Ancolie bleue dans la nuit, tableau ancolie bleue sur fond noir, photographie de Fabrice Courtadon

L’ancolie : reconnaître la fleur à éperons, sa floraison et sa toxicité

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon21 octobre 20268 min de lecture

L’ancolie est une plante herbacée vivace de la famille des Renonculacées, du genre Aquilegia, que l’on reconnaît à ses fleurs dont les cinq pétales se prolongent en éperons recourbés, entre cinq sépales de même couleur. En France, l’ancolie commune (Aquilegia vulgaris) fleurit de mai à juillet dans les bois et les prés ombragés. Aucune source officielle française consultée ne traite de sa toxicité : ne la consommez pas, et appelez un centre antipoison en cas d’ingestion.

En bref

  • Aquilegia vulgaris L., 1753, famille des Renonculacées, aussi nommée ancolie vulgaire ou clochette (INPN).
  • Tige de 30 cm à 1 m, fleurs bleues, rarement roses ou blanches, éperon recourbé en crochet, floraison de mai à juillet (flore de Coste, Tela Botanica).
  • Le genre compte 130 espèces acceptées et 8 hybrides nommés, des régions tempérées de l’hémisphère Nord jusqu’au Guatemala (liste mondiale WCVP de Kew).
  • Trois ancolies sauvages sont protégées sur tout le territoire métropolitain : l’ancolie des Alpes, l’ancolie de Bertoloni et l’ancolie des Causses (arrêté du 20 janvier 1982).
  • Elle ne figure ni dans les fiches de l’Anses sur les plantes toxiques en cas d’ingestion, ni dans les listes de l’ASPCA pour les animaux (Anses, 2021 ; ASPCA).
Ancolie bleue dans la nuit, tableau ancolie bleue sur fond noir, photographie de Fabrice Courtadon
Sur un fond presque noir, une ancolie restée bleue, éperons recourbés et étamines visibles, devant des fleurs grises« Ancolie bleue dans la nuit » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Comment reconnaître une ancolie ?

Par sa fleur, que le Dictionnaire de l’Académie française décrit garnie de cinq pétales en cornets recourbés, alternant avec des sépales de même couleur. Chaque pétale se prolonge vers l’arrière en un éperon creux qui contient le nectar. Chez l’ancolie commune, précise la flore de Coste, l’éperon recourbé en crochet égale la lame du pétale ou reste plus court, et les étamines dépassent un peu cette lame.

Sur cette photographie de Fabrice Courtadon, les éperons se dressent au-dessus de la fleur bleue et se recourbent à leur extrémité ; le faisceau des étamines pend au centre.

Selon Coste, la tige, pubescente, mesure de 30 cm à 1 m. Les feuilles du bas, longuement pétiolées, sont deux fois divisées en trois, à folioles larges de 3 à 4 cm ; celles du haut sont sessiles. Les fleurs forment une panicule lâche, puis laissent de grands fruits secs et ventrus, les follicules.

D’où vient le nom ancolie ?

Le Trésor de la langue française (CNRTL) relève le mot dès 1325 et le fait venir du bas latin aquileia. Deux origines sont proposées : aquilegus, « qui rassemble l’eau », à cause des cavités de la fleur qui recueillent l’eau, ou aquila, l’aigle, à cause de l’éperon en crochet. Le « an » nasal du début viendrait d’un rapprochement avec « mélancolie », dont l’ancolie était le symbole au XVe siècle ; en poésie, elle reste un symbole de tristesse. Le dictionnaire cite aussi d’autres noms : aiglantine, colombine, gants de Notre-Dame. D’autres fleurs ont leur sens dans le langage des fleurs.

Quand fleurit l’ancolie, et où la voir en France ?

À l’état sauvage, l’ancolie commune fleurit de mai à juillet, selon Coste ; au jardin, la Royal Horticultural Society (RHS) situe la floraison en mai et en juin. Coste la signale dans les bois et les prés ombragés de presque toute la France, ainsi que dans presque toute l’Europe, en Sibérie et en Inde ; la liste mondiale des plantes vasculaires de Kew (WCVP) limite son aire d’origine à l’Europe.

