Le calme suspendu, tableau joubarbe verte sur un muret, photographie de Fabrice Courtadon

La joubarbe : reconnaître ses rosettes, ses espèces et la cultiver

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon22 octobre 20268 min de lecture

La joubarbe est une petite plante grasse et vivace du genre Sempervivum, de la famille des Crassulacées, qui forme des rosettes de feuilles charnues sur les rochers, les murets et les toits. Chaque rosette ne fleurit qu’une fois, au bout de quelques années, puis meurt, et les rejets qu’elle a produits prennent sa place, selon la Royal Horticultural Society (RHS).

En bref

  • Genre Sempervivum L. (1753), Crassulacées : 52 espèces acceptées, de l’Europe à l’Iran et au Maroc (liste mondiale des plantes vasculaires de Kew, via GBIF).
  • Une rosette fleurit en été après deux ou trois saisons de croissance, puis meurt ; ses rejets la remplacent (RHS).
  • La joubarbe d’Auvergne est protégée dans l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme : interdit d’y cueillir ou de vendre les plantes sauvages (arrêté du 30 mars 1990, AIDA, Ineris).
  • Le nom vient du latin Jovis barba, « barbe de Jupiter », la plante étant censée protéger de la foudre (CNRTL, Académie française).
  • La joubarbe est absente des fiches de l’Anses sur les plantes toxiques par ingestion (2021), ce qui ne prouve pas son innocuité.
Le calme suspendu, tableau joubarbe verte sur un muret, photographie de Fabrice Courtadon
Une rosette de joubarbe verte aux pointes sombres sur un muret, le reste de l’image passé en gris« Le calme suspendu » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Comment reconnaître une joubarbe ?

À sa rosette : des feuilles épaisses, charnues et pointues, serrées en couronnes, qui restent vertes toute l’année. Selon les espèces et les variétés, elles sont vert vif, grises ou rouge pourpré, parfois voilées de poils blancs, et leur couleur change avec la saison, souvent du vert au rouge, décrit la RHS. La plante dépasse rarement 15 cm de haut, mais s’étale sur 30 cm au moins. Chez la joubarbe des toits, la flore de l’abbé Coste décrit des fleurs d’un rose pâle de 20 à 30 mm, aux pétales étroits, de juin à août.

Pourquoi la rosette meurt-elle après sa floraison ?

Parce qu’elle ne fleurit qu’une fois : elle est monocarpique. Après deux ou trois saisons, elle lance en été une hampe de 15 à 20 cm depuis son centre, puis meurt, explique la RHS. Entre-temps, elle a émis des stolons, des tiges horizontales qui portent de petites rosettes : elles s’enracinent et prennent la relève. D’où le nom anglais de « hen and chickens », la poule et ses poussins.

Quelles joubarbes trouve-t-on en Auvergne ?

La RHS dit les joubarbes originaires des montagnes d’Europe et d’Asie. Pour les Cévennes et le « Plateau central », la flore de Coste en décrit trois :

  • La joubarbe des toits (Sempervivum tectorum), son « herbe du tonnerre » : grandes rosettes de 5 à 8 cm, feuilles aux faces glabres, sur les murs, les toits et les rochers de presque toute la France.
  • La joubarbe toile-d’araignée (Sempervivum arachnoideum) : rosettes d’environ 2 cm, aux feuilles reliées par de longs poils blancs, comme une toile ; fleurs d’un rose vif, sur les rochers des montagnes.
  • La joubarbe d’Auvergne : rosettes de 4 à 5 cm, feuilles bordées de cils, fleurs d’un rose assez vif. Lecoq et Lamotte l’ont décrite en 1847 dans leur catalogue des plantes du Plateau central (Tela Botanica).

Le rang de la joubarbe d’Auvergne fait débat : Tela Botanica et la liste de Kew en font une sous-espèce, Sempervivum tectorum subsp. arvernense, tandis que le référentiel national TAXREF, sur l’INPN, la rattache à la joubarbe des toits au sens strict. Elle est espèce déterminante des ZNIEFF, les zones naturelles d’intérêt écologique, dans les quatre départements auvergnats (Tela Botanica, d’après l’INPN).

D’où vient le nom de joubarbe ?

Du latin Jovis barba, « barbe de Jupiter », nom déjà employé par Pline, indique le Trésor de la langue française (CNRTL) : la plante était censée protéger de la foudre, l’arme de Jupiter, ou ses fleurs s’étalent en panicule comme une barbe. Un glossaire de Tours du XIIe siècle écrit déjà « Barba Jovis vel semper viva, jobarbe » : semper viva, « toujours vivante », se retrouve dans le nom latin du genre. Le Dictionnaire de l’Académie française l’appelle aussi « barbe-de-Jupiter », et l’INPN « artichaut de muraille ».

La joubarbe protégeait-elle les toits de la foudre ?

C’était une croyance. L’abbé Coste note qu’elle était « plantée par les anciens sur les murs et les toits soi-disant pour les préserver de la foudre » : le « soi-disant » dit ce que le botaniste en pensait. Son nom anglais, houseleek, rappelle aussi qu’on la faisait pousser sur les toits des maisons, souligne la RHS.

Comment cultiver une joubarbe sur un muret ou en pot ?

