La couleur de la biodiversité, tableau prairie de marguerites, photographie de Fabrice Courtadon

La marguerite : espèces, floraison, culture et symbolique

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon21 octobre 20267 min de lecture

La marguerite est une fleur de la famille des Astéracées dont la « fleur » est en réalité un capitule : un cœur jaune entouré de ligules blanches. Le nom désigne d’abord la marguerite commune, ou marguerite des prés (Leucanthemum vulgare), une vivace indigène de 20 à 80 cm qui fleurit de mai à août dans les prairies de toute la France. Il s’étend à plusieurs plantes de jardin qui lui ressemblent, de la grande marguerite à la marguerite arbustive et à la marguerite du Cap.

En bref

  • Marguerite commune, Leucanthemum vulgare Lam. : vivace indigène en France, appelée aussi leucanthème commun (TAXREF, Muséum national d’Histoire naturelle).
  • Haute de 20 à 80 cm, elle pousse dans les prairies, les lieux herbeux et les champs, et fleurit de mai à août (Tela Botanica).
  • Le ministère de l’Agriculture la compte parmi les plantes indicatrices des prairies permanentes à flore diversifiée.
  • La grande marguerite des jardins, Leucanthemum × superbum, est un hybride obtenu par Luther Burbank et introduit en 1901.
  • Le mot vient du latin margarita, « perle » (Littré).
La couleur de la biodiversité, tableau prairie de marguerites, photographie de Fabrice Courtadon
Des marguerites et quelques boutons d’or dressés dans l’herbe haute d’un pré, devant un fond bleu et vert« La couleur de la biodiversité » en tableau, dès 50 € 45 €

Quelles fleurs appelle-t-on marguerite ?

Le mot recouvre plusieurs plantes, et les noms changent selon qu’on parle en botaniste ou en jardinier.

  • La marguerite commune (Leucanthemum vulgare), dite aussi marguerite des prés, leucanthème commun ou, dans le Littré, « grande marguerite, ou marguerite de la Saint-Jean ». C’est la fleur blanche des prairies de fauche.
  • La grande marguerite des jardins (Leucanthemum × superbum). Dans les jardineries, le nom de grande marguerite désigne cette plante, plus robuste et à plus grosses fleurs. Le site consacré à son obtenteur, l’horticulteur américain Luther Burbank, raconte qu’elle est née d’un semis de marguerite commune en 1884, croisé ensuite avec trois autres espèces, et qu’elle fut introduite en 1901 sous le nom de Shasta daisy, en hommage au mont Shasta enneigé.
  • La marguerite arbustive (Argyranthemum frutescens), originaire des îles Canaries selon la Royal Horticultural Society. Ce petit arbuste est souvent cultivé en pot.
  • La marguerite du Cap (Osteospermum), venue d’Afrique, aux ligules blanches, mauves, roses ou orangées et au cœur souvent bleu ou violet. Malgré son nom, ce n’est pas une marguerite au sens botanique.
  • La reine-marguerite (Callistephus chinensis), une annuelle des massifs que le Littré dit « apportée de la Chine ».

À cette liste s’ajoute la pâquerette, longtemps appelée « petite marguerite ». Pour distinguer à coup sûr les deux fleurs blanches, et la marguerite des matricaires ou des anthémis, voyez notre article marguerite ou pâquerette : comment distinguer ces deux fleurs blanches, qui détaille les critères de la tige, des feuilles et de la saison.

Au cœur de la nature, tableau marguerites du Cap jaune et violet, photographie de Fabrice Courtadon
Trois marguerites du Cap aux ligules jaunes teintées de violet, sur un fond de verdure sombre« Au cœur de la nature » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment reconnaître la marguerite des prés ?

À son port et à ses feuilles. Tela Botanica la décrit comme une plante vivace de 20 à 80 cm, aux tiges dressées qui portent des feuilles dentées ou lobées. Le capitule mesure plusieurs centimètres : au centre, un disque de minuscules fleurs jaunes en tube ; au pourtour, une couronne de ligules blanches. Retournez-le : une collerette de bractées vertes bordées de brun l’entoure.

Tela Botanica la range parmi les hémicryptophytes : ses bourgeons passent l’hiver au ras du sol, et la plante repart de sa souche au printemps. Le conservatoire botanique Gentiana la dit très rustique, jusqu’à −25 °C.

Quand fleurit la marguerite, et où l’observer ?

De mai à août pour la marguerite des prés. Son vieux nom de marguerite de la Saint-Jean, relevé par le Littré, la rattache au cœur de cette saison. Elle pousse dans toute la France, dans les prairies, les lieux herbeux et les champs, rappelle la fiche de la marguerite commune sur Tela Botanica.

Sa présence en dit long sur un pré. Dans sa liste nationale de 2015, établie notamment à partir du programme DIVA 2 de l’INRA, le ministère de l’Agriculture retient la marguerite parmi les plantes qui signalent une prairie permanente à flore diversifiée. Ces prés fleuris nourrissent de nombreux insectes. La pollinisation de la marguerite est entomogame, c’est-à-dire assurée par les insectes, et la Royal Horticultural Society la classe parmi ses plantes recommandées pour les pollinisateurs et pour les prairies fleuries des jardins.

Les grandes marguerites des jardins fleurissent un peu plus longtemps, du début de l’été au début de l’automne, et la marguerite arbustive prolonge sa floraison quand on supprime les fleurs fanées.

