Coccinelle sur une ombelle vert tendre, tableau coccinelle sur une ombelle verte, photographie de Fabrice Courtadon

Reconnaître les ombellifères : carotte sauvage, berce et ciguë

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon14 octobre 20268 min de lecture

Une ombellifère se reconnaît à son ombelle : de nombreux rayons partent d’un même point au sommet de la tige, comme les baleines d’un parapluie retourné, et portent chacun un bouquet de fleurs minuscules. La famille des Apiacées réunit des plantes potagères (carotte, persil, céleri, fenouil) et des plantes parmi les plus toxiques de France : grande ciguë, ciguë aquatique, œnanthe safranée. Règle absolue : on ne mange jamais une ombellifère sauvage sans certitude, et en cas d’ingestion douteuse on appelle un centre antipoison.

En bref

  • Les Apiacées, autrefois appelées Ombellifères, comptent près de 3 500 espèces réparties en 463 genres.
  • Carotte sauvage (Daucus carota) : fleur centrale presque toujours pourpre, ombelle qui se referme en nid à maturité, floraison de mai à octobre (flore de Coste).
  • Grande ciguë (Conium maculatum) : glabre, tige tachée de pourpre, odeur désagréable, « plante très vénéneuse » (flore de Coste).
  • Berce du Caucase : 2 à 3 m, parfois 5 m ; sa sève phototoxique peut causer de graves dermites (ANSES).
  • De 2012 à 2018, les centres antipoison ont recensé 1 872 cas de confusion entre plantes comestibles et toxiques (ANSES).
Coccinelle sur une ombelle vert tendre, tableau coccinelle sur une ombelle verte, photographie de Fabrice Courtadon
Une coccinelle rouge sur une ombelle vert tendre aux fleurs minuscules, sur un fond pastel« Coccinelle sur une ombelle vert tendre » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Qu’est-ce qu’une ombellifère ?

C’est une plante de la famille des Apiacées, l’une des plus grandes familles de plantes à fleurs. Son ombelle est le plus souvent composée : les rayons principaux portent de petites ombelles, les ombellules, qui portent les fleurs. À la base, des bractées forment un involucre plus ou moins fourni, parfois absent, dont la forme aide à l’identification. Le fruit, un diakène, se sépare en deux à maturité.

Ce plan commun explique le danger : une espèce comestible et une espèce mortelle peuvent se ressembler beaucoup, surtout avant la floraison.

Ombelle d’argent, tableau ombelle en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Une ombelle en graines vue d’en dessous, ses rayons écartés comme les baleines d’une ombrelle« Ombelle d’argent » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Comment reconnaître la carotte sauvage ?

La flore de Coste la décrit comme une bisannuelle de 30 à 80 cm, aux fleurs blanches ou rosées, « la centrale presque toujours purpurine », en grandes ombelles de 20 à 40 rayons grêles qui se courbent vers l’intérieur à maturité. Elle pousse dans toute la France et fleurit de mai à octobre. Quatre indices la signalent :

  • la petite fleur pourpre au centre de l’ombelle blanche ;
  • le nid d’oiseau : en fruit, l’ombelle se recourbe et se referme en coupe ;
  • une tige poilue et rêche, et des feuilles de la base qui sentent la carotte quand on les froisse ;
  • 7 à 13 bractées pennées ou divisées en trois sous l’ombelle.

La fiche Sauvages de ma rue de la société botanique Gentiana prévient que dans cette famille « les confusions sont mortelles ». L’ANSES a relevé huit intoxications avec symptômes par de l’œnanthe safranée cueillie à la place de la carotte sauvage entre 2012 et 2018 : troubles digestifs, maux de tête, insuffisance rénale aiguë, voire arrêt cardiaque. Voir aussi la fiche de la carotte sauvage sur Tela Botanica.

Grande ciguë et ciguë aquatique : comment les repérer ?

