La couleur de la biodiversité, tableau prairie de marguerites, photographie de Fabrice Courtadon

Marguerite ou pâquerette : comment distinguer ces deux fleurs blanches

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon12 octobre 20268 min de lecture

La pâquerette (Bellis perennis) est une petite fleur de pelouse : sa tige nue dépasse rarement 15 cm, ses feuilles forment une rosette au ras du sol et elle fleurit de mars à novembre. La marguerite commune (Leucanthemum vulgare) est une plante de prairie haute de 20 à 80 cm, aux feuilles dentées le long de la tige, qui fleurit de mai à août avec une « fleur » nettement plus large. Pour les départager d’un coup d’œil, regardez la tige : nue chez la pâquerette, feuillée chez la marguerite.

En bref

  • Pâquerette, Bellis perennis : tige nue de 5 à 15 cm, feuilles toutes en rosette, capitule d’environ 2 cm, floraison de mars à novembre (flore de Coste, Tela Botanica).
  • Marguerite commune, Leucanthemum vulgare : plante vivace de 20 à 80 cm, feuilles dentées ou lobées sur la tige, floraison de mai à août (Tela Botanica).
  • Toutes deux sont des Astéracées : chaque « fleur » est un capitule qui réunit de nombreuses petites fleurs sur un même réceptacle.
  • Matricaires et anthémis, souvent prises pour des marguerites, ont des feuilles très finement découpées, en lanières presque filiformes.
La couleur de la biodiversité, tableau prairie de marguerites, photographie de Fabrice Courtadon
Des marguerites et quelques boutons d’or dressés dans l’herbe haute d’un pré d’Auvergne« La couleur de la biodiversité » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment reconnaître une pâquerette d’une marguerite ?

Les deux fleurs ont le même dessin : un cœur jaune entouré de « pétales » blancs. C’est pourquoi on les confond, et c’est aussi pourquoi la corolle seule ne suffit pas. Trois indices tranchent presque toujours : la hauteur de la plante, la place des feuilles et la saison.

Critère Pâquerette Marguerite commune
Nom latin Bellis perennis Leucanthemum vulgare
Hauteur 5 à 15 cm environ 20 à 80 cm
Taille de la « fleur » environ 2 cm de 2,5 à 6 cm environ
Feuilles toutes en rosette au ras du sol, en forme de spatule dentées ou lobées ; celles de la tige sont sans pétiole et l’embrassent à demi
Tige nue, un seul capitule au sommet dressée, feuillée
Floraison mars à novembre mai à août
Où la voir pelouses, prés, bords des chemins prairies, lieux herbeux, champs

La pâquerette se plaît dans les pelouses tondues : sa rosette plaquée au sol supporte le piétinement et le passage de la tondeuse, et sa hampe florale repousse vite. La marguerite, elle, a besoin qu’on laisse l’herbe monter ; c’est une fleur de prairie et de talus. Si vous trouvez une « marguerite » de quelques centimètres au milieu d’un gazon en mars, c’est presque toujours une pâquerette.

Leurs noms racontent aussi quelque chose. Bellis viendrait du latin bellus, « joli », et perennis signifie vivace. Le mot pâquerette est souvent rattaché à Pâques, mais l’explication reste douteuse puisque la plante fleurit presque toute l’année ; une autre piste le fait venir de l’ancien français pasquier, le pâturage.

Pourquoi dit-on qu’une marguerite n’est pas une fleur ?

Parce que ce que l’on prend pour une fleur est un capitule : une inflorescence, c’est-à-dire un groupe de fleurs sans pédoncule serrées sur un même réceptacle. C’est le trait commun de toute la famille des Astéracées, autrefois appelée Composées.

  • Au bord, chaque « pétale » blanc est en réalité une fleur entière, dite ligulée : elle porte une languette allongée, la ligule, qui imite un pétale.
  • Au centre, le disque jaune est fait de petites fleurs tubulées, chacune formant un tube terminé par cinq lobes.
  • Dessous, une collerette de bractées, l’involucre, entoure et protège l’ensemble. On la prend souvent pour un calice.

Chez la marguerite commune, les bractées de l’involucre sont bordées de brun ; dans les montagnes, la flore de Coste signale une forme dont elles sont bordées de noir. Retourner la fleur est donc un bon réflexe d’observation. Sur cette marguerite du Cap photographiée par-dessous, l’involucre vert forme le centre de l’image, comme une étoile qui retient les ligules.

L’envers révèle les fondations du vivant, tableau marguerite du Cap vue de dos, photographie de Fabrice Courtadon
Une marguerite du Cap vue par-dessous : l’involucre vert au centre des ligules mauves« L’envers révèle les fondations du vivant » en tableau, dès 50 € 45 €

La pâquerette suit le même plan : un capitule solitaire, des fleurs du centre jaunes et tubulées, des ligules blanches ou teintées de pourpre au pourtour. Son capitule se referme la nuit, et parfois pendant une averse ou juste avant, ce qui lui valait à la campagne une réputation de baromètre. Sur la photo ci-dessous, Fabrice Courtadon a passé l’image en noir et blanc pour ne garder que le rose de l’une des deux pâquerettes.

Deux pâquerettes, l’une bordée de rose, tableau pâquerettes, couleur sélective, photographie de Fabrice Courtadon
Deux pâquerettes côte à côte, l’une aux pétales bordés de rose, l’autre restée blanche« Deux pâquerettes, l’une bordée de rose » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Le tournesol est un capitule lui aussi, simplement bâti sur un réceptacle beaucoup plus développé. Vous retrouverez ses grandes têtes jaunes dans la sélection de tableaux tournesol.

Quelles autres fleurs blanches confond-on avec la marguerite ?

Une règle simple écarte la plupart des confusions : la marguerite a des feuilles dentées ou lobées, jamais découpées en fines lanières. Si le feuillage ressemble à de l’aneth, vous avez affaire à une autre plante.

La matricaire camomille

Matricaria chamomilla est une plante annuelle de 20 à 50 cm, aux feuilles finement découpées en segments presque filiformes. Trois détails la trahissent : son cœur jaune se bombe en cône, ses ligules blanches se rabattent vers le bas peu après l’ouverture, et la plante dégage une forte odeur de camomille quand on la froisse. Elle fleurit de mai à novembre.

La matricaire inodore

Tripleurospermum inodorum lui ressemble, avec des capitules de 2 à 3 cm et des feuilles découpées en segments linéaires, mais elle est presque sans odeur et son réceptacle est plein. Annuelle, elle pousse dans les champs et les terrains incultes et fleurit de mai à septembre.

L’anthémis des champs

Anthemis arvensis, appelée aussi fausse camomille, est une annuelle velue de 10 à 50 cm, aux feuilles très découpées. Son réceptacle conique porte de petites écailles entre les fleurs du centre, ce que la matricaire camomille n’a pas. Elle fleurit de juin à septembre, dans les champs, les sables et les rochers.

Le cosmos blanc

Au jardin, le cosmos (Cosmos bipinnatus) existe en variétés à ligules blanches. Il vient du Mexique et d’Amérique centrale, monte de 60 à 120 cm et se reconnaît à son feuillage découpé en segments filiformes, très différent de celui de la marguerite. C’est une plante annuelle, semée pour les massifs.

La marguerite du Cap

Malgré son nom, la marguerite du Cap n’est pas une marguerite : elle appartient au genre Osteospermum, originaire d’Afrique australe et orientale et de la péninsule Arabique. Son cœur est souvent bleu, violet ou jaune, et ses ligules prennent des teintes que la marguerite des prés n’a jamais, du mauve à l’orange. La plupart des variétés vendues en jardinerie sont cultivées comme des annuelles. Fabrice Courtadon l’a beaucoup photographiée, y compris de dos, une démarche qu’il raconte dans son article sur les Osteospermum vus de l’envers.