La base écologique baseflor, publiée sur la fiche Tela Botanica de l’ancolie commune, la range parmi les plantes des ourlets, ces lisières herbacées, sur des sols basiques, au pH de 7 à 7,5, et la dit adaptée à la mi-ombre. L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) la classe en « préoccupation mineure » sur la liste rouge de la flore de France métropolitaine comme sur celle d’Auvergne. Elle est pourtant protégée dans l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais, par un arrêté du 1er avril 1991.

Combien existe-t-il d’espèces d’ancolies, et lesquelles sont protégées ?

Le WCVP de Kew accepte 130 espèces d’Aquilegia, plus 8 hybrides qui portent un nom, réparties des régions tempérées de l’hémisphère Nord jusqu’au Guatemala. La France en compte plusieurs, dont l’ancolie noirâtre et l’ancolie des Pyrénées (Tela Botanica). Coste décrit aussi :

  • l’ancolie des Alpes (Aquilegia alpina), aux très grandes fleurs d’un bleu vif, des pâturages et des bois alpins, jusqu’au mont Ventoux, en fleur en juillet et en août ;
  • l’ancolie de Reuter (Aquilegia reuteri), des bois et des rochers des Alpes du Sud, du Var et du Vaucluse ;
  • l’ancolie de Bernard (Aquilegia bernardi), des bois et des rochers des hautes montagnes de la Corse, « espèce spéciale à cette île ».

L’arrêté du 20 janvier 1982 sur les espèces végétales protégées, version consolidée, inscrit trois ancolies à son annexe I : l’ancolie des Alpes, l’ancolie de Bertoloni (Aquilegia bertolonii) et l’ancolie des Causses (Aquilegia viscosa). Il interdit en tout temps de détruire, d’arracher, de cueillir, de colporter, de vendre ou d’acheter leurs spécimens sauvages.

L’INPN rattache l’ancolie de Bertoloni de l’arrêté à l’ancolie de Reuter, et classe l’ancolie des Causses « quasi menacée » sur la liste rouge nationale. L’ancolie de Bernard ne figure pas dans la liste. Le même arrêté protège plusieurs panicauts et le cirse des montagnes, présentés dans notre article sur les chardons.

Qui pollinise l’ancolie, et à quoi servent ses éperons ?

Ses fleurs sont pollinisées par les insectes, et leurs étamines mûrissent avant le pistil (baseflor). La RHS la présente comme une excellente plante à nectar pour les bourdons. À propos de l’ancolie bleue des Rocheuses (Aquilegia caerulea), le Service des parcs nationaux des États-Unis explique que les bourdons et les colibris qui boivent le nectar des éperons transportent le pollen d’une plante à l’autre ; certains insectes à la langue trop courte percent un trou à l’arrière de l’éperon et volent le nectar sans assurer la fécondation.

En 2007, dans la revue Nature, J. B. Whittall et S. A. Hodges ont montré, sur l’arbre de parenté des Aquilegia, que les éperons se sont allongés à mesure que les ancolies passaient à des pollinisateurs à langue plus longue, surtout lors de l’apparition de nouvelles espèces.

Pour mieux connaître ces visiteurs, lisez notre article sur les abeilles et les pollinisateurs ; pour les photographier, notre guide de la photographie macro des insectes et des fleurs.

Comment cultiver l’ancolie au jardin ?

Le guide de culture des ancolies de la Royal Horticultural Society résume l’essentiel :

  • Exposition : le soleil ou la mi-ombre.
  • Sol : riche et frais mais bien drainé, ni trop humide ni trop sec.
  • Semis : des graines fraîches au printemps ou au début de l’été, parfois après un passage au froid humide ; la floraison peut attendre deux ans.
  • Après la floraison : rabattre les tiges évite les semis spontanés et rafraîchit le feuillage.
  • Ennemis : le mildiou de l’ancolie, la cécidomyie de l’ancolie, la tenthrède de l’ancolie et l’oïdium.

