandais, cite aussi le chêne, le tilleul, le sapin et le hêtre, que notre article sur le hêtre et ses faînes aide à reconnaître ; notre guide de la hêtraie d’Auvergne montre ces forêts en images.

Côté saison, les Wildlife Trusts donnent une période d’août à novembre, de la fin de l’été au début de l’hiver. Et la saison froide ne vide pas les bois : Fabrice Courtadon a raconté une sortie dans une forêt d’Auvergne en hiver, riche en champignons.

Avec quels champignons peut-on la confondre ?

Ce passage n’est pas un guide de cueillette : il explique pourquoi des erreurs se produisent. Dans le bilan de l’Anses sur les intoxications par des champignons du second semestre 2022, l’amanite tue-mouches figure parmi les espèces toxiques le plus souvent retrouvées dans les cueillettes examinées par un mycologue. Le même rapport relève deux confusions précises : des cueilleurs qui cherchaient des oronges, c’est-à-dire des amanites des Césars, et d’autres qui cherchaient des cèpes, avaient rapporté des amanites tue-mouches.

  • L’amanite des Césars (Amanita caesarea) est comestible selon la liste de la Société mycologique de France. Son chapeau orangé peut ressembler à celui d’une amanite tue-mouches dont la pluie a effacé les verrues, d’où le danger.
  • L’amanite panthère (Amanita pantherina) est toxique et provoque la même intoxication, à laquelle elle a donné son nom. L’Anses l’a retrouvée chez des cueilleurs qui croyaient ramasser des coulemelles.

L’Anses le rappelle : ne ramassez que les espèces que vous connaissez parfaitement, ne vous fiez pas à une application de reconnaissance sur smartphone et, au moindre doute, faites examiner toute la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie.

Bolets dans la mousse, tableau bolets dans la mousse, photographie de Fabrice Courtadon
Trois bolets aux chapeaux bruns dans une mousse vert vif, de petits champignons orangés et des rameaux de conifère« Bolets dans la mousse » en tableau, dès 50 € 45 €

Ces trois champignons photographiés en Auvergne ne sont pas des amanites mais des bolets, le groupe auquel appartiennent les cèpes : chapeau brun, ni anneau ni verrues blanches. Fabrice Courtadon raconte aussi une matinée dans un bois de mousse où poussent cèpes et girolles.

Pourquoi l’amanite tue-mouches est-elle toxique ?

Elle contient de l’acide iboténique, du muscimol et de la muscazone, indique le Centre Antipoisons belge. Ces substances agissent sur le cerveau et provoquent le syndrome panthérinien, aussi appelé myco-atropinien. L’Anses le décrit comme surtout neuropsychique et l’attribue à plusieurs amanites, dont la tue-mouches et la panthère.

Selon le Centre Antipoisons belge, les symptômes apparaissent 30 minutes à trois heures après l’ingestion. Une première phase d’excitation associe troubles du comportement, euphorie ou colère, agitation, désorientation, délire et hallucinations ; elle est suivie d’un sommeil profond, de torpeur, voire d’un coma dans les cas graves. Des nausées, des vomissements ou des diarrhées peuvent s’y ajouter. Il n’existe pas d’antidote. Dans le bilan de l’Anses du second semestre 2022, le syndrome panthérinien représentait 21,6 % des 37 cas graves recensés.

Que dit l’ANSM des bonbons au muscimol ?

Le 3 juillet 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé dans son communiqué sur le muscimole et l’acide iboténique que ces deux substances, présentes notamment dans l’amanite tue-mouches, seraient interdites à la production, à la vente et à l’usage en France à partir du 11 juillet 2026, par leur classement parmi les psychotropes. L’agence avait reçu plusieurs signalements d’intoxications graves après la consommation de bonbons de type gummies ou de chocolat, certaines ayant demandé une hospitalisation en réanimation. Elle cite des vomissements parfois sévères, une accélération du rythme cardiaque, des convulsions ou un coma, avec des symptômes qui apparaissent entre 30 minutes et 2 heures et peuvent durer plusieurs jours.

