La coccinelle : espèces, cycle de vie et rôle au jardin
La coccinelle est un petit coléoptère de la famille des Coccinellidae, au corps bombé et aux élytres souvent rouges ou jaunes tachés de noir. On en connaît près de 5 000 espèces dans le monde, et la plupart, larves comme adultes, se nourrissent de pucerons ou d’autres petits insectes, ce qui en fait des alliées précieuses du jardinier. En France, la plus familière est la coccinelle à sept points ; la plus répandue dans les maisons à l’automne est la coccinelle asiatique, une espèce introduite.
En bref
- Famille des Coccinellidae, ordre des coléoptères ; près de 5 000 espèces connues dans le monde (OPIE), de 1 à 10 mm de long (INRAE).
- La coccinelle à sept points mesure 5 à 8 mm : six taches noires sur ses élytres rouges, plus une tache commune à la base, encadrée de blanc (INPN).
- Les deux tiers environ des espèces mangent des pucerons ; d’autres préfèrent les cochenilles, les champignons ou les plantes (INRAE).
- Une larve de coccinelle mange environ 20 à 100 pucerons par jour (OPIE).
- Le nombre de points ne donne pas l’âge : il sert à reconnaître l’espèce (Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence).

Comment reconnaître une coccinelle ?
À sa silhouette d’abord : un petit corps bombé, presque en demi-sphère. Les élytres, ces ailes dures qui protègent les ailes membraneuses, portent le plus souvent un dessin contrasté, rouge et noir ou jaune et noir. L’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) parle d’une livrée d’avertissement, dite aposématique : ces couleurs signalent aux prédateurs un goût désagréable.
Voici les espèces que l’on croise le plus souvent.
La coccinelle à sept points
C’est la « bête à bon Dieu » des livres d’images. La fiche de la coccinelle à sept points dans l’Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum national d’Histoire naturelle) la décrit ainsi : 5 à 8 mm, des élytres rouges portant six taches noires plus ou moins larges, et une septième tache, noire et blanche, partagée par les deux élytres juste derrière le thorax. L’INRAE ajoute deux marques claires, presque blanches, de chaque côté du thorax noir.
La coccinelle à deux points
Comme son nom l’indique, elle porte le plus souvent une tache noire sur chaque élytre. Selon l’INPN, on voit les adultes de mai à septembre, surtout sur les arbres et les buissons, et la larve comme l’adulte se nourrissent de pucerons.
La coccinelle à vingt-deux points
Entièrement jaune citron, elle mesure 3 à 5 mm et porte onze petites taches noires rondes sur chaque élytre (INPN). Elle ne chasse pas les pucerons : l’INRAE la décrit comme mycétophage, c’est-à-dire qu’elle consomme le mycélium des oïdiums, ces champignons blancs qui poudrent les feuilles.
La coccinelle asiatique
Harmonia axyridis mesure environ 7 mm. Sa couleur va du jaune orangé au rouge, avec aussi des individus noirs, et le nombre de ses taches varie de zéro à neuf : plus de 120 formes de coloration ont été décrites, selon l’INRAE. Deux indices aident à la reconnaître : un dessin noir sur le thorax clair, en forme de « M » pour l’INRAE ou de patte de chat pour l’INPN, et une petite bosse transversale au bout des élytres. Introduite en 1982 dans un laboratoire de l’INRA à Antibes pour lutter contre les pucerons, elle a été lâchée dans les cultures à partir de 1990 et vendue aux jardiniers à partir de 1995. Elle s’est depuis installée dans le milieu naturel : l’INPN la classe aujourd’hui comme espèce introduite envahissante en France métropolitaine.

Quel est le cycle de vie d’une coccinelle ?
Comme le papillon, la coccinelle passe par quatre états : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte. Les femelles pondent des paquets d’œufs jaune clair, souvent sous les feuilles des plantes envahies par les pucerons, pour que les larves trouvent à manger dès l’éclosion.
- L’œuf éclot en quelques jours : 5 à 10 jours chez la coccinelle à sept points, selon l’OPIE.
- La larve ne ressemble pas du tout à l’adulte. Allongée et munie de pattes bien visibles, elle évoque un « mini alligator », selon le guide Jardiner autrement. Elle traverse quatre stades et grandit pendant 10 à 40 jours en dévorant des pucerons.
- La nymphe se fixe sur une feuille ou une tige, immobile, pendant 5 à 10 jours.
- L’adulte sort de la nymphe et acquiert ses taches à ce moment-là ; elles ne changeront plus.
En région tempérée, l’OPIE compte une ou deux générations par an, parfois trois, et un cycle complet d’environ un an chez la coccinelle à sept points. C’est presque toujours l’adulte qui passe l’hiver, à l’abri sous les feuilles mortes, dans les murets ou les haies. La coccinelle asiatique, elle, se regroupe par centaines dans les bâtiments, ce qui explique ces rassemblements contre les fenêtres en octobre.
Que mange une coccinelle, et comment se défend-elle ?
Des pucerons, pour la majorité des espèces : selon l’INRAE, environ 65 % des coccinelles sont aphidiphages, 10 % mangent surtout des cochenilles et 8 % des champignons. L’appétit des larves est réel. L’OPIE l’estime à environ 20 à 100 pucerons par jour, et le site Jardiner autrement, de la Société nationale d’horticulture de France, à « jusqu’à une centaine » ; un adulte en consomme plusieurs dizaines. L’adulte de la coccinelle à sept points complète son menu avec du pollen, qui représente selon l’INPN 30 à 50 % de son régime.
Quelques espèces font exception : la coccinelle de la bryone, par exemple, mange des plantes.
Pourquoi la coccinelle libère-t-elle un liquide orange ?
Pour se défendre. Quand on la saisit, elle laisse perler un liquide jaune orangé à l’odeur âcre. L’OPIE explique qu’il s’agit de son sang, l’hémolymphe, expulsé par une « saignée réflexe » et enrichi d’alcaloïdes qui le rendent toxique pour les vertébrés. C’est ce mauvais goût que ses couleurs vives annoncent aux prédateurs. Pour l’homme, ce liquide tache les doigts mais n’est pas dangereux ; l’INPN précise d’ailleurs que les regroupements de coccinelles asiatiques dans les maisons sont sans danger.

