Le village regarde, la nature agit, tableau pissenlits jaunes et village, photographie de Fabrice Courtadon

Le pissenlit : reconnaître la plante, sa floraison, ses graines, ses usages

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon21 octobre 20267 min de lecture

Le pissenlit est une plante vivace de la famille des Astéracées, du genre Taraxacum, reconnaissable à sa rosette de feuilles très dentées, à ses fleurs jaunes et à la boule de graines duveteuses qui leur succède. En France, l’espèce la plus courante, le pissenlit commun (Taraxacum officinale), est indigène et pousse presque partout : pelouses, prés, bords des chemins. Ses feuilles se mangent en salade, ses fleurs nourrissent les abeilles au printemps, et ses graines voyagent au vent grâce à un mécanisme que la science n’a décrit qu’en 2018.

En bref

  • Pissenlit commun, Taraxacum officinale : famille des Astéracées, indigène en France, non protégé, classé « préoccupation mineure » sur la liste rouge nationale (INPN).
  • Feuilles longues et dentelées en rosette, fleurs jaunes, petits fruits secs surmontés d’une aigrette ; autre nom : dent-de-lion (CNRTL).
  • Chaque « fleur » est un capitule qui réunit 200 à 300 petites fleurs (Humanité et Biodiversité).
  • Les aigrettes créent en volant un anneau d’air tourbillonnant, quatre fois plus efficace qu’un parachute classique (université d’Édimbourg, revue Nature, 2018).
  • Le ministère de l’Agriculture le range parmi les plantes attractives pour les abeilles.
Le village regarde, la nature agit, tableau pissenlits jaunes et village, photographie de Fabrice Courtadon
Une prairie couverte de pissenlits jaune vif devant un village au clocher pointu, laissé en noir et blanc« Le village regarde, la nature agit » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment reconnaître un pissenlit ?

Regardez les feuilles, la tige, puis la sève. Le dictionnaire du CNRTL décrit une plante aux feuilles longues et dentelées disposées en rosette, aux fleurs jaunes et aux petits fruits secs surmontés d’une aigrette. La forme recourbée des dents de ses feuilles lui vaut le nom de dent-de-lion. La tige qui porte la fleur est généralement creuse et dépourvue de feuilles ; cassez-la, et il en sort un suc blanc, du latex, qui sèche sur les doigts.

Ce que l’on prend pour une fleur est en réalité un capitule, comme chez la marguerite : un plateau qui réunit 200 à 300 petites fleurs jaunes, chacune munie d’une languette, explique l’association Humanité et Biodiversité.

Le genre est d’une complexité redoutée des botanistes. Le pissenlit commun appartient à un vaste groupe, la section Taraxacum, où l’on a décrit selon les auteurs 250 à 300 espèces ou sous-espèces rien qu’en France. Pour le promeneur, la fiche du pissenlit commun dans l’Inventaire national du patrimoine naturel suffit à situer la plante.

Avec quelles plantes peut-on le confondre ?

Plusieurs Astéracées à fleurs jaunes et à latex lui ressemblent : la porcelle enracinée, les liondents, les crépis, les laiterons. La porcelle se reconnaît à ses feuilles très velues et à ses tiges parfois ramifiées, qui portent plusieurs fleurs. Le pissenlit, lui, ne porte qu’une fleur par tige, ce qui le distingue notamment du laiteron. Ces confusions sont sans gravité, la porcelle et les liondents étant également comestibles ; mais en cuisine, la règle de l’Anses reste la même pour toutes les plantes sauvages : en cas de doute, on ne consomme pas.

Moins il y a, plus tout devient clair, tableau pissenlit sur fond noir, photographie de Fabrice Courtadon
Un seul pissenlit jaune posé au bas d’une grande surface noire, sa corolle ébouriffée en pleine lumière« Moins il y a, plus tout devient clair » en tableau, dès 50 € 45 €

Comment la fleur de pissenlit devient-elle une boule de graines ?

Par étapes. Le pissenlit fleurit surtout au printemps, d’après Tela Botanica, avec parfois une seconde floraison, plus modeste, en fin d’été. Chaque soir, le capitule se referme : ses bractées intérieures se redressent et protègent les fleurs pendant la nuit. Une fois les fleurs fanées, il reste fermé le temps que mûrissent les fruits, puis s’ouvre en une sphère blanche : l’aigrette.

Chaque graine est un akène, un petit fruit sec, relié par un fin pédicelle à une couronne de soies, le pappus. En 2018, des chercheurs de l’université d’Édimbourg ont montré, dans la revue Nature, comment ce parachute reste en l’air : en traversant les soies, l’air forme au-dessus de la graine un anneau tourbillonnant détaché, qui la freine. Le dispositif serait quatre fois plus efficace qu’un parachute classique, et l’université indique que les graines parcourent souvent un kilomètre ou plus.

Pissenlit aux aigrettes d’argent et d’or, tableau pissenlit en gros plan, photographie de Fabrice Courtadon
Les aigrettes d’un pissenlit rayonnent depuis un cœur alvéolé, ourlé d’or, sur un fond gris argenté« Pissenlit aux aigrettes d’argent et d’or » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Autre singularité : beaucoup de pissenlits produisent leurs graines sans fécondation. Tela Botanica explique que l’ovaire peut donner directement un fruit, sans intervention du pollen ; les formes sexuées dominent dans le sud de l’Europe, les formes asexuées plus au nord, et les deux se côtoient entre la région parisienne et le sud des Pays-Bas. C’est l’une des raisons de la multitude de micro-espèces du genre. Ce passage de la fleur jaune à la sphère blanche, Fabrice Courtadon l’a réuni dans une seule image, racontée dans notre article sur deux pissenlits superposés et le cycle de vie d’une plante.

