Forêt d’Auvergne en automne, tableau forêt d’automne multicolore, photographie de Fabrice Courtadon

Le sapin : reconnaître l’arbre à ses aiguilles et ses cônes

Par la rédaction de Murs d’Art · Photographies de Fabrice Courtadon21 octobre 20268 min de lecture

Au sens botanique, un sapin est un conifère du genre Abies, de la famille des Pinacées ; en France, le sapin des forêts de montagne est le sapin pectiné (Abies alba), reconnaissable à ses aiguilles plates marquées de deux bandes blanches dessous et à ses cônes dressés qui se désagrègent sur l’arbre. Dans la langue courante, on dit pourtant « sapin » pour bien d’autres conifères, dont l’épicéa et le douglas.

En bref

  • Abies alba Mill., famille des Pinacées, aussi appelé sapin blanc ou sapin des Vosges (Tela Botanica).
  • Aiguilles planes sur deux rangs, à deux raies blanches dessous ; cônes dressés de 8 à 10 cm (flore de Coste).
  • Près de 60 m de haut, voire 65 m, et 500 à 600 ans de vie dans de bonnes conditions (fiche EUFORGEN, ministère de l’Agriculture).
  • Présent sur environ 2,5 millions d’hectares, il fournit 8 % du volume de bois vivant des forêts de l’Hexagone et de la Corse (IGN, mémento 2024).
  • En 2024, 78,2 % des sapins de Noël naturels achetés en France étaient des Nordmann, 18,4 % des épicéas (étude Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR).
Forêt d’Auvergne en automne, tableau forêt d’automne multicolore, photographie de Fabrice Courtadon
Sur une pente d’automne, des conifères sombres et coniques traversent des feuillus rouges, cuivrés et dorés« Forêt d’Auvergne en automne » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Qu’appelle-t-on vraiment un sapin ?

Pour le botaniste, le mot désigne les espèces du genre Abies. L’épicéa commun (Picea abies) et le douglas (Pseudotsuga menziesii) appartiennent à la même famille des Pinacées, mais à d’autres genres (Tela Botanica). L’usage est plus large : le Trésor de la langue française cite le « sapin de Douglas » à l’article « sapin », et le canton de Vaud note que l’épicéa est souvent confondu avec le sapin blanc.

Les titres des photographies de Fabrice Courtadon emploient le mot dans ce sens courant : à la distance d’un paysage, rien ne distingue un sapin d’un épicéa. Il faudrait s’approcher pour voir les aiguilles et les cônes, les critères décrits plus bas.

Selon le CNRTL, « sapin » vient du latin sappinus, formé sur un mot prélatin, sappus, et sur le latin pinus, « pin ». Dès 1694, « sentir le sapin » signifie n’avoir plus longtemps à vivre : le sapin était le bois des cercueils.

Comment reconnaître le sapin pectiné ?

La flore de Coste décrit des aiguilles solitaires, planes, obtuses ou échancrées au bout, étalées sur deux rangs opposés et marquées dessous de deux raies d’un blanc glauque. Elles ne piquent pas. Cette disposition explique le nom : « pectiné » vient du latin pectinatus, « disposé en forme de peigne » (CNRTL).

L’écorce est lisse et gris argenté, avec de petites poches de résine, et se fissure avec l’âge (canton de Vaud). Les bourgeons sont enduits de résine. Le tronc est droit et cylindrique, les branches horizontales ; le houppier, conique chez le jeune arbre, s’arrondit puis devient tabulaire chez les vieux sujets (EUFORGEN).

Sentier enneigé sous les conifères, tableau forêt d’Auvergne sous la neige, photographie de Fabrice Courtadon
Des marches de terre et de neige au pied d’un grand conifère, entre des blocs moussus et des bouleaux clairs« Sentier enneigé sous les conifères » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Le cône est le critère le plus sûr. Ceux du sapin, cylindriques, longs de 8 à 10 cm, d’un vert brun mat, se dressent sur les branches du sommet, et leurs bractées pointues dépassent les écailles (Coste). À maturité, ils se désarticulent sur l’arbre : écailles et graines tombent, et seul l’axe du cône reste un temps sur le rameau (EUFORGEN, jardin botanique de l’université de Strasbourg). Les graines ailées partent au vent en septembre et octobre.

C’est le plus grand sapin d’Europe : près de 60 m, voire 65 m, et 500 à 600 ans de vie dans de bonnes conditions, selon la fiche EUFORGEN sur le sapin pectiné, publiée par le ministère de l’Agriculture. Le canton de Vaud retient 55 m.

