L’agapanthe : reconnaître, cultiver et faire fleurir la fleur de l’amour
L’agapanthe est une plante vivace originaire d’Afrique australe, de la famille des Amaryllidacées, qui porte en été de grandes ombelles de fleurs en trompette, bleues, violettes ou blanches, au sommet de hampes nues pouvant dépasser un mètre. Ses feuilles en lanière forment une touffe dense à partir d’une souche charnue. Très cultivée en pleine terre dans les régions douces et en pot ailleurs, elle est nocive en cas d’ingestion, et sa sève peut irriter la peau.
En bref
- Famille des Amaryllidacées, sous-famille des Agapanthoïdées, genre Agapanthus (TAXREF, Muséum national d’Histoire naturelle).
- Huit espèces sont reconnues dans la liste mondiale des plantes vasculaires de Kew (WCVP), toutes d’Afrique australe.
- Floraison du milieu de l’été au début de l’automne, en plein soleil et en sol bien drainé (Royal Horticultural Society).
- Les types à feuillage caduc sont les plus rustiques ; les types persistants craignent le gel (RHS).
- Toutes les parties sont nocives si on les avale (RHS) ; la sève peut causer des ulcérations de la bouche et des irritations de la peau (université Massey).

Comment reconnaître une agapanthe ?
À sa silhouette en deux étages. En bas, une touffe de feuilles longues et étroites, en forme de lanière, qui partent d’une souche à rhizome aux racines charnues. Au-dessus, des tiges florales sans feuilles, les hampes, qui montent jusqu’à 1,2 m chez les formes courantes et jusqu’à 1,5 m environ chez l’agapanthe précoce, selon la RHS. Chaque hampe porte une ombelle de 20 à 40 fleurs en entonnoir, longues d’environ 4 cm, bleues, violettes ou blanches.
On distingue deux grands groupes. Les agapanthes à feuillage persistant, comme l’agapanthe précoce (Agapanthus praecox), gardent leurs feuilles toute l’année ; les agapanthes à feuillage caduc, comme l’agapanthe campanulée (Agapanthus campanulatus), les perdent en hiver. La distinction compte au jardin, car elle commande la résistance au froid.
Le genre est petit : la liste mondiale des plantes vasculaires tenue par les jardins botaniques royaux de Kew retient huit espèces, toutes originaires d’Afrique australe. Leur classement a souvent changé. Rangées autrefois parmi les Liliacées, puis dans une famille à part, les Agapanthacées, elles sont aujourd’hui placées dans les Amaryllidacées, comme les narcisses et les amaryllis, dont elles forment à elles seules la sous-famille des Agapanthoïdées : c’est le classement retenu par le référentiel taxonomique TAXREF du Muséum national d’Histoire naturelle.
Pourquoi l’appelle-t-on la fleur de l’amour ?
Parce que son nom savant associe deux mots grecs, agapê, l’amour, et anthos, la fleur. La Botanical Society of South Africa la présente d’ailleurs comme « la fleur de l’amour ». Son surnom de « lis du Nil » repose en revanche sur une erreur : la plante ne vient pas d’Égypte, et ce n’est pas un lis. À La Réunion, où elle a été introduite, TAXREF relève les noms populaires de « novembrier » et de « lis bleu ».
Quand fleurit l’agapanthe ?
Du milieu de l’été au début de l’automne, indique le guide de culture des agapanthes de la Royal Horticultural Society, qui souligne la longueur de sa floraison. Les fleurs laissent ensuite place à des capsules qui renferment chacune de nombreuses graines noires munies d’une petite aile. Les plantes issues de semis ne ressemblent pas forcément à leurs parents : chaque semis donne une plante différente.
Sur la photographie ci-dessus, Fabrice Courtadon a cadré non pas les fleurs mais leurs ombres : deux hampes projetées sur un mur de moellons, plus grandes que les plantes elles-mêmes, avec leurs ombelles en étoile et leurs boutons.
Comment cultiver l’agapanthe ?
En pleine terre
La RHS conseille de toujours la planter en plein soleil, dans un sol bien drainé : à l’ombre, elle fleurit moins. Une fois installée, elle demande peu d’arrosage, sauf parfois à la fin d’un été très sec. Les types caducs sont les plus robustes ; les persistants, plus frileux, demandent davantage de protection. Dans les régions froides, la RHS recommande de couvrir la souche à l’automne d’un paillis épais de 15 à 23 cm, à retirer au printemps, et de protéger les touffes de deux ou trois couches de voile d’hivernage de novembre à début avril.
En pot
C’est la solution des jardins exposés au gel pour les agapanthes persistantes : le pot se rentre l’hiver dans une serre ou une véranda hors gel. En été, ne laissez pas le terreau se dessécher complètement, et apportez un engrais liquide pendant la saison de croissance. Contrairement à une idée répandue, l’agapanthe ne fleurit pas mieux à l’étroit, précise la RHS : elle fleurit mal dans un pot trop serré comme dans un pot trop grand. Rempotez dans un contenant de 2,5 à 5 cm plus large tous les deux ou trois ans, et divisez la touffe quand ce n’est plus possible, de préférence à la fin mars ou en avril.
Pourquoi une agapanthe ne fleurit-elle pas ?