La grande ciguë (Conium maculatum) mesure environ 1 m, parfois 2,5 m. Elle est entièrement glabre ; sa tige creuse, couverte d’une pruine bleutée, est tachée de pourpre surtout dans le bas, et la plante froissée sent mauvais, une odeur souvent comparée à l’urine de souris. Elle pousse dans les haies et au bord des chemins, dans presque toute la France, et fleurit de juin à août. Toutes ses parties contiennent des alcaloïdes, dont la conine : c’est la ciguë de la mort de Socrate, en 399 av. J.-C.

La ciguë aquatique (Cicuta virosa) est une vivace glabre d’environ 1 m, à grosse racine creuse et cloisonnée, des marais tourbeux du Nord, de l’Est, du Centre et de l’Ouest. Elle contient de la cicutoxine, dont les effets peuvent apparaître un quart d’heure à une heure après l’ingestion.

La confusion la plus courante se fait avec le persil : le bulletin Vigil’Anses de juin 2019 cite les feuilles de petite ou de grande ciguë prises pour du persil plat. Panais, cerfeuil des bois et carotte font aussi partie des confusions possibles.

Plante Tige Signes utiles Danger
Carotte sauvage poilue, rêche odeur de carotte, fleur pourpre au centre, nid au fruit confondue avec l’œnanthe safranée
Grande ciguë glabre, pruineuse, tachée de pourpre odeur désagréable, 10 à 20 rayons très toxique
Ciguë aquatique glabre, creuse marais tourbeux, racine cloisonnée très toxique
Berce commune creuse, velue-hérissée 3 à 5 grands segments par feuille sève photosensibilisante
Berce du Caucase jusqu’à 10 cm de diamètre, mouchetée de pourpre 2 à 5 m, 50 à 120 rayons graves dermites

Ce tableau aide à nommer une plante, jamais à décider qu’elle se mange.

Berce commune ou berce du Caucase : quelle différence ?

La berce commune (Heracleum sphondylium), indigène des prés et des bois humides, mesure environ 1 m, rarement plus de 2 m. Sa tige creuse est velue-hérissée, ses feuilles sont divisées en 3 à 5 grands segments et elle fleurit de juin à septembre. Sa sève est elle aussi photosensibilisante.

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est d’une autre échelle. La fiche de reconnaissance de l’ANSES la décrit haute de 2 à 3 m, voire 5 m, avec une tige cannelée et creuse souvent mouchetée de pourpre, des feuilles de 60 à 120 cm aux segments en longue pointe et une ombelle centrale géante, de 50 à 120 rayons en général, contre 10 à 40 chez la berce commune. Elle colonise berges, bords de routes et friches humides, et progresse du Nord, de l’Est et des Alpes vers le Sud-Ouest.

Sa sève contient des furocoumarines : sur une peau exposée ensuite à la lumière, elle provoque des lésions proches de brûlures. Le risque vient des tiges et feuilles cassées ou fauchées. Après un contact, épongez la sève sans l’étaler, lavez à l’eau et au savon et protégez la zone du soleil au moins 48 heures ; pour l’œil, rincez et consultez sans attendre. Espèce exotique envahissante préoccupante pour l’Union européenne, elle ne peut être ni cultivée ni vendue. Un pied se signale au conservatoire botanique national de votre région ou via l’application INPN Espèces.

Que faire en cas de doute ou d’intoxication ?

Les centres antipoison enregistrent environ 250 cas de confusion de plantes par an. L’ANSES rappelle que les descriptions et les photos des livres ou des sites internet « ne peuvent permettre à eux seuls d’identifier une plante avec certitude ». Ses conseils :

  • au moindre doute, ne consommez pas et demandez l’avis d’un spécialiste en botanique ;
  • ne cueillez pas par brassées, pour ne pas mêler une espèce toxique aux autres ;
  • photographiez votre cueillette, pour faciliter l’identification en cas d’intoxication.

Après une ingestion douteuse, appelez un centre antipoison sans attendre les symptômes. Ne faites pas vomir et ne donnez pas à boire. Si la personne ne respire plus ou n’est pas consciente, appelez le 15. Les numéros régionaux, joignables jour et nuit, sont sur le site des centres antipoison.

