La Chaîne des Puys au lever du jour : comment une photographie née d’un conseil d’amie a fini chez Vulcania
Certaines photographies naissent d’une préparation minutieuse. D’autres d’un heureux hasard. Celle-ci est née d’une conversation entre amis.
Lorsque j’observe aujourd’hui cette image, je ne vois pas seulement un lever de soleil sur la Chaîne des Puys. photographiée en mode aquarelle Je revois une journée entière. Je revois les routes d’Auvergne au petit matin, les sommets humides, les expérimentations techniques, les erreurs, les doutes, les encouragements et même l’une des plus grosses déconvenues de mes débuts professionnels.
Pourtant, tout commence simplement autour d’une discussion chez Guillaume que je connais depuis une lointaine jeunesse et Pauline son épouse.
Le regard de Pauline
Lorsque je suis invité chez eux, la conversation dérive naturellement vers la photographie. Je leur parle de mon activité, de ma recherche permanente de nouveaux points de vue, de ma volonté de montrer l’Auvergne sous un angle différent.
C’est alors que Pauline me parle d’un spectacle qu’elle observe quotidiennement.
Chaque matin, lorsqu’elle accompagne ses enfants à l’école, elle passe par Fernoël. Elle me raconte les couleurs du ciel, les nuances qui apparaissent juste avant le lever du soleil et cette silhouette discrète de la Chaîne des Puys et du Puy de Dôme qui se détachent à l’horizon.
Elle ne me donne pas seulement un lieu, elle me donne l’horaire précis elle me donne l’orientation et le meilleur emplacement.
Finalement, elle me transmet son regard.
Un réveil avant l’aube
Quelques jours plus tard, je prends la route.
Fernoël se situe à moins de vingt kilomètres de chez moi. Pourtant, comme souvent en photographie, ce ne sont pas les kilomètres qui comptent mais la lumière.
J’arrive sur place vers 6h20, la campagne dort encore, le silence règne.
Je prends le temps d’observer les lieux avant même de sortir le matériel.
Puis viennent les gestes habituels, installer le trépied, choisir précisément le cadrage, régler l’appareil et photographier.
Pourquoi le ciel occupe presque toute la photographie
Le cadrage de cette image est totalement volontaire.
D’autres photographes auraient cherché à mettre les volcans en valeur en leur accordant davantage de place.
J’ai fait exactement l’inverse.
La Chaîne des Puys apparaît petite, sombre, presque discrète, elle n’est pas le sujet principal. Elle est une ligne d’horizon, un repère, une signature géographique.
Ce qui m’intéresse réellement ce matin-là, c’est le ciel.
Je suis chanceux les couleurs occupent l’espace, les dégradés deviennent le sujet.
La montagne n’est plus qu’un témoin silencieux du spectacle lumineux qui se déroule au-dessus d’elle.
Le regard est immédiatement attiré vers les nuances dorées, orangées et ambrées qui se succèdent en couches presque picturales.
L’arbre solitaire à droite agit comme une ponctuation visuelle et équilibre l’ensemble.
Les expériences de balance des blancs
Comme souvent lors de mes sorties, je profite de la séance pour expérimenter.
Je travaille notamment la balance des blancs.
Je cherche volontairement à tirer certaines nuances vers le bleu afin de faire apparaître des teintes violettes dans certaines zones du ciel.
La photographie de paysage ne consiste pas uniquement à enregistrer ce que l’on voit.
Elle consiste aussi à retranscrire une sensation, à ce moment-là, tout me semble parfait, la composition fonctionne, la lumière est magnifique, les couleurs répondent exactement à ce que j’espérais.
L’erreur technique qui aurait pu tout gâcher
Puis survient un détail auquel je n’avais pas suffisamment prêté attention.
Les ISO.
Heureusement, j’ai pris l’habitude d’emporter mon ordinateur portable lors de certaines sorties importantes. Je transfère quelques fichiers, j’ouvre les images et là, catastrophe, le bruit numérique saute aux yeux. Un grain disgracieux envahit le ciel, les magnifiques dégradés perdent toute leur finesse.
À l’écran de l’appareil photo, le problème passait presque inaperçu.
Sur un écran d’ordinateur, il devient évident, heureusement, je suis arrivé suffisamment tôt.
La lumière change, les tons bleus se sont échappés l’orange est toujours là.
Je corrige immédiatement mes réglages, je limite les ISO à 1600 maximum, je recommence.
Cette fois, le résultat correspond exactement à ce que je recherchais.
Une journée entière dédiée à la photographie
Cette réussite matinale me met dans un état d’esprit particulier.
Je décide de consacrer la journée entière à la photographie.
Sans contrainte, sans rendez-vous, simplement guidé par l’envie de créer, je prends alors la direction de Bromont-Lamothe. Je réalise plusieurs clichés du Puy de Dôme en noir et blanc, ces images seront très demandées en tableaux et en magnets.
Mais je cherche constamment de nouveaux points de vue.
Je recherche ces scènes où les vaches occupent le premier plan tandis que les volcans dessinent l’arrière-plan.
Cette rencontre entre le monde rural et les emblèmes volcaniques de l’Auvergne me fascine depuis toujours.