L’essentiel du guide de culture des joubarbes de la RHS :

  • Exposition : une place dégagée, en plein soleil ; ni ombre, ni sol trop riche, ni terrain mal drainé.
  • Où la planter : rocaille, jardin de graviers, fentes d’un mur de pierre sèche, toiture végétalisée, auges ou vieilles briques.
  • Substrat en pot : moitié gravier anguleux, moitié terreau à base de terre franche, ou un terreau pour cactus, avec des gravillons en surface.
  • Arrosage : bienvenu par temps sec au printemps et en été, mais elle peut s’en passer ; en pleine terre, pas besoin d’engrais. L’excès d’eau fait pourrir les racines.
  • Hiver : la plupart sont tout à fait rustiques ; quelques-unes, surtout les grises ou les velues, craignent l’humidité de l’hiver et apprécient un châssis froid ou une plaque de plexiglas.
Joubarbe sur fond rouge, tableau joubarbe sur fond rouge, photographie de Fabrice Courtadon
Une rosette de joubarbe verte bordée de rouge sur une pierre, devant un fond flou rouge et or« Joubarbe sur fond rouge » en tableau, dès 50 € 45 €

Dans « Joubarbe sur fond rouge », retouchée façon aquarelle, la rosette repose sur une pierre gris-bleu parsemée de mousse, près d’une branche couverte de lichen jaune, décrit sa fiche : un décor de rocaille, avec peu de terre.

Comment multiplier une joubarbe ?

Par ses rejets, la façon la plus sûre d’obtenir des plantes identiques à la mère, selon la RHS. Au printemps, détachez une petite rosette et repiquez-la dans un mélange graveleux, tenue humide et à l’abri du plein soleil : elle s’installe en quatre à six semaines. Sans racines, coupez le stolon près de la rosette et posez-la sur le terreau en appuyant légèrement.

Peut-on cueillir la joubarbe dans la nature ?

Pas partout. Aucune joubarbe ne figure sur la liste nationale des espèces végétales protégées (arrêté du 20 janvier 1982), mais des listes régionales en protègent. L’arrêté du 30 mars 1990 sur les espèces végétales protégées en Auvergne inscrit la joubarbe d’Auvergne : il y est interdit en tout temps de détruire, de couper, d’arracher, de cueillir, de vendre ou d’acheter les spécimens sauvages. L’INPN signale la même protection en Midi-Pyrénées (2004), et celle de la joubarbe toile-d’araignée en Limousin (1989), en région Centre (1993) et en Dordogne (2002). Comme pour les chardons protégés, l’interdiction vise les plantes sauvages : pour garnir un muret, achetez des plants de pépinière.

La joubarbe est-elle toxique ?

Les sources officielles consultées n’en disent rien. La joubarbe ne figure ni dans les fiches de l’Anses sur les plantes toxiques par ingestion (2021), ni dans l’arrêté du 4 septembre 2020 sur l’étiquetage des plantes toxiques. L’ASPCA, la société américaine de protection des animaux, ne la cite pas : sa plante « hens and chickens », non toxique pour les chiens et les chats, est une autre Crassulacée, l’échévéria (Echeveria elegans). Ce silence ne prouve pas l’innocuité : en cas d’ingestion suivie de troubles, appelez un centre antipoison ou le 15, et votre vétérinaire pour un animal.

Coste la disait « âcre et astringente », et le Dictionnaire de l’Académie de 1762 prêtait à son suc le pouvoir de calmer les brûlures : des traces d’usages anciens, pas des conseils.

Où retrouver ces joubarbes en tableau ?

Quatre photographies de Fabrice Courtadon montrent une joubarbe, prises en Auvergne selon leurs fiches. Aucune fiche ne nomme l’espèce, et nous n’en attribuons pas : taille de la rosette et poils des feuilles ne se mesurent pas sur une image. Trois d’entre elles semblent montrer la même rosette, avec la même plante grêle à sa droite, traitée de trois façons.

En noir et blanc et au format vertical, « La géométrie du silence » ne garde que le dessin des feuilles en étoile ; « Joubarbe dans la mousse », retouchée façon aquarelle, rend aux pointes leur bordeaux ; « Le calme suspendu », plus haut, passe le décor en gris, c’est la couleur sélective. Le fond flou tient à la faible profondeur de champ, expliquée dans notre article sur la photographie macro. La quatrième montre une rosette au même port, sur un autre fond.

« Le calme suspendu » et « La géométrie du silence » appartiennent à la collection regards singuliers et figurent parmi nos tableaux zen ; la seconde convient aussi aux tableaux verticaux et aux tableaux noir et blanc. « Joubarbe dans la mousse » et « Joubarbe sur fond rouge » font partie de la collection illustrations : la première irait bien avec les tableaux verts, la seconde avec les tableaux rouges, et la fiche de la première propose de les accrocher côte à côte. Toutes sont imprimées à la demande sur aluminium Dibond mat. D’autres plantes sont réunies dans la collection fleurs.

Questions fréquentes

La joubarbe meurt-elle après sa floraison ?

La rosette qui a fleuri meurt, mais pas la plante : les petites rosettes nées au bout de ses stolons prennent sa place (Royal Horticultural Society).

Faut-il arroser une joubarbe ?

Peu. Elle apprécie un arrosage par temps sec au printemps et en été, mais peut s’en passer ; l’excès d’eau fait pourrir ses racines, prévient la RHS.

La joubarbe supporte-t-elle le gel ?

La plupart des joubarbes sont tout à fait rustiques, selon la RHS. Quelques-unes, surtout les grises ou les velues, craignent l’humidité de l’hiver : abritez-les de la pluie.

Peut-on prélever une joubarbe dans la nature ?

Pas la joubarbe d’Auvergne dans l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme (arrêté du 30 mars 1990), ni la joubarbe toile-d’araignée en Limousin, en région Centre ou en Dordogne.

Pourquoi l’appelle-t-on barbe de Jupiter ?

Son nom vient du latin Jovis barba : la plante passait pour protéger de la foudre, l’arme de Jupiter, ou ses fleurs s’étalent en panicule comme une barbe, indique le CNRTL.

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