Quels insectes visitent les ombelles ?

Ses fleurs ouvertes offrent un nectar et un pollen faciles d’accès. Les fiches sur les auxiliaires des cultures citent les Apiacées, comme la carotte ou le fenouil, parmi les sources de nourriture des syrphes, ces mouches rayées de jaune et de noir qui imitent les guêpes sans avoir de dard. Les adultes mangent nectar et pollen ; chez le syrphe ceinturé, c’est la larve qui chasse, jusqu’à 500 pucerons au cours de sa vie.

La coccinelle à sept points mange des pucerons, mais aussi des psylles, des cicadelles ou des cochenilles, et préfère les milieux herbacés ensoleillés. Fabrice Courtadon en a photographié plusieurs sur des ombelles, en Auvergne.

Coccinelle au sommet d’une ombelle, tableau coccinelle sur une ombelle, photographie de Fabrice Courtadon
Une coccinelle rouge à points noirs hissée au sommet d’une ombelle verte, sur fond sombre« Coccinelle au sommet d’une ombelle » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Sur une autre image, seul le rouge de la coccinelle échappe au noir et blanc.

Coccinelle rouge sur ombelles grises, tableau coccinelle en couleur sélective, photographie de Fabrice Courtadon
Une coccinelle rouge au milieu d’un réseau d’ombelles grises en forme d’étoiles« Coccinelle rouge sur ombelles grises » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Notre guide de la photographie macro des insectes et des fleurs explique comment les approcher ; l’article sur le déclin des insectes pollinisateurs élargit le propos.

Peut-on identifier une ombelle séchée ?

Rarement avec certitude : sans feuilles fraîches, sans odeur ni couleur de fleur, les critères utiles ont disparu ; seule l’ombelle refermée en nid de la carotte sauvage reste un indice. Les ombelles séchées que Fabrice Courtadon a photographiées sur fond sombre ne sont pas nommées sur leurs fiches, et nous ne les nommerons pas : leur intérêt tient à la géométrie des rayons et à la lumière qui les découpe.

Pour identifier une plante fraîche, photographiez la tige, une feuille et le dessous de l’ombelle. Fabrice Courtadon raconte sa manière de photographier les fleurs sauvages, et notre article marguerite ou pâquerette applique la même méthode à deux fleurs blanches d’une autre famille.

Où retrouver ces ombelles en tableau ?

Les coccinelles sur ombelle sont réunies dans la collection macro et animaux, à commencer par la coccinelle au sommet d’une ombelle. Ombelle d’argent figure dans la collection fleurs, et les ombelles séchées dans la collection aquarelles, toutes imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat.

Questions fréquentes

Comment différencier la carotte sauvage de la ciguë ?

La carotte sauvage a une tige poilue, des feuilles qui sentent la carotte, souvent une fleur pourpre au centre de l’ombelle et une ombelle qui se referme en nid au fruit. La grande ciguë est lisse, tachée de pourpre et sent mauvais. Ces indices servent à nommer une plante, jamais à décider de la manger.

La berce du Caucase est-elle dangereuse au toucher ?

Sa sève rend la peau sensible à la lumière : un contact suivi d’une exposition au soleil peut provoquer des lésions proches de brûlures, parfois graves. Épongez la sève sans frotter, lavez à l’eau et au savon, gardez la zone à l’abri du soleil au moins 48 heures et consultez si une lésion apparaît.

Que faire si l’on a mangé une plante sauvage douteuse ?

Appelez un centre antipoison sans attendre les symptômes et gardez la plante ou sa photo. Ne faites pas vomir, ne donnez pas à boire. Si la personne ne respire plus ou n’est pas consciente, appelez le 15.

Pourquoi la carotte sauvage a-t-elle une fleur sombre au centre ?

Son rôle reste débattu ; il est souvent dit qu’elle attirerait les insectes. Sa présence ne suffit jamais à rendre une plante comestible.

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Photographies de Fabrice Courtadon imprimées à la demande sur aluminium Dibond. Voir toutes les œuvres

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