Comment favoriser les coccinelles au jardin ?
En leur laissant de quoi vivre toute l’année. Le guide des coccinelles de Jardiner autrement donne quelques règles simples :
- ne pas traiter aux insecticides, qui les tuent aussi ;
- garder des plantes où les pucerons apparaissent tôt, comme l’ortie, le sureau ou le fenouil ;
- laisser des feuilles mortes au pied des haies et des murets, où les adultes passent l’hiver ;
- apprendre à reconnaître les œufs et les larves pour ne pas les écraser en les prenant pour des parasites.
Si vous achetez des larves pour un rosier envahi, le même guide recommande de choisir des espèces indigènes, la coccinelle à sept points ou la coccinelle à deux points, plutôt que l’asiatique. L’OPIE conseille de ne les lâcher qu’en présence de pucerons, à partir d’avril environ, et d’éloigner les fourmis, qui protègent les colonies de pucerons. Les coccinelles de cet article sont posées sur des ombelles, ces fleurs en parasol des Apiacées : notre guide pour reconnaître les ombellifères, de la carotte sauvage à la ciguë vous aidera à identifier ces plantes, dont certaines sont dangereuses.
Quelles idées reçues circulent sur la coccinelle ?
« Chaque point correspond à une année. » C’est faux. Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence le rappelle : le nombre de points ne donne pas l’âge, il permet de distinguer les espèces. L’OPIE précise que les taches viennent d’un pigment noir produit au moment où l’insecte devient adulte ; elles ne bougent plus ensuite.
« Bête à bon Dieu, c’est une légende récente. » Le surnom est ancien et figure dans le dictionnaire de l’Académie française, qui fait venir le mot coccinelle du latin coccinus, « écarlate ». Plusieurs explications circulent. Le Muséum d’Aix évoque une légende médiévale : un condamné aurait été gracié parce qu’une coccinelle revenait sans cesse se poser sur son cou. L’OPIE y voit plutôt la reconnaissance des paysans pour un insecte qui protège les cultures. Aucune des deux ne peut être prouvée.
Où retrouver ces coccinelles en tableau ?
Les trois coccinelles photographiées par Fabrice Courtadon sur des ombelles appartiennent à la collection macro et animaux, imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat. La coccinelle au sommet de son ombelle, en format vertical, se détache sur un fond presque noir ; la version en couleur sélective, où seule la coccinelle reste rouge, rejoint aussi la sélection de tableaux rouges et les amateurs de tableaux en noir et blanc. Pour la technique, voyez notre article sur la photographie macro des insectes et des fleurs ; pour l’enjeu, celui sur le déclin des abeilles et des pollinisateurs.
Questions fréquentes
Le nombre de points d’une coccinelle donne-t-il son âge ?
Non. Les taches noires apparaissent quand l’insecte devient adulte et ne changent plus ensuite. Leur nombre et leur disposition servent à reconnaître l’espèce : la coccinelle à sept points en a toujours sept, quel que soit son âge.
Combien de temps vit une coccinelle ?
Chez la coccinelle à sept points, le cycle complet dure en moyenne un an selon l’OPIE : quelques jours d’œuf, dix à quarante jours de larve, une nymphose d’une à deux semaines, puis un adulte qui passe l’hiver avant de se reproduire au printemps.
Une coccinelle est-elle dangereuse pour l’homme ?
Non. Le liquide orange qu’elle libère quand on la manipule est son hémolymphe, chargée d’alcaloïdes amers qui découragent les oiseaux. L’INPN précise que les regroupements hivernaux de coccinelles asiatiques dans les maisons sont sans danger pour l’homme. Lavez-vous simplement les mains après en avoir tenu une.
Que faire des coccinelles qui entrent dans la maison en automne ?
Il s’agit le plus souvent de coccinelles asiatiques qui cherchent un abri pour l’hiver. La chaleur les réveille et les épuise : l’OPIE conseille de les remettre dehors, dans un endroit abrité, plutôt que de les laisser dans une pièce chauffée.
Comment attirer les coccinelles au jardin ?
Renoncez aux insecticides, qui les tuent aussi, et gardez des refuges : feuilles mortes, haies, murets, quelques orties ou un sureau, où les pucerons dont elles se nourrissent apparaissent tôt. Apprenez à reconnaître leurs larves pour ne pas les détruire.
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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres
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