Le Puy de Dôme vu du Cézallier : quand les plus belles photos naissent des détours
17 juin 2026
Cette photographie du Puy de Dôme n’est pas seulement un paysage. Elle raconte une aventure. Une de ces journées où tout semble s’enchaîner naturellement : une recommandation glissée autour d’un verre, un réveil avant l’aube, des rencontres inattendues, quelques imprévus, un peu de marche, beaucoup d’émerveillement… et au bout du chemin, une image qui résume bien plus qu’un simple instant.
Derrière chaque photo se cache une histoire. Celle-ci commence dans les Combrailles, autour d’une limonade de sureau maison et d’un ami d’enfance nommé Christophe.
Une conversation qui change les plans du week-end
Christophe est un ami d’enfance. Nous avons grandi dans le même village des Combrailles, en Auvergne. Nous avons fréquenté la même école, partagé les mêmes cours de récréation, les mêmes paysages, les mêmes saisons. Les années ont passé, nos vies ont pris des directions différentes, mais nous ne nous sommes jamais réellement perdus de vue.
Il est devenu agriculteur. Un métier exigeant qui laisse peu de place à l’improvisation. Pourtant, dès que son emploi du temps lui en laisse l’occasion, il prend plaisir à parcourir notre région. Il affectionne particulièrement les grands espaces, les paysages ouverts, les points de vue qui permettent au regard de porter loin.
Un jour, alors que nous dégustions une limonade de sureau maison, la conversation s’oriente naturellement vers les paysages d’Auvergne. Christophe me parle alors d’un lieu que je n’ai jamais réellement exploré : Montgreleix le plus haut village du Cantal, situé aux confins du Cézallier, à proximité du Puy-de-Dôme.
Quelques phrases auront suffi.
Quelques jours plus tard, le réveil sonne à 4 h 30.
Le Cézallier au lever du jour : un spectacle qui mérite largement le réveil
À 5 heures précises, je prends la route.
Le monde dort encore. Les villages sont silencieux, les routes désertes. Cette atmosphère particulière des départs avant l’aube possède quelque chose d’unique. On a l’impression de partir en expédition alors que la plupart des gens sont encore sous la couette.
À mesure que j’approche du Cézallier, les premières lueurs apparaissent. Les collines sortent doucement de l’obscurité, les prairies prennent forme et les troupeaux deviennent de simples silhouettes dans la pénombre.
Puis arrive le moment magique.
Le ciel s’enflamme.
Des nuances de rose, d’orange et d’or se succèdent au-dessus des reliefs. Face à moi, le massif du Sancy se dessine peu à peu tandis que la chaîne des Puys émerge à l’horizon.
Dans ces instants-là, le photographe range presque son appareil pour profiter simplement du spectacle.
Les rencontres qui transforment une sortie photo
Je ne suis pas seul à admirer le lever du soleil.
Un promeneur accompagné de ses chiens profite lui aussi du calme matinal. Nous échangeons quelques mots. Puis une amie le rejoint.
Comme souvent en montagne, la conversation s’installe naturellement.
Quelques minutes plus tard, ils me proposent de les suivre vers un secteur plus élevé, accessible par un chemin privé.
Voilà précisément ce que j’aime dans les sorties nature : les meilleures découvertes ne figurent sur aucune carte.
Nous reprenons les véhicules et poursuivons l’ascension au milieu des vastes pâturages du Cézallier.
Après plusieurs kilomètres, nous nous retrouvons seuls face à l’immensité.
Pas de foule. Pas de bruit. Seulement le vent, les montagnes et des kilomètres de liberté.
Au milieu des prairies sauvages du Cantal
Mes nouveaux compagnons m’indiquent alors un petit bois visible au loin à 30 minutes de marche. Selon eux, la vue mérite largement le détour.
Je pars seul à travers les pâturages.
Les herbes ondulent sous la brise. Les cloches des vaches résonnent régulièrement. De petites rigoles d’eau serpentent discrètement entre les reliefs.
Ici, tout semble paisible.
Et pourtant, la nature rappelle rapidement qu’elle reste sauvage.
Un puissant battement d’ailes attire soudain mon attention.
Je m’approche avec prudence. Ce ne sont pas les buses auxquelles je suis habitué.
Au loin, plusieurs vautours se partagent la carcasse d’une vache.
La scène est impressionnante. Fascinante même.
Ces géants du ciel, parfois mal compris, jouent pourtant un rôle essentiel dans l’équilibre naturel des montagnes.
Durant quelques minutes, je reste là à les observer avant de reprendre ma progression vers le fameux point de vue.
La récompense : le Puy de Dôme vu autrement
Puis soudain, le paysage s’ouvre.
En contrebas apparaît le lac de la Godivelle.
Face à moi se détache une silhouette familière : le Puy de Dôme.
Mais vu d’ici, sous angle différent.
Plus lointain. Plus sauvage. Plus mystérieux.
Les couches successives de reliefs créent une profondeur incroyable et la lumière du matin enveloppe doucement l’ensemble.
C’est ici que naît la photographie que vous découvrez aujourd’hui.
Un instant suspendu au-dessus des immensités du Cézallier.
Quand l’aventure prend un virage inattendu
Alors que je profite encore du paysage, des appels résonnent au loin.
Puis un cri retentit au loin.
Je l’entends une première fois, puis une deuxième.
Je regarde autour de moi, mpossible que quelqu’un s’adresse à moi à une telle distance.
Et pourtant si, un gros 4×4 arrive.
Des meurtriers d’animaux situés côté Puy-de-Dôme me signalent qu’une battue va commencer.
Ils me demandent de quitter rapidement le secteur pour des raisons évidentes de sécurité. (L’alcool et les armes font mauvais ménage)
La frustration est brève.
J’ai déjà réalisé plusieurs images et, surtout, j’ai vécu un moment exceptionnel.
Je redescends donc vers Montgreleix avec une seule idée en tête : trouver un bon café.
Le pouvoir des rencontres locales
À l’auberge du village, les discussions s’engagent rapidement avec les habitués.
Je parle des vautours observés quelques heures plus tôt.
Eux me parlent ensuite d’une cascade cachée un peu plus loin.
Impossible de résister.
Je reprends la route.
Sur place, la lumière n’est malheureusement pas idéale. Le soleil écrase les contrastes et complique les prises de vue.
Je cherche alors un accessoire dans mon sac.
Et là, le drame.
Encore une fois, il manque quelque chose.
J’ai perdu du matériel.
Probablement plusieurs kilomètres plus haut.
À ce stade, cela ressemble davantage à une tradition personnelle qu’à un accident.
Mon côté Pierre Richard semble décidément très attaché à mes sorties photo.
Une journée qui ne voulait pas s’arrêter
La suite de la journée me conduit vers Égliseneuve-d’Entraigues, les cascades du Bois de Chaux, puis d’autres découvertes encore.
Chaque arrêt donne naissance à une conversation.
Chaque conversation débouche sur un nouveau lieu.
Chaque détour apporte son lot de surprises.
Un propriétaire de ferme me parle ainsi de la cascade de la Barthe. Plus tard, c’est une lumière magnifique sur le massif du Sancy qui vient conclure la journée.
Finalement, je réalise que cette photographie du Puy de Dôme résume parfaitement ce que j’aime dans la photographie de paysage.
Les images comptent, bien sûr.
Mais ce sont souvent les chemins empruntés pour les réaliser qui deviennent les plus beaux souvenirs.
Cette photo est née d’une conversation entre amis, s’est enrichie de rencontres inattendues, a survécu à une battue de chasse, à quelques kilomètres de marche et même à la disparition mystérieuse d’une partie de mon matériel.
Et c’est précisément pour cela qu’elle a autant de valeur.
Parce qu’au fond, les plus belles aventures sont rarement celles que l’on avait prévues.
Ce sont souvent les détours qui écrivent les meilleures histoires.
Et parfois aussi les plus belles photographies.
Venez découvrir nos tableaux de Paysages.