En Allemagne, l’Institut fédéral d’évaluation des risques (BfR) notait en juin 2025 que les gommes au muscimol s’achetaient surtout dans des boutiques en ligne, et que les enfants risquaient de les prendre pour des bonbons.

Que faire en cas d’ingestion ?

N’attendez pas que les signes s’aggravent. L’Anses demande d’appeler immédiatement un centre antipoison en cas de symptômes après avoir mangé des champignons cueillis (diarrhées, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue), en précisant cette consommation. Le numéro donné par l’Anses et l’ANSM est le 01 45 42 59 59, joignable jour et nuit. En cas de détresse vitale, perte de connaissance ou gêne respiratoire, appelez le 15 ou le 112.

L’Anses conseille aussi de noter l’heure des derniers repas et des premiers signes, et de garder les restes de la cueillette pour l’identification. Toutes espèces confondues, rappelle-t-elle, le délai d’apparition est le plus souvent de quelques heures mais peut dépasser 12 heures.

D’où vient le nom « tue-mouches » ?

Il viendrait d’un usage ancien contre les mouches, que rappelle aussi l’épithète latine muscaria. Une étude publiée en 2016 dans le Journal of Ethnopharmacology a recueilli auprès d’habitants de Slovénie neuf recettes traditionnelles destinées à attraper les mouches avec ce champignon ; la tradition était connue dans les collines de Gorjanci, et aucun usage actuel n’a été rapporté. Son allure en a fait aussi, pour les Wildlife Trusts, le champignon classique des contes.

Amanites et plume en noir et blanc, tableau amanites tue-mouches et plume, photographie de Fabrice Courtadon
Forêt en noir et blanc : deux amanites gardent leur rouge, une plume grise plantée dans la mousse« Amanites et plume en noir et blanc » en tableau, dès 50 € 45 €

Où retrouver ces amanites en tableau ?

Parmi les photographies en vente, deux seulement montrent l’amanite tue-mouches ; elles sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat et rangées dans la collection regards singuliers. Le tableau des deux amanites rouges en sous-bois, en format vertical, convient à un pan de mur étroit, comme nos tableaux verticaux, et son rouge franc rejoint celui des tableaux rouges. Les amanites et la plume en couleur sélective plairont à qui aime les tableaux en noir et blanc ; leur fiche les destine à une chambre ou à un bureau, à comparer avec nos tableaux pour la chambre. Les bolets dans la mousse prolongent la promenade, avec les tableaux d’automne. Pour rester en sous-bois, lisez notre article sur les fougères.

Questions fréquentes

L’amanite tue-mouches est-elle mortelle ?

Elle est toxique et peut provoquer des formes graves, jusqu’au coma selon le Centre Antipoisons belge, et il n’existe pas d’antidote. Au second semestre 2022, le syndrome panthérinien qu’elle provoque représentait 21,6 % des intoxications graves par des champignons, selon l’Anses. Ne la consommez jamais, sous aucune forme.

Quand voit-on des amanites tue-mouches ?

De la fin de l’été au début de l’hiver. Les Wildlife Trusts britanniques indiquent une période d’août à novembre, sous les bouleaux, les pins et les épicéas.

Quels sont les symptômes d’une intoxication par l’amanite tue-mouches ?

Selon le Centre Antipoisons belge, ils apparaissent 30 minutes à trois heures après l’ingestion : agitation, délire ou hallucinations, puis un sommeil profond pouvant aller jusqu’au coma. Appelez un centre antipoison, ou le 15 en cas de détresse vitale.

Pourquoi la confond-on avec l’amanite des Césars ?

Parce que leurs chapeaux peuvent avoir la même teinte orangée et que la pluie efface parfois les verrues blanches de l’amanite tue-mouches. L’Anses a relevé des cueilleurs qui pensaient ramasser des oronges et avaient cueilli des amanites tue-mouches. En cas de doute, faites examiner toute la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie.

Les produits à base d’amanite tue-mouches sont-ils autorisés en France ?

Leurs substances actives ne le sont plus : depuis le 11 juillet 2026, le muscimole et l’acide iboténique sont classés parmi les psychotropes, ce qui interdit leur production, leur vente et leur usage en France, a annoncé l’ANSM après des intoxications graves liées à des bonbons et à du chocolat.

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