Les ancolies vivent peu, une ou deux saisons, mais se ressèment seules si l’on ne coupe pas les fleurs fanées. Comme elles s’hybrident très facilement, les jeunes plants ressemblent rarement à leurs parents ; pour garder une variété, la RHS conseille de bouturer des pousses de la base au début de l’été. Si Coste décrit des fleurs sauvages bleues, rarement roses ou blanches, les ancolies cultivées offrent, selon la RHS, une large gamme de couleurs.

Deux ancolies roses sur fond noir, tableau ancolies roses sur fond noir, photographie de Fabrice Courtadon
Deux ancolies roses pendantes, l’une au-dessus de l’autre, éperons recourbés vers le haut, un bouton à gauche« Deux ancolies roses sur fond noir » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Sur cette autre image de Fabrice Courtadon, le rose est la seule couleur conservée : les tiges et les feuilles sont restées grises sur le fond noir.

L’ancolie est-elle toxique ?

Nous n’avons trouvé aucune source officielle française qui traite de l’ancolie. Les fiches de l’Anses sur les plantes toxiques en cas d’ingestion (2021) ne la citent pas, alors qu’elles retiennent deux autres Renonculacées, l’aconit et la dauphinelle, ainsi que le lupin et ses graines. La liste allemande des plantes pouvant causer des intoxications moyennes à graves, publiée en 2021 par l’Institut fédéral d’évaluation des risques (BfR), ne la mentionne pas non plus, contrairement à l’aconit, au pied-d’alouette et à l’hellébore. L’ASPCA, la société américaine de protection des animaux, ne la recense dans aucune de ses listes de plantes pour les chiens, les chats et les chevaux.

Beaucoup de sites de jardinage la disent pourtant toxique. Faute de source officielle, nous ne tranchons pas, et cette absence ne prouve en rien son innocuité : ne consommez aucune partie de la plante et, en cas d’ingestion, appelez un centre antipoison, ou le 15 si les signes sont graves ; pour un animal, appelez votre vétérinaire.

Où retrouver ces ancolies en tableau ?

Parmi les photographies en vente, deux seulement montrent des ancolies. Toutes deux isolent une seule couleur sur fond noir, dans la collection fleurs, imprimée à la demande sur aluminium Dibond mat. L’ancolie bleue dans la nuit, en format paysage, figure parmi nos tableaux bleus ; sa fiche la verrait dans une chambre claire, comme nos tableaux pour la chambre. Les deux ancolies roses, en format vertical, figurent parmi nos tableaux roses et conviennent à un pan de mur étroit, comme les tableaux verticaux. Leur fiche suggère de les associer à l’ancolie bleue, et leurs fonds sombres plairont à qui aime les tableaux en noir et blanc.

Questions fréquentes

L’ancolie est-elle toxique ?

Ni l’Anses ni l’ASPCA ne la citent dans leurs listes, ce qui ne prouve pas son innocuité. Ne la consommez pas et, en cas d’ingestion, appelez un centre antipoison ou le 15.

Quand fleurit l’ancolie ?

De mai à juillet à l’état sauvage, selon la flore de Coste, et en mai et juin au jardin, selon la RHS.

Peut-on cueillir des ancolies sauvages ?

Pas toutes. L’ancolie des Alpes, l’ancolie de Bertoloni et l’ancolie des Causses sont protégées sur tout le territoire métropolitain par l’arrêté du 20 janvier 1982, et l’ancolie commune l’est dans l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais.

L’ancolie est-elle vivace ?

Oui, mais elle vit peu, une ou deux saisons selon la RHS, et se maintient grâce à ses semis spontanés.

Pourquoi mes ancolies changent-elles de couleur ?

Parce qu’elles s’hybrident très facilement : selon la RHS, leurs semis spontanés ressemblent rarement aux parents.

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