La beauté complète inclut l’invisible, tableau marguerites du Cap blanche et violette, photographie de Fabrice Courtadon
Une marguerite du Cap blanche au cœur violet, à côté d’une fleur mauve qui tourne le dos« La beauté complète inclut l’invisible » en tableau, dès 50 € 45 €

Les variétés colorées lèvent tout doute : aucune marguerite sauvage ne porte ces dégradés de rose, d’orange et de violet.

Où voir des marguerites et des pâquerettes ?

La pâquerette est partout où l’herbe reste courte : pelouses, prés pâturés, bords de chemins, parcs urbains. Elle fleurit presque toute l’année, et il n’est pas rare d’en croiser quelques-unes au cœur de l’hiver.

La marguerite commune demande une prairie que l’on ne fauche pas trop tôt. Elle pousse dans toute la France, dans les prés, les lieux herbeux, les talus et au bord des champs. En mai et en juin, les prairies de fauche et les bords de routes de campagne en sont parfois constellés, souvent avec des boutons d’or, comme sur la photo du début de cet article prise par Fabrice Courtadon en Auvergne.

Petites marguerites en noir et blanc, tableau marguerites en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Une touffe de petites marguerites aux tiges fines, en noir et blanc, devant une bande de lumière« Petites marguerites en noir et blanc » en tableau, dès 150 € 135 €

Pour mettre un nom sur une fleur blanche, deux ressources publiques font référence. La fiche de la marguerite commune sur Tela Botanica reprend la description de la flore de Coste, l’écologie et la floraison ; la fiche de la pâquerette dans l’Inventaire national du patrimoine naturel, tenu par le Muséum national d’Histoire naturelle, donne sa classification et sa répartition en France. La fiche de la pâquerette sur Tela Botanica complète la comparaison.

Sur le terrain, photographiez la plante entière en plus de la fleur : la rosette, la tige et une feuille suffisent ensuite à l’identifier. Pour les gros plans, notre guide de la photographie macro des insectes et des fleurs explique comment travailler de très près, et Fabrice Courtadon raconte sa manière de photographier les fleurs sauvages allongé dans l’herbe.

Où retrouver ces fleurs blanches en tableau ?

Les marguerites, les pâquerettes et les marguerites du Cap de Fabrice Courtadon sont réunies dans la collection fleurs, imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat. La prairie de marguerites du début de l’article appartient à la série des regards singuliers, et sa fiche se trouve sous le titre La couleur de la biodiversité.

Le cosmos blanc, autre fleur confondue avec la marguerite, a son article : le cosmos.

Dans le langage des fleurs, la pâquerette dit l’innocence : voyez la signification de chaque fleur.

Questions fréquentes

La pâquerette est-elle une petite marguerite ?

Non. Les deux fleurs appartiennent à la même famille, celle des Astéracées, mais à deux genres différents : Bellis pour la pâquerette, Leucanthemum pour la marguerite commune. La pâquerette est une petite plante en rosette, à tige nue ; la marguerite est une plante de prairie, plus haute, aux feuilles portées par la tige.

Pourquoi la pâquerette se referme-t-elle ?

Son capitule se ferme la nuit, et il peut aussi se refermer pendant une averse ou juste avant. Dans les campagnes, on y voyait autrefois un moyen de prévoir la pluie.

La marguerite du Cap est-elle une vraie marguerite ?

Non. La marguerite du Cap appartient au genre Osteospermum, originaire d’Afrique australe et orientale et de la péninsule Arabique. Elle se distingue par son cœur souvent bleu, violet ou jaune, et par des couleurs de ligules que la marguerite des prés n’a pas.

Quand fleurissent la marguerite et la pâquerette ?

La pâquerette fleurit de mars à novembre, et l’on en trouve parfois en hiver. La marguerite commune fleurit de mai à août, dans les prairies et les lieux herbeux.

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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres

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