L’ascension du Pariou
Je poursuis ensuite ma route jusqu’au pied du Puy de Pariou.
La montée commence, l’air est frais. comme vous venez de le voir quelques restes de neige sont encore présents.
Le terrain est humide.
Mes chaussures ne tardent pas à absorber une partie de cette humidité.
Mais peu importe.
Au sommet, la récompense est immense.
La vue à 360 degrés sur l’Auvergne reste toujours spectaculaire.
Je photographie le Pariou.
Les reliefs.
Les lumières.
La demande de Dimitri
Je me retrouve alors à proximité de Clermont-Ferrand.
Je repense à Dimitri.
Nous nous connaissons depuis plus de vingt-cinq ans.
Il s’occupe de la partie technique du site et m’avait plusieurs fois suggéré d’intégrer davantage de photographies urbaines au site.
Son raisonnement est pertinent.
La diversité visuelle permet de toucher davantage de visiteurs.
Je décide donc de suivre son conseil.
Le choc entre nature et ville
À l’entrée de Clermont-Ferrand, je réalise un panorama intégrant la célèbre cathédrale en pierre de Volvic.
Sa silhouette noire domine la ville.
L’image fonctionne, techniquement, tout va bien, pourtant, quelque chose change en moi. Après une journée entière passée dans les grands espaces, je ressens une forme de tension.
Un stress discret, difficile à identifier, comme si mon esprit refusait de quitter les sommets, je me dirige vers le vieux Clermont.
Je m’installe à une terrasse pour prendre un café, habituellement, ces pauses me ressourcent. Cette fois-ci, non.
Une ville éloignée de mes souvenirs
Nous sommes à l’approche de Noël, les décorations sont présentes, les illuminations également, mais l’ambiance me semble froide. Les LED écologiques remplissent parfaitement leur rôle, pourtant, elles ne réveillent aucune émotion joyeuse chez moi. Je repense aux décorations de mon enfance, aux couleurs plus chaleureuses aux lumières imparfaites, à cette magie difficile à définir.
Je comprends alors pourquoi je ne réalise aucune photographie ici, je ne suis tout simplement pas connecté émotionnellement à ce que j’ai sous les yeux.
Je ne pourrai pas satisfaire la demande de Dimitri et lorsqu’il l’apprendra, il ne m’en voudra absolument pas, au contraire, il me dira qu’il n’est pas surpris. Il sait parfaitement où se trouvent mes véritables terrains d’expression.
La surprise Vulcania
Quelques temps plus tard, cette photographie depuis Fernoël connaît un destin inattendu.
Parmi toutes les images réalisées ce matin-là, c’est elle qui retient l’attention de Vulcania.
Ils apprécient mes photographies, mais ce qui les intéresse particulièrement n’est pas le tableau, c’est le format magnet Soft Touch.
Pour un photographe qui débute son activité, c’est une formidable opportunité. Au-delà de la vente, il y a la visibilité.
La possibilité de faire découvrir mon travail et le notre par le biais du site que Dimitri a construit, à un public extrêmement large.
J’ai le sentiment qu’une page est peut-être en train de se tourner.
Je suis motivé, encouragé, heureux.
L’erreur des 250 magnets
C’est alors qu’arrive une leçon que tout entrepreneur apprend un jour ou l’autre. Parfois, l’expérience coûte cher, je lance la fabrication.de deux cent cinquante magnets, puis je découvre mon erreur. Je n’ai pas suffisamment anticipé le retournement spécifique au support. Sur le magnet final, la Chaîne des Puys disparaît quasiment à l’arrière, l’équilibre de l’image est détruit.
Le sens même de la photographie disparaît, deux cent cinquante exemplaires deviennent inutilisables.
Aujourd’hui, cela peut sembler anecdotique, à l’époque, ce ne l’était pas.
Les finances d’un début d’activité ne permettent pas toujours de relancer immédiatement une production.
D’autres dépenses sont prioritaires, il faut accepter l’erreur, apprendre, continuer.
Le tableau original
Heureusement, l’histoire ne se termine pas sur cet échec.
Le tirage original existe toujours en 70×100 cm.
Aujourd’hui, il trône dans la salle de soins d’un praticien. Installé sur un mur prune, il trouve un écrin inattendu, les couleurs du tableau dialoguent parfaitement avec celles du mur.
L’ensemble est mis en valeur d’une manière que je n’aurais jamais imaginée lors de cette matinée à Fernoël.
Conclusion
Cette photographie raconte finalement beaucoup plus qu’un lever de soleil sur la Chaîne des Puys.
Elle raconte le regard de Pauline.
L’amitié de Guillaume.
Les conseils de Dimitri.
Une journée entière passée à parcourir un rayon de l’Auvergne.
Les erreurs techniques, commerciales.
Les encouragements.
Les opportunités.
Et surtout cette conviction qui accompagne chaque photographe : derrière chaque image se cache une histoire bien plus vaste que ce que l’on voit à l’écran.
Ce matin-là, à Fernoël, je pensais simplement photographier un lever de soleil. En réalité, je photographiais sans le savoir le début d’un nouveau chapitre.
Venez découvrir nos tableaux style aquarelles.