Sapin, épicéa ou douglas : comment les distinguer ?

Trois questions suffisent : l’aiguille pique-t-elle, comment est-elle rangée, et le cône est-il dressé ou pendant ?

Critère Sapin pectiné Épicéa commun Douglas
Aiguilles plates, non piquantes, deux bandes blanches dessous piquantes, à section presque carrée, vertes sur toutes les faces non piquantes, odeur de citronnelle quand on les froisse
Disposition sur deux rangs, dans un plan tout autour du rameau en brosse
Cônes dressés, se désagrègent sur l’arbre pendants, tombent entiers pendants, bractées à trois pointes qui dépassent des écailles
Écorce lisse, gris argenté écailleuse, rougeâtre lisse et vert olive, puis gris-brun à sillons profonds

Sources du tableau : flore de Coste, jardin botanique de l’université de Strasbourg et, pour l’écorce du douglas, l’État de Fribourg. Un cône entier trouvé au sol vient donc sans doute d’un épicéa, d’un douglas ou d’un pin, pas d’un sapin.

L’habit d’hiver, tableau route forestière enneigée, photographie de Fabrice Courtadon
Une route enneigée toute droite entre deux rangées de grands conifères aux troncs droits, vers une trouée de lumière« L’habit d’hiver » en tableau, dès 45 € 40,50 €

L’épicéa, indigène dans les massifs de l’Est, a été introduit dans le Massif central ; le douglas, venu de l’ouest de l’Amérique du Nord, couvre plus d’un million d’hectares, notamment sur le plateau limousin et dans le nord-est du Massif central (IGN).

Chemin enneigé entre sapins et feuilles rousses, tableau chemin enneigé en forêt, photographie de Fabrice Courtadon
Des feuilles rousses en haut de l’image, un chemin blanc qui s’enfonce entre de hauts conifères sombres« Chemin enneigé entre sapins et feuilles rousses » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Ce chemin enneigé est celui d’une sortie en forêt d’Auvergne que Fabrice Courtadon a racontée, entre neige et champignons.

Où pousse le sapin en France et en Auvergne ?

En montagne, surtout. D’après la fiche de l’INRAE pour le ministère de l’Agriculture (2022), c’est l’essence forestière par excellence des Vosges, il domine une grande partie du Jura et se fait plus disséminé dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central et la Corse, jusqu’à 1 800 m. Dans le Massif central, il pousse aussi sur roche volcanique. Il lui faut plus de 1 000 mm de pluie par an ; il supporte moins 30 °C mais craint les gelées de printemps.

C’est un arbre d’ombre : jeune, il peut rester des décennies en attente sous le couvert d’arbres plus âgés (EUFORGEN). On le trouve pur ou mêlé à l’épicéa et au hêtre, que notre article sur le hêtre et ses faînes aide à reconnaître ; notre page sur la hêtraie d’Auvergne montre ces forêts.

Le mémento 2024 de l’inventaire forestier de l’IGN le recense sur environ 2,5 millions d’hectares ; il est l’essence principale sur 563 000 hectares et forme des peuplements purs sur 237 000. Ses 380 millions de tiges font 218 millions de mètres cubes, 8 % du bois vivant ; avec l’épicéa, il fournit 40 % du volume des conifères, contre 43 % dix ans plus tôt.

L’Auvergne y tient sa place. Dans l’atlas de la DRAAF d’Auvergne (inventaires IGN de 2007 à 2011), le sapin pectiné couvrait 94 000 hectares de forêt de production, devant le douglas et l’épicéa commun. Et selon la DRAAF (2021), la région Auvergne-Rhône-Alpes est la première de France pour cette essence, avec 91 millions de mètres cubes sur 214 000 hectares.

L’étang de Thyx et son tronc flotté, tableau étang de Thyx, sapins et reflets, photographie de Fabrice Courtadon
Une rangée de conifères pointus, des buissons rouges à leur pied et un vieux tronc couché sur l’étang« L’étang de Thyx et son tronc flotté » en tableau, dès 50 € 45 €

Fabrice Courtadon a raconté pourquoi l’étang de Tyx, dans le Puy-de-Dôme, est l’un de ses lieux refuges ; d’autres étangs figurent dans notre guide des lacs d’Auvergne.

La forêt recouvre la majeure partie de la chaîne des Puys, note le Parc des Volcans d’Auvergne ; près d’Aydat, des résineux y sont même retirés au profit des feuillus, pour mieux souligner la forme des volcans.

Le sommet du puy de Dôme dans le brouillard, tableau puy de Dôme dans le brouillard, photographie de Fabrice Courtadon
En noir et blanc, le sommet du puy de Dôme émerge du brouillard au-dessus d’une ligne de conifères noirs« Le sommet du puy de Dôme dans le brouillard » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Le sapin souffre-t-il de la sécheresse ?

Oui. La fiche de l’INRAE le dit moins tolérant que le hêtre aux sécheresses et aux canicules estivales : les épisodes de 2003, de 2011 et de 2018 à 2020 ont provoqué des dépérissements importants, surtout sous 500 m d’altitude et en exposition sud.

Après l’été 2018, l’ONF a observé dans le Grand Est des sapins rougis puis, à la sortie de l’hiver, des mortalités importantes. Des insectes ont attaqué les sapinières affaiblies, notamment dans les Vosges, le Jura et le Massif central. En 2021, l’enquête de la DRAAF sur plus de 9 000 arbres de la région a confirmé une crise sanitaire, plus marquée dans le Jura que dans les Alpes et le Massif central. Les jeunes sapins ont un autre ennemi : plus d’un tiers portent des traces d’animaux, surtout de broutage (IGN).

Quels sapins décore-t-on à Noël ?

D’abord le Nordmann, c’est-à-dire le sapin du Caucase (Abies nordmanniana), un vrai sapin. Selon l’étude Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR, l’interprofession de l’horticulture, 4,9 millions de sapins naturels ont été achetés en France en 2024, soit 89 % des sapins de Noël. Le Nordmann en représentait 78,2 %, l’épicéa 18,4 %. VALHOR indique que 80 % des sapins vendus en France y sont cultivés, dans 46 départements.

L’épicéa, lui, perd vite ses aiguilles une fois coupé, note le jardin botanique de Strasbourg. Et les jeunes sapins pectinés servent aussi d’arbres de Noël, signale la fiche EUFORGEN.

Le château aux sapins enneigés, tableau château sous la neige, photographie de Fabrice Courtadon
Façon aquarelle, deux grands sapins chargés de neige devant un château aux toits pointus et aux murs de brique« Le château aux sapins enneigés » en tableau, dès 45 € 40,50 €

Où retrouver ces sapins en tableau ?

Les sapins décroissants, tableau sapins enneigés en noir et blanc, photographie de Fabrice Courtadon
En noir et blanc, une rangée de conifères enneigés de tailles croissantes au-dessus d’un champ et de piquets« Les sapins décroissants » en tableau, dès 50 € 45 €

La plupart de ces forêts sont réunies dans les regards singuliers, imprimés à la demande sur aluminium Dibond mat. La forêt d’Auvergne en automne, l’étang de Thyx et le chemin enneigé figurent parmi les tableaux d’arbres ; « Les sapins décroissants », parmi les tableaux en noir et blanc et, avec l’étang, les tableaux horizontaux. La forêt d’automne et le sentier enneigé, tout en hauteur, conviennent à un mur étroit, comme les tableaux verticaux. Le château appartient aux illustrations façon aquarelle, et la plupart de ces paysages blancs figurent sur notre page de l’Auvergne sous la neige.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un sapin et un épicéa ?

Le sapin a des aiguilles plates, non piquantes, à deux bandes blanches dessous, et des cônes dressés qui se désagrègent sur l’arbre ; l’épicéa, des aiguilles piquantes tout autour du rameau et des cônes pendants qui tombent entiers.

Le sapin de Noël est-il un vrai sapin ?

Le plus souvent, oui : le Nordmann, 78,2 % des sapins naturels achetés en France en 2024, est le sapin du Caucase, du genre Abies. L’épicéa (18,4 %) n’en est pas un au sens botanique.

Combien de temps vit un sapin pectiné ?

Jusqu’à 500 à 600 ans dans des conditions favorables, selon la fiche EUFORGEN publiée par le ministère de l’Agriculture.

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cônes de sapin par terre ?

Parce que ses cônes, dressés au sommet de l’arbre, se désarticulent à maturité : écailles et graines tombent, et seul l’axe reste un temps sur la branche.

Pourquoi dit-on sapin « pectiné » ?

Du latin pectinatus, « disposé en forme de peigne » (CNRTL) : les aiguilles s’alignent de part et d’autre du rameau comme des dents de peigne.

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