Pourquoi le pissenlit est-il précieux pour les abeilles ?

Parce qu’il fleurit tôt et en abondance, au moment où les colonies redémarrent. Il figure dans la liste des plantes attractives pour les abeilles établie par le ministère de l’Agriculture avec l’INRA et l’Institut technique et scientifique de l’apiculture. L’association Humanité et Biodiversité souligne qu’il est riche en nectar et joue un rôle important dans le développement printanier des pollinisateurs. De nombreux insectes s’y nourrissent : sur un pissenlit au bord d’un étang, Fabrice Courtadon a photographié un papillon citron, une rencontre racontée dans la leçon d’un papillon sur un pissenlit.

Laisser quelques pissenlits fleurir dans une pelouse, plutôt que de tondre dès les premières fleurs, est l’un des gestes les plus simples pour aider ces insectes. Le sujet est développé dans notre article sur le déclin des abeilles et des pollinisateurs.

Que peut-on faire du pissenlit en cuisine ?

Presque tout se mange. Les jeunes feuilles de la rosette se cueillent avant la floraison, quand elles sont encore tendres, pour une salade à l’amertume franche. Les racines se consomment cuites, revenues à la poêle pour adoucir leur goût. Les boutons se conservent au vinaigre, et les fleurs donnent des sirops et des gelées : le Parc naturel régional du Morvan publie la recette du « miel de pichenli », une gelée de fleurs et d’agrumes « aussi appelée cramaillotte » par les voisins franc-comtois, en conseillant de cueillir les fleurs dans un endroit préservé.

Quelques précautions s’imposent. Cueillez loin des routes, des champs traités et des pâtures, ne ramassez que des plantes que vous savez identifier, et suivez les conseils de l’Anses sur les confusions entre plantes comestibles et toxiques : ne pas cueillir par brassées, photographier sa cueillette, appeler un centre antipoison au moindre symptôme. Le latex frais peut irriter les peaux sensibles, et les personnes allergiques aux Astéracées peuvent réagir au pissenlit. Quant à sa réputation diurétique, qui lui a donné son nom, elle relève de la tradition : pour toute préparation à visée de santé, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin, d’autant que l’Agence européenne des médicaments signale des contre-indications.

Quelles idées reçues entourent le pissenlit ?

« C’est une mauvaise herbe. » C’est surtout une plante qui s’adapte à tout : pelouses tondues, prairies, fissures des trottoirs. Pour le jardinier qui veut un gazon uniforme, c’est une gêne ; pour les insectes du début du printemps, c’est une ressource de premier ordre.

« Souffler sur l’aigrette exauce un vœu. » Le jeu est ancien et le langage des fleurs du XIXe siècle faisait du pissenlit « l’oracle des champs » : on soufflait sur l’aigrette en pensant à la personne aimée. Nous racontons cette tradition dans notre article sur le langage des fleurs et la signification de chaque fleur.

« Manger les pissenlits par la racine. » L’expression familière signifie être mort et enterré. Le CNRTL la relève notamment chez Victor Hugo, dans Les Misérables, en 1862.

Pissenlit à demi envolé, tableau pissenlit en graines en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
Les dernières graines d’un pissenlit sur leur réceptacle blanc, en noir et blanc, une tache jaune en arrière-plan« Pissenlit à demi envolé » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Où retrouver ces pissenlits en tableau ?

Les pissenlits photographiés par Fabrice Courtadon, en fleur ou en graines, se répartissent entre la collection fleurs, les regards singuliers et la macro. La prairie jaune devant le village de Flayat a son propre récit, quand la couleur guide le regard, et une aigrette posée entre les herbes le sien, la douceur rayonne sans bruit. Les fleurs jaunes rejoignent la sélection de tableaux jaunes, les aigrettes en gris et blanc celle des tableaux en noir et blanc.

Questions fréquentes

Pourquoi le pissenlit s’appelle-t-il ainsi ?

Le mot, attesté au milieu du XVe siècle, est formé de « pisse », « en » et « lit » : le dictionnaire du CNRTL explique que la plante a été ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques. Son autre nom, dent-de-lion, vient des dents recourbées de ses feuilles.

Peut-on manger les fleurs de pissenlit ?

Oui, c’est un usage ancien : les capitules servent à préparer des sirops et des gelées, comme la cramaillotte de Franche-Comté, et les feuilles se mangent en salade avant la floraison. Cueillez loin des routes et des zones traitées, et seulement si vous êtes sûr de la plante.

Pourquoi les pissenlits se ferment-ils le soir ?

Le capitule se referme la nuit : les bractées intérieures qui l’entourent se redressent et protègent alors les fleurs, rappelle Tela Botanica. Il se rouvre le matin.

Le pissenlit est-il bon pour les abeilles ?

Oui. Il figure dans la liste des plantes attractives pour les abeilles publiée par le ministère de l’Agriculture, et sa floraison précoce, riche en nectar, aide les pollinisateurs à reprendre des forces au printemps.

Que veut dire « manger les pissenlits par la racine » ?

Être mort et enterré, selon le dictionnaire du CNRTL. L’expression, familière, apparaît au XIXe siècle ; le CNRTL en cite un emploi chez Victor Hugo, dans Les Misérables, en 1862.

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