L’instant où l’éclat et le déclin se touchent, tableau marguerite du Cap blanche, photographie de Fabrice Courtadon
Une marguerite du Cap blanche ouverte en éventail au-dessus d’une fleur fanée, retouchée façon aquarelle« L’instant où l’éclat et le déclin se touchent » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment cultiver la marguerite au jardin ?

La marguerite des prés

Le conservatoire Gentiana conseille de la semer en mai ou en juin, en pleine terre, à quelques millimètres de profondeur, au soleil ou à mi-ombre. Laissez quelques capitules monter en graines pour qu’elle puisse se ressemer.

La grande marguerite

La Royal Horticultural Society recommande un emplacement au soleil ou à mi-ombre, dans un sol frais mais bien drainé, et classe la plante comme rustique jusqu’à −10 à −15 °C environ. Divisez les touffes tous les deux ou trois ans, au début du printemps ou à la fin de l’été, et supprimez régulièrement les fleurs fanées pour prolonger la floraison. Les tiges se coupent au ras du sol en hiver. À l’ombre dense, elle fleurit mal.

La marguerite arbustive en pot

Elle ne survit pas au gel, prévient la RHS, qui conseille de prélever des boutures en fin de saison comme assurance pour l’hiver, ou d’hiverner le pot en serre froide. Beaucoup de jardiniers la traitent comme une annuelle. Comme la grande marguerite, elle refleurit mieux si l’on coupe les fleurs fanées.

La marguerite est-elle toxique ?

Elle ne figure pas parmi les plantes que l’Anses signale comme toxiques en cas d’ingestion, mais elle peut irriter la peau des personnes sensibles. Comme beaucoup d’Astéracées, elle contient des lactones sesquiterpéniques, des substances connues pour provoquer des eczémas de contact ; les allergies croisées sont fréquentes dans cette famille. Si vous réagissez à d’autres Astéracées, portez des gants pour la manipuler. Pour les animaux, l’ASPCA, centre antipoison animal américain, classe toxiques pour les chiens et les chats les « daisies » du genre Chrysanthemum ; elle n’a pas de fiche pour Leucanthemum. Dans le doute, mieux vaut éviter qu’un chat mâchonne un bouquet.

D’où vient le nom marguerite, et que symbolise-t-elle ?

Le Littré fait venir le mot du latin margarita, « perle », la fleur ayant été comparée à une perle. Le premier sens du mot est d’ailleurs la perle : on disait « jeter les marguerites devant les pourceaux ». Chez Rutebeuf, au XIIIe siècle, il désigne encore des perles ; chez Froissart, au XVe siècle, la fleur. Le prénom Marguerite vient du même mot latin.

La fleur est surtout celle des amoureux qui hésitent. Le Littré relève l’expression « à la franche marguerite », pour l’amant qui effeuille une marguerite afin de savoir s’il est aimé ; la formule que l’on récite en arrachant les ligules, « un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout », est aujourd’hui la plus connue. Dans le langage des fleurs du XIXe siècle, Charlotte de La Tour attribue à la marguerite des prés le message « J’y songerai », et à la petite marguerite l’innocence : nous comparons ces codes dans notre article sur le langage des fleurs.

Silence et chlorophylle, tableau marguerites du Cap pourpres, photographie de Fabrice Courtadon
Trois marguerites du Cap pourpres qui s’inclinent depuis le bord gauche d’un grand fond blanc« Silence et chlorophylle » en tableau, dès 50 € 45 €

Où retrouver ces marguerites en tableau ?

La prairie de marguerites du début de cet article fait partie des regards singuliers de Fabrice Courtadon ; ses marguerites du Cap, nombreuses, sont réunies dans la collection fleurs, et les versions retouchées façon aquarelle dans les illustrations. Il les a souvent photographiées par l’envers, une démarche qu’il raconte dans les Osteospermum photographiés de dos. Les tons pourpres et mauves rejoignent la sélection de tableaux roses, et pour une chambre, voyez nos tableaux pour la chambre. Toutes sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat.

Questions fréquentes

La marguerite est-elle vivace ?

La marguerite des prés et la grande marguerite des jardins sont des vivaces qui repartent chaque année de leur souche. La marguerite arbustive, en revanche, ne supporte pas le gel : on la cultive le plus souvent comme une annuelle, ou en pot que l’on rentre l’hiver.

Quand semer des marguerites ?

La marguerite des prés se sème en mai et juin, directement en pleine terre, à quelques millimètres de profondeur, au soleil ou à mi-ombre, conseille le conservatoire Gentiana. La grande marguerite se multiplie aussi par division des touffes, au début du printemps ou à la fin de l’été.

Faut-il couper les fleurs fanées des marguerites ?

Oui, pour la grande marguerite comme pour la marguerite arbustive : la Royal Horticultural Society conseille de supprimer régulièrement les fleurs fanées pour prolonger la floraison. Dans une prairie, laissez au contraire quelques têtes monter en graines pour que la plante se ressème.

La marguerite est-elle toxique pour les chats et les chiens ?

Les sources ne visent pas toutes la même plante. L’ASPCA classe toxiques pour les chiens et les chats les « daisies » du genre Chrysanthemum, avec des troubles digestifs possibles. Par prudence, empêchez un animal de mâchonner un bouquet de marguerites et appelez un vétérinaire en cas de symptômes.

D’où vient le mot marguerite ?

Du latin margarita, « perle », selon le Littré : la fleur a été comparée à une perle. Au XIIIe siècle, chez Rutebeuf, le mot désigne encore les perles ; le sens de fleur est attesté chez Froissart au XVe siècle.

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