D’après la RHS, les causes habituelles sont un emplacement trop ombragé, une division trop récente ou trop poussée, un pot inadapté, ou un hivernage trop chaud : trop de chaleur l’hiver peut avancer la floraison, mais les fleurs sont alors de mauvaise qualité. Une plante en pot rentrée dans une pièce chauffée risque donc de moins bien fleurir qu’une plante gardée au frais, simplement à l’abri du gel.

Cette seconde image, en noir et blanc, a été prise de nuit au pied d’un mur de pierres semblable. Sa fiche ne nomme pas les fleurs ; leurs hampes nues, leurs ombelles et leurs feuilles en lanière ont toutefois l’allure d’agapanthes blanches, et l’on devine sur le mur l’ombre de leurs têtes. Deux silhouettes accroupies les observent, presque avalées par l’obscurité.
L’agapanthe est-elle toxique ?
Oui, à des degrés que les sources apprécient différemment ; mieux vaut donc la traiter avec prudence. La RHS classe l’agapanthe précoce comme nocive si on l’avale, toutes parties confondues, et l’agapanthe campanulée comme nocive pour l’homme et pour les animaux de compagnie. La base des plantes toxiques de l’université Massey, en Nouvelle-Zélande, attribue cette toxicité à des saponines : avalée, la sève provoque de sévères ulcérations de la bouche et une inflammation de l’estomac ; au contact, elle peut causer une sensation de brûlure, des irritations et des rougeurs de la peau. L’université d’État de Caroline du Nord juge pour sa part le risque faible, limité à l’irritation de la peau et des yeux par la sève.
En pratique, portez des gants pour diviser une touffe ou couper des hampes, lavez-vous les mains ensuite, et placez les pots hors de portée des jeunes enfants. Nous n’avons trouvé aucune fiche de l’Anses ni des centres antipoison français consacrée à l’agapanthe ; en cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison. Pour les chats, une précision rassurante du Pet Poison Helpline : malgré son surnom, l’agapanthe n’est pas un lis du genre Lilium et ne provoque pas l’insuffisance rénale aiguë que ces lis causent chez eux, mais elle peut entraîner vomissements et salivation.
L’agapanthe est-elle envahissante ?
Pas en France métropolitaine, où TAXREF la classe comme introduite mais non établie dans la nature. Ailleurs, elle s’échappe des jardins. En Nouvelle-Zélande, le département de la Conservation la classe parmi les mauvaises herbes, et plusieurs régions en encadrent la culture. Aux îles Scilly, au large de la Cornouailles, la Société botanique de Grande-Bretagne et d’Irlande la signale naturalisée sur les sols sableux depuis 1886. En Australie, où elle n’est réglementée dans aucun État, elle est décrite comme une menace émergente, ses racines en touffes serrées évinçant la végétation voisine. Ne jetez donc pas les touffes divisées dans la nature.
Où retrouver ces agapanthes en tableau ?
Les agapanthes et leurs ombres sur un mur de pierre font partie des regards singuliers de Fabrice Courtadon ; leur cadrage vertical convient à un pan de mur étroit et figure dans la sélection de tableaux verticaux. La scène nocturne des jardiniers de la nuit rejoint les tableaux en noir et blanc. Pour d’autres fleurs photographiées de près, parcourez la collection fleurs, et pour le sens que l’on prête aux fleurs, notre article sur le langage des fleurs. Toutes sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat.
Questions fréquentes
Quand fleurit l’agapanthe ?
Du milieu de l’été au début de l’automne, selon la Royal Horticultural Society. La floraison est longue ; les capsules de graines qui suivent peuvent rester sur la plante pour décorer le jardin au début de l’hiver.
Pourquoi mon agapanthe ne fleurit-elle pas ?
Les causes les plus fréquentes sont un manque de soleil, un hiver trop doux ou trop chaud pour une plante en pot, une division trop récente ou un pot mal adapté. La RHS précise que l’agapanthe ne fleurit pas mieux à l’étroit : elle fleurit mal dans un pot trop serré comme dans un pot trop grand.
L’agapanthe résiste-t-elle au froid ?
Cela dépend du type. Les agapanthes à feuillage caduc, qui perdent leurs feuilles en hiver, sont les plus rustiques ; l’agapanthe campanulée est notée par la RHS jusqu’à −5 à −10 °C environ. Les agapanthes à feuillage persistant sont plus frileuses et se protègent du gel, ou s’hivernent en pot à l’abri.
L’agapanthe est-elle toxique pour le chat et le chien ?
La RHS la classe comme nocive en cas d’ingestion, pour l’homme comme pour les chiens et les chats. Elle contient des saponines qui peuvent provoquer vomissements et salivation. Ce n’est pas un vrai lis : elle n’entraîne pas l’insuffisance rénale que les lis du genre Lilium provoquent chez le chat. En cas d’ingestion, appelez un vétérinaire.
Faut-il couper les fleurs fanées de l’agapanthe ?
Ce n’est pas obligatoire. Vous pouvez couper les hampes défleuries à la base pour garder une touffe nette, ou laisser les têtes de graines, que certains jardiniers apprécient en début d’hiver, conseille la RHS.
Murs d’Art
Des œuvres à accrocher
Entre ombre et éclatagapanthes et leurs ombresdès 50 €45 €
Les jardiniers de la nuitfleurs éclairées dans la nuitdès 45 €40,50 €
Ombelle d’argentombelle en noir et blancdès 45 €40,50 €
La Terre a de l’alluretournesols en noir et blancdès 50 €45 €
Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres
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