Le phare de la Coubre : balise des marins, gardien de mes souvenirs

Dressé face à l’océan, le phare de la Coubre domine les dunes et les plages sauvages de Charente-Maritime. Sur cette photographie, sa silhouette rouge et blanche émerge d’un paysage volontairement désaturé grâce à une sélection de couleur. Le rouge du phare devient alors l’élément central de la composition, comme un signal dans le temps autant que dans l’espace.

Mais derrière cette image se cache une histoire bien plus personnelle. Car pour certains visiteurs, le phare n’est pas seulement un monument maritime. Il devient un rendez-vous avec les souvenirs, un point fixe autour duquel se sont construits des pans entiers d’une existence.

Un territoire de cœur

À près de six heures de route de mon domicile, la Charente-Maritime occupe une place particulière dans ma vie. Bien avant de devenir un lieu de vacances familiales, elle fut un terrain de découverte lorsque j’étais encore célibataire. À cette époque, l’avenir semblait immense et les horizons aussi ouverts que les plages de la Côte Sauvage.

Le premier lieu sur lequel je rends est toujours Le Vieux Port de La Tremblade, il constitue déjà mon point d’ancrage. Ses cabanes ostréicoles, son authenticité et son activité discrète m’offrent un dépaysement complet. Je reviens inlassablement observer les embarcations, les chenaux et la vie maritime , ensuite je me dirige vers le Phare et encore après je vais prendre un café à St Palais sur Mer, avant de me balader le long des carrelets.

Les années de famille

Les années ont passé et les voyages ont changé de visage. Un jour, je suis revenu avec celle qui allait devenir mon épouse. Puis avec notre première fille, Capucine. Puis encore avec notre seconde fille, Lilie-Rose.

La région est progressivement devenue le décor de nos étés. La plage de Ronce-les-Bains sur la Côte Sauvage offrait alors de vastes espaces où le vent permettait de faire évoluer les cerfs-volants que j’affectionnais tant.

Les journées se déroulaient souvent au rythme des marées. Nous construisions d’immenses châteaux de sable. Les filles érigeaient les tours à l’aide de leurs seaux tandis que je façonnais remparts et douves avec une petite pelle métallique pliable. Les coquillages, les plumes et les branchages trouvés sur la plage devenaient les ornements de nos forteresses éphémères.

Le moment le plus attendu arrivait en fin de journée. La mer montante s’engouffrait lentement dans les chenaux que nous avions creusés. L’eau progressait dans les escaliers de sable, remplissait les douves puis finissait par emporter l’ouvrage sous les assauts conjugués des vagues et des enfants venus participer à sa destruction joyeuse.

Le bonheur des choses simples

Ces instants annonçaient la fin de la journée de plage. Une douche rapide, un restaurant, un marché nocturne ou quelques attractions pour les enfants prolongeaient les soirées d’été.

Nous découvrions ensemble les richesses locales : l’île d’Aix, ses phares, le fort Louvois de Bourcefranc-le-Chapus au pied de l’ile d’oléron, le retour des ostréiculteurs et les traditions maritimes. Pour une famille venue de l’intérieur des terres, chaque sortie constituait une découverte culturelle autant qu’un plaisir partagé.

Je garde également le souvenir de longues promenades en roller. Chacun poussait une poussette tandis que les filles réclamaient inlassablement : « plus vite ! ». Nous jouions le jeu avec enthousiasme, dans un mélange de prudence et d’insouciance propre aux vacances.

Le phare comme symbole du temps qui passe

Sur cette photographie, le phare de la Coubre semble immuable. Pourtant, tout autour de lui a changé. Les années ont défilé, les enfants ont grandi, les chapitres de vie se sont succédé.

Le rouge conservé par la sélection de couleur prend alors une dimension symbolique. Il attire le regard comme un souvenir qui refuse de disparaître. Tandis que le reste de l’image s’efface dans des nuances de gris, cette lumière demeure, semblable aux émotions qui survivent au temps.

Continuer à explorer

Lorsque la vie familiale a pris un autre chemin, mes explorations de la région ne se sont pas arrêtées. Elles ont simplement changé de nature.

J’ai poursuivi la découverte de ce territoire auquel je reste profondément attaché. Parmi ces nouveaux lieux, la réserve naturelle de Saint-Froult m’a offert d’autres émotions, plus contemplatives, mais toujours liées à cette même fascination pour les paysages littoraux et les espaces préservés.

Aujourd’hui encore, lorsque je contemple le phare de la Coubre, je ne vois pas uniquement un monument maritime. J’y retrouve les rires des enfants, le vent dans les cerfs-volants, les châteaux de sable engloutis par la marée, les promenades en famille et cette douce sensation de liberté qui accompagne les plus beaux souvenirs.

Venez découvrir nos tableaux autour de l’eau.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *