Lever de soleil au sommet du puy de Dôme : une ascension matinale au cœur de la Chaîne des Puys
Avant que cette photo ne puisse être. À 3 h 30 du matin, le téléphone sonne… Impossible de ne pas sourire en y repensant. Ce qui devait être un départ parfaitement organisé s’est transformé en un réveil improvisé, avec une bonne dose d’autodérision. Mais parfois, les plus beaux souvenirs commencent justement par un petit imprévu…
Quand un réveil oublié devient le début d’une belle aventure
À 3 h 30 précises, mon téléphone vibre sur la table de nuit.
— « Mince… Michel ! »
Je décroche encore à moitié endormi.
— Salut Michel ! J’arrive tout de suite…
Avant même que je puisse m’excuser de mon retard, il éclate de rire.
— Tu vas rire… je suis en retard moi aussi ! Je ne sais même pas ce qui m’est arrivé…
Finalement, nous étions tous les deux logés à la même enseigne. Cette synchronisation involontaire nous évitait à chacun d’attendre l’autre. Je jette malgré tout un œil à mon téléphone. Mon alarme était bien programmée… mais pour le samedi. Or nous étions mardi.
Une erreur qui, contre toute attente, allait presque nous rendre service.
Une ascension dans la fraîcheur de la nuit
À 4 h 40, nous entamons enfin la montée du puy de Dôme.
À cette heure, la montagne appartient encore au silence.
La température est idéale. Ni trop fraîche, ni trop douce.
Michel, du haut de ses 71 ans, imprime un rythme régulier. Nous avançons tranquillement, sans jamais chercher la performance. Les quinze virages numérotés deviennent autant de petites étapes où reprendre son souffle et admirer les premières lueurs qui commencent à dessiner les reliefs.
Quelques marcheurs plus pressés nous dépassent. Chacun poursuit le même objectif.
Assister à l’un des plus beaux spectacles qu’offre l’Auvergne.
Le lever du soleil sur la Chaîne des Puys
Puis vient l’instant.
Le soleil surgit lentement derrière l’horizon.
Les premiers rayons glissent sur les anciens volcans comme un voile d’or. Les crêtes s’embrasent les unes après les autres tandis que les vallées demeurent encore plongées dans une douce pénombre.
Depuis le sommet du puy de Dôme, le regard embrasse toute la Chaîne des Puys. Cet alignement de quatre-vingts volcans endormis, façonnés il y a des milliers d’années, compose un paysage unique au monde.
Nous sommes une vingtaine de passionnés réunis dans un silence presque religieux. Personne ne parle vraiment.
Tout le monde contemple.
Les montgolfières entrent en scène
Les conditions météorologiques sont parfaites.
Cinq montgolfières décollent lentement et viennent compléter ce décor déjà exceptionnel.
Elles semblent flotter sans effort au-dessus des cônes volcaniques.
Leurs couleurs ponctuent délicatement le paysage tandis que leurs passagers découvrent la Chaîne des Puys depuis un point de vue privilégié.
Pour le photographe que je suis, chaque déplacement d’une montgolfière devient une nouvelle composition possible.
Quand la lumière réveille les estives
Puis la magie continue.
Le soleil descend peu à peu sur les pentes herbeuses.
La lumière caresse les estives comme un pinceau doré.
Un troupeau de moutons apparaît lentement.
Ils avancent paisiblement, tête baissée, ignorant totalement le spectacle dont ils deviennent pourtant les principaux acteurs.
Leurs silhouettes blanches contrastent avec les verts profonds des volcans et les ocres des prairies encore sèches de l’été.
Chaque pas semble accompagner la progression de la lumière.
Comme si le soleil les invitait doucement à commencer leur journée.
À cet instant, l’Auvergne révèle toute son identité.
Une terre née du feu où règnent aujourd’hui le calme, les pâturages et une nature préservée.
Michel et moi, chacun notre regard
Pendant que je multiplie les photographies, Michel suit son propre chemin.
Il s’éloigne sur un autre versant.
Il ne cherche pas forcément le même cadrage que moi.
Il profite simplement de l’instant.
C’est sans doute cela aussi, la photographie.
Prendre le temps de regarder avant même d’appuyer sur le déclencheur.
Une pause bien méritée
Nous nous retrouvons un peu plus tard.
Comme toujours, Michel avait pensé aux Nuts.
De mon côté, j’avais préparé un gâteau au yaourt maison.
Face à ce panorama grandiose, ce simple encas avait presque un goût de festin.
Les meilleures pauses ne sont pas forcément les plus gastronomiques.
Elles sont celles que l’on partage.
Direction la grotte du bois de Ceyssat
Après avoir pleinement profité du sommet, nous décidons de poursuivre notre matinée vers un autre lieu chargé de mystère : la grotte du bois de Ceyssat.
J’ai déjà consacré un article complet à cette curiosité naturelle que je vous invite à découvrir.
Cette nouvelle étape vient parfaitement conclure une matinée où la nature, la lumière et l’amitié auront composé un souvenir inoubliable.
Pourquoi vivre au moins une fois ce lever de soleil ?
- Une lumière exceptionnelle.
- Des panoramas uniques classés à l’UNESCO.
- Une ascension accessible.
- Le calme avant l’arrivée des visiteurs.
- Des rencontres entre passionnés.
- Des conditions idéales pour la photographie.
Conclusion
Au final, peu importe que le réveil ait sonné le mauvais jour. Peu importe les quelques minutes de retard. Ce matin-là, tout s’est finalement déroulé comme il le fallait. Les volcans nous ont offert leur plus beau visage, les montgolfières ont dessiné le ciel et les moutons ont achevé de raconter cette Auvergne authentique que j’aime tant photographier. Certains paysages se regardent. D’autres se vivent. Celui-ci fait incontestablement partie de la seconde catégorie.
Venez découvrir nos tableaux de Paysages.
